Dans les laboratoires de l’extrême droite. Cette rubrique rend compte des attaques menées contre les libertés et le vivre ensemble. Pour ce numéro 29 d’EVAB nous partons aux U.S.A à la découverte de l’intelligence artificielle / sécuritaire.

Par Didier

Le magazine américain Wired rend compte de l’expérimentation faite aux U.S.A par la start-up californienne Anduril, dans le ranch d’un fermier volontaire situé sur la frontière avec le Mexique au Texas. Au centre du dispositif 3 pylônes métalliques de 10 mètres de haut et distants de 3 kilomètres chacun. Sur ces pylônes alimentés par des panneaux solaires : un radar, une caméra, un laser et une antenne. Au-dessus de ces pylônes des drones autonomes patrouillent dans le ciel. A quelques kilomètres de ces pylônes la police des frontières veille dans ses bureaux.

Le dispositif testé par Anduril dans cette ferme volontaire est une intelligence artificielle entraînée à la détection. Elle est capable d’indiquer si la forme repérée est à 94 % un humain ou à 67 % un animal. L’alerte donnée par l’intelligence artificielle est réceptionnée par la police des frontières qui, équipée de casques de réalité virtuelle, vérifie si c’est un humain ou un animal qui traverse la frontière.

Si c’est un humain il ne lui reste plus qu’à procéder à l’arrestation.

Si c’est un animal il peut encore passer.

Une autre de ces installations expérimentales se trouve à San Diego en Californie. Elle couvre déjà une partie de la frontière à la demande des autorités locales et procède à des arrestations. Quand on sait qu’un mur en béton coûte environ 24,5 millions de dollars pour 1,5 km alors qu’un mur virtuel comme celui d’Anduril coûte un demi-million, l’administration Trump ne peut être que complaisante. Dans les faits elle l’est, puisque la start up Anduril est actuellement en négociation avec le gouvernement Trump pour étendre son mur virtuel à toute la frontière mexicaine.

Pour Anduril et son créateur Palmer Luckey l’intelligence artificielle n’est pas vraiment humaine et de gauche. Il pense par exemple que le leader mondial en intelligence artificielle deviendra le maître du monde. Et il a récemment déclaré : "Nos réels ennemis sont la Chine et la Russie. Je n’ai pas d’espoir qu’il y ait un jour une convention de Genève digitale. La supériorité technique est donc le prérequis de la supériorité éthique.

Le jeune Palmer Luckey ( il a 26 ans ) a un CV qui peut faire peur. Il finance ouvertement un groupuscule d’extrême droite raciste et sexiste et trouve leurs idées: " rafraîchissantes . . . ". Il a financé pour 670 000 dollars la campagne présidentielle de Trump. Il est introduit auprès des services de renseignements américains. Il participe au projet Maven encadré par le département de la défense américain sur . . . l’intelligence artificielle.

En bon raciste, blanc, suprémaciste le jeune Palmer Luckey a de la suite dans les idées. Pour lui, la guerre de demain ressemblera au jeu vidéo Call of Duty où les héros américains tuent les méchants russes et arabes. Pour lui dans la guerre de demain les militaires contrôleront à distance des armes autonomes dotées d’intelligence artificielle capables de reconnaître :"les gentils et les méchants".

Des robots déshumanisés, programmés pour arrêter ou tuer des humains classifiés comme "méchants " c’est le rêve de l’extrême droite. Ce n’est pas le nôtre !

 

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