VISA est une association intersyndicale composée d’une cinquantaine de structures syndicales qui recense, analyse et dénonce les incursions de l’extrême droite sur le terrain social. VISA se veut un outil d’information et de réflexion afin de lutter collectivement contre l’implantation et l’audience de l ’extrême droite.Concernant la ville de Béziers, plusieurs syndicalistes et citoyens se sont réunis pour créer VISA 34 afin d’étudier les données officielles de la gestion de Robert Ménard. Leur but est de produire un document le plus complet possible pour dénoncer la gestion calamiteuse de notre ville d’ici le début de 2020 afin que les partis, les syndicats, les associations et les citoyens s’en emparent lors des élections municipales. En attendant Evab a décidé de publier régulièrement des bulletins rendant compte de leurs travaux.

15 mars Après la tuerie par un homme d’extrême droite faisant 50 morts dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande, le cinéaste Romain Goupil, au cours d’un débat sur LCI, a attaqué d’emblée Robert Ménard : « l’idéologie qui a guidé le tueur est la même que celle des affiches à Béziers vantant le livre de Zemmour sur les envahisseurs ». Évidemment Ménard n’a pas aimé et a répliqué en menaçant Romain Goupil d’un procès, et en mentant honteusement : « Je te fais grâce d’un procès là-dessus, on n’a jamais dit ça, alors ne t’amuses pas à le faire. » On remarquera la menace et le tutoiement alors que nous savons tous que cette affiche a non seulement bien existé mais que régulièrement dans son journal de propagande, les mots « envahisseurs », « invasion » et « grand remplacement » sont en bonne place. Pourtant il ose poursuivre « je ne laisserais pas dire que l’on a écrit « les envahisseurs » sur une affiche, ce n’est pas vrai ». Malgré cela Romain Goupil maintiendra (à juste titre) qu’il y avait des affiches… Pour autant au cours du débat Ménard affirmera quand même « ce qui saute aux yeux, c’est qu’il y a un changement de population dans une partie du territoire. Il y a aujourd’hui une population qui est différente de ce qu’elle était dans les années 50… oui, il y a un grand remplacement…. Oui je pense que l’immigration non contrôlée, non maîtrisée produit des seuils de tolérance qui posent problème ». Robert Ménard a donc bien confirmé ce que Romain Goupil disait au départ. Mais le plus étrange dans cette histoire c’est de lire les principaux commentaires sur le site de LCI, juste après ce débat. Ils vont tous dans une condamnation de Romain Goupil et sont parfois même très menaçants : « Goupil est vraiment la pire des pourritures », « Ça se voit que Goupil est une saloperie à gerber », « Répugnant ce Goupil bien sûr qu'il y a un grand remplacement ! », « C’est Goupil, lui, le raciste d'extrême droite et sa race pure «  le peuple élu’ » », « Un de ces gauchos qui me font vomir. Il me serait impossible d'être à la place de Ménard sans claquer le baigneur de cette ordure », « Mr Goupil fait exprès de faire celui qui n’est pas au courant du plan des mondialistes qui ont prévu de faire venir tous ces migrants pour faire métisser les blancs ! » , « Goudron et plumes pour Goupil », « lui, il faudra pas le louper, cet ordure de Goupil. »

