La santé économique de Béziers bascule dans les années 1960 au moment où des pans entiers de l’industrie locale ferment ( Fouga, Pidoux, Béteille . . . ).

par Didier

Avant les années 60, les salariés de l’industrie habitaient le centre-ville de Béziers et partaient travailler à pied ou à vélo dans les usines environnantes qui étaient toutes extrêmement proches de la ville ( Fouga, l’usine la plus éloignée, était installée à la place de l’actuelle Cameron au bord du Canal du midi ). Dans les mêmes années et de manière concomitante, plusieurs catégories de population issues des classes moyennes qui résidaient en centre-ville partent vers des logements neufs, en ville et dans les villages environnants, dans des villages :

où le prix du terrain à bâtir permet d’avoir une villa et un jardin,
où la voiture permet de circuler entre le nouveau lieu de résidence et le travail,
où les impôts locaux sont moins chers.

Dans Béziers même, la cité Million est construite en 1956 comme celles de l’Iranget et de la Grangette. Elles logent les salariés qui ne pouvaient pas avoir accès à la propriété. Dans ce même mouvement d’urbanisation galopante entre ville et villages, un point d’équilibre qui faisait le charme de Béziers est cassé.

A Béziers il y a longtemps eu un centre-ville très dense, très peuplé, et des jardins " les grangettes " très proches. Ces jardins potagers, sortes de résidence d’été, entouraient la ville historique et occupaient des quartiers entiers comme . . . la Grangette, l’Iranget, l’Hours, la Font Neuve . . . Les Biterrois qui vivaient en centre-ville partaient au vert fuir la chaleur de l’été et la promiscuité étouffante de rues surpeuplées dans des terrains situés à une demi-heure à pied du centre-ville. Cette sorte de poumon vert, cet art de vivre entre deux mondes mitoyens n’a jamais été remplacé. Il a été anéanti sous les lotissements et villas.

A Béziers il y a longtemps eu un centre-ville très dense, très peuplé, et des jardins " les grangettes " très proches. Ces jardins potagers, sortes de résidence d’été, entouraient la ville historique et occupaient des quartiers entiers

Car on allait à la Grangette pour le potager bien-sûr mais pour les loisirs aussi. C’est là où les familles se regroupaient, se retrouvaient, où les enfants jouaient. En bétonnant la ville les municipalités de l’époque ont bien sûr essayé d’endiguer la fuite de la population vers les villages mais elles ont produit une sorte d’extension du centre-ville sans vide, sans place, sans jardins.

Avec la fin de la guerre d’Algérie le quartier de la Devèze sort de terre, il est construit au milieu des vignes, séparé de la ville pour accueillir une population que l’on ne connaît pas : les rapatriés. Ce quartier est aéré, les barres H.L.M sont distantes les unes des autres, depuis l’une d’entre elles, Capendeguy (détruite en 2007) on voit la mer dans des appartements qui disposent de toutes les commodités. Très vite ce nouveau quartier de la Devèze va avoir sa propre vie, sa propre existence. Dans les années 1960 on y vit bien, c’est une sorte de ville dans la ville.

En parallèle à tous ces mouvements, le centre-ville de Béziers est abandonné, par ses habitants et par les municipalités successives. Les immeubles sont petits et étroits, ils n’ont souvent qu’une seule pièce à chaque étage, sur plusieurs étages. Par un phénomène de vases communicants les classes les plus défavorisées de la société sont venues occuper ces logements : les pauvres et les immigrés. Pas par goût, par nécessité. Quand on doit se loger pour pas cher on ne regarde pas l’aspect, on fait avec. Par contre, dès qu’on trouve un tout petit peu mieux on s’en va. Ce qui produit un effet de "turn over" permanent.

Actuellement Béziers est une des villes de France qui offre des logements moins chers dans le privé que dans les logements sociaux.

Actuellement il y a entre 2 000 et 3 000 logements inhabités dans l’hyper centre de Béziers pour un taux qui frise les 40 % dans certains quartiers. Ce alors que la valeur cadastrale ( très élevée ) n’a pas été revue depuis 1970. Finalement coincés avec des biens qui ne peuvent être ni vendus ni loués, de nombreux propriétaires sont dans l’incapacité financière de faire des travaux de maintien en l’état et de nombreux logements sont quasiment en ruine. A la question « que faire? » le maire peut dire qu’il y a de magnifiques hôtels particuliers et des Parisiens pour les racheter. Mais il y a surtout de nombreuses maisons vieilles et abîmées qui cherchent des acheteurs. 

C’est un projet urbain qu’il faut pour Béziers ! Un projet où le centre-ville doit être aéré, où des espaces communs, des places, des terrains de jeux doivent être créés. Un projet qui recrée des Grangettes modernes où les habitants peuvent s’aérer, jouer au ballon à la pétanque, promener les enfants, courir, sauter. Des espaces où les populations vivent, se croisent, s’apprécient.

 Ce projet urbain ne peut être fait qu’avec les habitants actuels, pour les habitants actuels.

C’est pour cela que le maire actuel est disqualifié pour le mener.

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