Samedi 23 mars. A l’opposé de ces propos, 400 personnes se sont rassemblées à l’appel des différentes mosquées de Béziers, de Pézenas, d’Agde, de Narbonne et de Vias, pour protester contre l’assassinat de 50 musulmans dans deux mosquées en Nouvelle-Zélande. On pouvait lire sur les pancartes « Assez des discours extrémistes qui nourrissent la violence », « I’m Muslim, don’t panic ! » ou encore « L’islamophobie tue ». Beaucoup de drapeaux français et quelques hommes politiques de l’opposition étaient là, dont curieusement deux représentants musulmans du maire de la ville (lui n’a pas osé venir et même un communiqué a failli être diffusé dénonçant les participants proches de la mouvance islamiste !). Il y avait aussi des imams bien sûr, mais aussi le pasteur Bosc et Maurice Abitbol représentant de la communauté juive de Béziers. Beaucoup d’intervenants ont souligné que la fameuse théorie du « grand remplacement » chère à l’extrême droite (et donc à Ménard) avait armé le bras du meurtrier. Ensuite, des enfants ont été invités à déposer une rose jaune à l’appel de chacun des noms des victimes de la tuerie. Une minute de silence a été observée en leur hommage à laquelle ont été associées les victimes du terroriste de Trèbes en 2018. A propos de grand remplacement, le texte de 70 pages que le tueur a laissé pour justifier ses crimes ressemble à toute la littérature que nous pouvons lire à Béziers ou dans d’autres villes FN/RN. Surtout, parce qu’il explique « Depuis plusieurs d’années, j’avais entendu et lu sur l’invasion de la France par des non-blancs. Je croyais que ces rumeurs étaient exagérées, créées pour des raisons politiques. Mais une fois arrivé en France, j’ai trouvé que toutes ces histoires étaient vraies. Dans chaque ville française, les envahisseurs étaient présents. Peu importe où je suis allé, peu importe la taille de la ville, les envahisseurs étaient là. Les Français qui étaient dans les rues étaient souvent seuls, minoritaires, sans enfant ou d'un âge avancé. Alors que les immigrants étaient jeunes, énergiques et avec des familles nombreuses et de nombreux enfants… J'en ai assez vu et, en colère, je suis sorti de la ville en refusant de rester plus longtemps, j’oscillais entre la rage fumante et le désespoir étouffant devant l’invasion de la France, le pessimisme des Français, la perte de culture et d’identité… »

25 mars. Lu dans un communiqué de la ville un appel pour la future Miss Béziers, « Après la blonde Fleur et la brune Aurélie qui sera la troisième “reine de Béziers”? » Et de préciser le rôle de cette miss « La reine de Béziers n’est pas une simple “miss”. Elle représente la Ville à Béziers lors des manifestations mais aussi à l’extérieur. Elle doit défendre notre cité et ses traditions, elle est représentative de la beauté de notre Sud ». Sauf que pour postuler, ces jeunes filles « âgées de 18 à 24 ans, doivent être de nationalité française ! ». Question : est-ce bien légal de développer la préférence nationale par ce biais ?

26 mars Deux commémorations à 5 jours d’intervalles pour Ménard. Cela commence par la journée d’hommage aux Harkis où il a osé les comparer aux réfugiés d’aujourd’hui « Pour les Harkis, il n’y a pas eu de pancartes “Welcome”, il n’y a pas eu de “Je suis Harki”, il n’y a pas eu de jeunes filles accueillantes dans les gares, pas de journaux applaudissant l’arrivée de ces nouvelles populations. Pas d’associations vous offrant café et croissants chauds au petit matin. Eh non, vous n’étiez pas les bons réfugiés, ni les bons musulmans ». Il ose dire cela, lui qui a signé des pétitions pour défendre les extrémistes de Génération Identitaire qui occupaient des centres d’accueil pour demandeurs d’asile. Lui qui vient avec des policiers municipaux armés devant des réfugiés syriens avec enfants pour leur dire : « vous n’êtes pas les bienvenus », lui qui parle des invasions et du grand remplacement. Ensuite, il a enchaîné avec la Commémoration des morts de la rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962. Extraits négationnistes : « C’était tout juste une semaine après la signature des Accords d'Evian, les Français d'Algérie avaient voulu manifester. Le monde, leur monde, notre monde, mon monde venait de s'écrouler. Mais fallait-il encore se faire tuer par ses propres compatriotes ? Je ne vais pas polémiquer, disais-je, mais rappeler quand même que ce 26 mars 1962 est un démenti, un démenti cinglant, sanglant à tous ces révisionnistes qui, commémorent le 19 mars, (date officielle de la fin de la guerre d’Algérie). À ces pseudos historiens, à ces pseudos journalistes et, plus triste encore, à ces pseudos enseignants, je dis pour vous et pour moi : vos mensonges, nous les combattrons encore et toujours. Tant que je serai maire de Béziers, je ne célébrerai pas le 19 mars, tant que je serai maire de cette ville, nos drapeaux seront en berne le 19 mars…. Quand on réhabilitera l'Algérie de nos pères et des pères de nos pères, quand on reconnaîtra enfin l'épouvante de la rue d'Isly, les âmes de nos ancêtres retrouveront la paix…. Vive la France ! Vive la France en Algérie !" Pour information, le 26 mars 1962 à Alger, les manifestants étaient des militants de l’organisation terroriste OAS refusant les accords de paix et la voie vers l’indépendance de l’Algérie.

30 mars Communiqué des deux Ménard « pour sauver » les emplois de la branche d’EDF Énergie nouvelle, qui seraient menacés par la décision d’EDF qui serait revenu selon eux, sur leurs engagements…Mais comme le souligne le journal Midi Libre, la situation est un peu plus compliquée que cela. En fait, il ne s’agit pas de la suppression de 200 emplois annoncés au départ mais d’un déménagement des 60 employés du site de Béziers sur celui de Colombier qui emploient 150 personnes. De plus, on apprend que près de 50 employés seraient d’accord pour qu’à l’occasion de ce changement, elles puissent aller sur le site de Montpellier. Cela n’empêche pas Ménard d’affirmer « rien ne peut justifier ce déménagement, ni les choix exprimés par les salariés auprès des managers, ni les contraintes inhérentes à nos métiers »… Même si cela ne concerne qu’un tiers du personnel, cette vision du maire de la ville est assez exemplaire de son rapport à l’autre.

1er avril On peut lire dans le N°92 du journal de Béziers que la Ville ( 30% de personnes âgées de plus de 60 ans), organise son 1er Salon des seniors pour deux euros seulement. On pourra y trouver de nombreux ateliers, dégustation, relaxation par la musique mais aussi gastronomie, thématique médicale et des conférences de la gendarmerie sur les arnaques sur Internet et les cambriolages. De leur côté, les résidences seniors de la ville présenteront leur établissement. Et pour finir, une start-up vous fera découvrir son fauteuil-roulant « monte escalier ». D’autre part, on y trouve un article d’Aimé Couquet qui confirme, les propos du Canard enchaîné, sur les largesses du maire vis à vis de la SOCRI et du « vote par la seule majorité du Maire, sur l'acquisition d'un terrain de 2.635 m2 (ZAC de l'Hours) pour 1.230.834 €, permettant de construire 7.300 m2 de plancher, hôtels, restaurants et logements individuels. A cela s'ajoute la délibération du 10 avril 2018, modifiant le plan local d'urbanisme qui va permettre à la SOCRI d'ajouter un 8ème étage à son complexe hôtelier ».

8 avril Vote des comptes administratifs de la ville au Conseil municipal. Pour Ménard, il s’agit « d’un bilan historique » notamment en terme de dépenses de la ville et de crier sa joie sur les 3,83% de baisse de fonctionnement. Sauf que les élus d’opposition ont demandé des explications, sans grand succès, sur la baisse des charges de personnes de seulement 667 000 euros alors que la municipalité a supprimé 138 postes de fonctionnaires en deux ans. D’autre part, les élus ont signalé que les impôts locaux ont augmenté de 2,2% ce qui génère une recette supplémentaire pour la ville de plus de 2 millions d’euros. De plus, l’opposition a demandé des explications sur la gestion opaque des comptes administratifs en pointant notamment la ligne budgétaire intitulée « divers » qui a littéralement explosé passant de 1,4 millions à 2,2 millions d’euros. Deux jours plus tard, la mairie se fendait d’un communiqué explicatif pas forcément très clair, où il était question de dépenses liées à la délégation pour le stationnement (alors qu’elle génère des recettes ?) et des animations d’ordre culturel et de gestion du site informatique. Bref, alors que tout le monde s’accorde à dire qu’il s’agit sûrement du journal de Béziers, la mairie n’indique toujours aucune dépense en la matière.

16 avril. Un policier municipal s’est suicidé sur son lieu de travail et avec son arme de service. Pour l’instant on ne connaît pas les raisons de son geste mais évidemment, le maire sentant le danger pour sa réputation d’ami de la police, est passé au commissariat pour essayer de comprendre ce qui a motivé le geste de cet homme de 52 ans qui avait été recruté en septembre 2014… La question de l’armement municipal n’est pas remis en cause par Francis Cantèle, chef de la police municipale. Mais deux jours plus tard, le billet d’humeur paru dans le Midi Libre dénonçait les affiches publicitaires de Ménard vantant les armes de la police avec ce slogan choc « Désormais la police municipale a un nouvel ami » et d’affirmer « Même si le pourquoi du suicide reste entier au sein de la brigade et de la famille du disparu, la perte de cet homme a bel et bien été secondée par son équipement de service. Et on revient à cette promotion des armes qui, un jour ou l’autre devait bien s’enrayer ». Bien évidemment ce billet d’humeur n’a pas plus du tout à Ménard qui s’est fendu d’un communiqué hargneux « même sur la mort d’un homme, Midi Libre aura réussi à faire de la basse politique. Abject. A ce journaliste, on lui souhaite de ne pas croiser le regard de l’épouse de ce policier si fier de faire son métier comme il le faisait… » Notons que ce communiqué a laissé libre-court à un développement de haine sur le site de la ville du genre : « Ce journaliste démontre la mentalité abjecte de l’idéologie pourrie gauchiste de cette vermine nuisible », ou encore plus radical « il faut interdire toute idéologie gauchiste et donner du pouvoir à la police et changer une partie de la magistrature à la botte de l’idéologie socialiste et la remplacer par des personnes bien à droite qui ne trouveront pas des circonstances atténuantes aux racailles et autres pourritures »

23 avril Deuxième village des enfants sur les Allées Paul Riquet pour la modique somme de 6 euros et 3 euros supplémentaire si vous voulez faire la grande roue… Pour les familles nombreuses, ce n’est pas donné…

1er mai Interview de Frédéric Lacas, président de l’agglo dans le journal numérique Le métropolitain. Frédéric Lacas explique que «C’est compliqué de gérer une intercommunalité lorsqu’un maire comme Robert Ménard dirige la ville-centre, mais nous y arrivons. Il y a bien sûr des conflits de temps, en temps, mais j’ai toujours évité l’affrontement direct. Cela ne sert à rien, et cela dessert surtout l’intérêt général. ». Un peu plus loin, il dit « Nous ne devons pas jouer le jeu de Robert Ménard dont les campagnes calamiteuses nuisent non-seulement à l’image de la ville et à son attractivité, mais rabaissent le dialogue et la relation entre les élus et les citoyens »… « Sur Béziers, nous intervenons massivement pour le logement, la re-qualification du centre-ville, etc. Mais notre action est systématiquement minimisée ou « oubliée » par Robert Ménard, qui veut exister pour lui-même et qui s’accapare tout ce que fait l’Agglo. Béziers, ce n’est pas « Ménard-city ! »… « Sur le dossier de l’ANRU, notre agglomération a piloté le montage et le portage de ce dossier qui a permis d’aboutir au soutien de l’État pour réaménager deux secteurs, le centre-ville de Béziers et le quartier de la Devèze. Par exemple, pour la Devèze, l’État met 24 M€, l’Agglo met 27 M€ et la Ville seulement 5 M€. Les chiffres parlent d’eux-même. »… Et de conclure «  Le maire de Béziers qui n’a pas digéré ne pas être élu à la présidence de Béziers Méditerranée. Ce qui fut, d’ailleurs, en termes d’image, une vraie chance pour le Biterrois ».

2 mai sortie du livre de Robert Ménard « Un maire ne devrait pas dire ça » aux éditions Mordicus dirigée par sa femme Emmanuelle Ménard. C’est son 5ème livre avec cette maison d’édition après « Les Français sont-ils antisémites ? «Vive Le Pen »,« Vive l’Algérie française » et en 2018 « Pour une droite du réel » Celui-ci raconte sa campagne de 2014. Extrait de l’interview paru dans le midi libre : « Mon livre a pour vocation d’inciter d’autres équipes à s’inspirer de ce qu’on a fait ici pour le reproduire » Sur l’union des droites et des extrêmes, il affiche tranquillement ses ambitions pour 2022, « Je suis un des rares qui parle avec tout le monde (sic). Je peux être médiateur ou trait d’union. Je connais personnellement tous les candidats qui comptent en ce moment. J’essaie de leur dire d’arrêter ces chamailleries de cour d’école… Il y a des désaccords mais il n’y a pas d’un côté des fascistes et de l’autre des traitres… Il y a des gens de droite qui ont des sensibilités différentes. On a les mêmes valeurs. » Mais Ménard règle surtout des comptes avec la gauche biterroise notamment sur Aimé Couquet (PCF) « Cette gauche prête à courber l’échine devant les revendications de cet islam conquérant, revanchard. Une gauche soumise, docile, lâche…de trahison »… Il attaque aussi l’Agglo « véritable bastion de ces notables morts de frousse à l’idée de perdre leur place et leurs prébendes… ». Vis à vis des gens et des jeunes au chômage, il donne sa vision classique ultra-libérale « Il faut le dire, souvent des jeunes ne veulent pas travailler dans certains secteurs ou pas travailler du tout. Je me souviens avoir communiqué une liste de 8 noms à une entreprise de distribution.. un seul s’est présenté»… mais il dénonce aussi les hommes d’église « J’ai le plus grand mal avec ces prêtes biberonnés au Vatican II. J’en ai supporté un à Béziers, à peine arrivé en mairie, cet archiprêtre incarnait tout ce qui, me semble t’il, a vidé nos églises. Un prêchi-prêcha ressemblant davantage à une leçon de morale de la gauche la plus roublarde, qu’à un sermon qui vous éclaire et vous aide » enfin, il dénonce aussi les citoyens et les journalistes notamment ceux du Midi libre « Ils adorent les migrants, ils prônent le vivre ensemble dans chaque article ou presque. Leurs manchettes, leurs titres sont parfois hallucinants entre mauvaise foi, incompétence, triste, en tous sujets » 

3 mai Le révisionnisme historique toujours en force à Béziers. Ce jour-là, a eu lieu la projection au Palais des Congrès du film qui a pour titre « Hélie Denoix de Saint-Marc, témoin du siècle » Une rue à Béziers porte son nom. Et comme à Bollène avant cette rue s’appelait Rue du 19 mars 1962 (date officielle de la fin de la guerre d’Algérie). Or il faut savoir que ce militaire «  A la tête du 1er REP (Régiment Étranger de Parachutistes) a commandé l’unité qui a occupé les centres vitaux d’Alger, au moment du Putsch des généraux en 1961 Bref, un officier qui s’est rebellé contre l’autorité de la République, qui sera arrêté, jugé et condamné.

4 mai Nouveau titre du journal de Béziers avec la photo du Pape François pour faire le Buzz : « Info choc ! Le Pape défend Béziers… »  Dans son numéro du 4 mai, la Pieuvre du Midi explique que Ménard tente de récupérer tout ce qu’il trouve (le Pape a parlé d’une crèche dans un pays laïque) et de rappeler, à juste titre, quelques phrases assassines contre le Pape parues dans ce même journal. Exemple : « Accueil des migrants, le pape félicite Anne Hidalgo. François finira par faire le pèlerinage à la Mecque », « Le pape relativise la terreur islamiste. Il exonère l’Islam de toute responsabilité. Quand on agit ainsi, on est complice des crimes à venir ! » et encore «Le pape François est comme les bobos des beaux quartiers. Il prône la diversité mais il ne vit pas avec elle. Si le pape était un homme politique français, il ne déparerait pas dans un gouvernement de François Hollande ». Et enfin « Les Chrétiens attendent du pape qu’il défende la chrétienté, pas sa submersion par l’immigration. »

7 mai. Passation de pouvoir au sein de la fédération FN de l’Hérault. Guy Pernelle, responsable RN aux fédérations était de passage à Béziers, venu officialiser la passation de pouvoir entre Gérard Prato (de Frontignan) et Jean-Louis Cousin (d’Agde), le nouveau responsable RN du département. Il a réaffirmé son soutien à Robert Ménard, autrement dit, il n’y aura pas de candidat FN/RN face au maire actuel de Béziers. En revanche, il a clairement réaffirmé les ambitions de son mouvement : « avoir plusieurs mairies en 2020 et avoir « comme objectif de prendre le département » en prenant 13 cantons.

8 mai. A Béziers, les célébrations de la victoire sur le nazisme commencent devant la plaque de Jeanne d’Arc (sic ?) puis s’enchaînent par une messe (re-sic) avant l’inauguration de la fresque d’Estienne d’Orves (un résistant qui dans sa jeunesse était membre de l’extrême droite royaliste française). La veille, l’auteur et le dessinateur d’une bande dessinée sur ce résistant ont dédicacé leur livre dans la librairie de la ville.`

11 mai. Meeting de Marine Le Pen et de Jordan Bardella à Cers, ville proche de Béziers et dirigée par Gérard Gauthier, élu du Rassemblement national en 2015 (et qui aime le groupe identitaire fascisant les Brigandes). Robert Ménard a apporté son soutien au Rassemblement national via une vidéo où il expliquait : « J’avais dit à plusieurs reprises à Marine Le Pen que je ne pensais pas souhaitable que nous quittions l’Europe. [...] Aujourd’hui, quand j’entends les responsables du Rassemblement national et Marine Le Pen sur l’Europe, je pense que c’est la bonne réponse à la crise européenne et aux besoins de mon pays. » Le maire de Béziers voit aussi d’un bon œil, l’arrivée sur la liste d’anciens membres des Républicains. « Cette liste est un progrès par rapport aux listes précédentes car on s’achemine vers cette union des droites pour laquelle nous nous battons depuis quelques années. On ne gagnera pas si nous ne réalisons pas cette union des droites nécessaires." Évidemment cette décision a fait plaisir à Marine Le Pen, qui a indiqué que les ambitions municipales du RN dans le Biterrois, rejoignent celle de Robert Ménard qui lui, a besoin d’alliés pour gagner l’Agglo de Béziers..

16 mai. Il y a, un an, Robert Ménard avait été légèrement bousculé lors d’un meeting des droites extrêmes en Gironde. Depuis, il avait déposé plusieurs plaintes. Il avait gagné il y a peu, contre un manifestant qui l’avait bousculé et ce jeudi, Fabien Robert, premier adjoint au maire de Bordeaux, et Aziz Skalli-Bouaziza, conseiller municipal et référent LREM en Gironde étaient au tribunal, poursuivis par le maire de la ville pour des propos tenus dans un communiqué de presse et sur les réseaux sociaux. Le jugement sera rendu le 6 juin… Une autre élue, la socialiste Naïma Charaï, est, elle aussi, poursuivie par le maire de Béziers, pour avoir écrit qu’il avait été condamné (en première instance) pour incitation à la haine raciale sans rappeler l’arrêt de la cour d’appel qui l’avait relaxé. Bref, avec l’argent des habitants, Ménard, attaque tout azimut.

16 mai toujours. Hacène Belmessous, était invité lors d’un café socio par 4 associations de la ville : La Cimade, Envie à Béziers, Visa 34 et l’ABCR. L’auteur du livre sur « La face cachée du frontisme municipal. Enquête sur Mantes-la-ville et Beaucaire » confirme qu’à Béziers, comme dans ces villes, « les maires mènent une guerre sur leur territoire contre les arabo-musulmans, les pauvres et l’État. Une guerre de civilisation et identitaire »… Au cours du débat, des militants de Visa 34 sont intervenus pour rappeler nombre de points communs entre ces deux villes gérées par le FN et Béziers : De la « provincialité » ou de la politique ethno-différentialiste pour combattre les populations issues de l’immigration maghrébines en passant par la libéralisation de la haine raciale, un révisionnisme historique en débaptisant la rue du 19 mars 62 ou encore en ayant la même politique culturelle « d’écrivains » comme Eric Zemmour, Jean Raspail, Denis Tilinac ou Philippe de Villiers…

17 mai. Après avoir été interrogé dans le cadre de la commission d'enquête sur les groupuscules d'extrême droite, le groupe identitaire « les Brigandes » par la voix d’Irène Seignez a organisé une conférence de presse (soutenue par les néo-fascistes de la Ligue du Midi) pour dénoncer un "tribunal bolchévique" contre son mouvement et discréditer ouvertement Muriel Ressiguier, députée et représentante de la France Insoumise dans cette commission d’enquête en affirmant que : « Sa belle-mère (originaire de la Salvetat-sur-Agout) aurait prêté une maison à la secte » et surtout «son père serait un amateur des Brigandes " Ce que dénonce ouvertement le père de la députée qui ne s’étonne pas, « des méthodes abjectes de l’extrême droite ». D’ailleurs , Muriel Ressiguier découvrait deux jours avant cette conférence de presse, un autocollant de l'Action française dans la boîte aux lettres de sa permanence, à Montpellier. Sur les réseaux sociaux, elle a également fait l'objet de menaces du genre «  Salope, bientôt on te crèvera » ou bien « On va te faire aimer la France'". Depuis juin 2018, elle est aussi la cible d'une plainte déposée par Richard Roudier, président de la Ligue du Midi... On attend donc avec impatience la publication du rapport de la commission, prévue le 11 juin.

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