Nous rappelons que Béziers est la seconde ville de France pour le record des logements vides, et que des mois ou années sont nécessaires pour avoir accès à un logement social. Or, on voit depuis un an pousser des immeubles d'habitation, tandis qu'on détruit des barres ou îlots à la Devèze, suite prévue au Capnau. La raison invoquée est celle de la rénovation urbaine, pour laquelle, et ça se comprend, Béziers a obtenu de gros financements étatiques, 47 millions d’euros.

par Khan Did

Mais lorsque l'on étudie cette efflorescence de constructions, on s'aperçoit vite que, pour le bâti en cours, il s'agit d'opérations de défiscalisation « loi Pinel », ce dispositif ayant pris fin pour la zone de Béziers en mars 2019.

 En Centre-Ville :

- Angelotti sur l'ancien parking Vinci, à côté de la Grande Poste, avenue Clémenceau. 69 logements et des locaux commerciaux.

- Le même pour 62 logements, « urban passion », 3167m2 de plancher, avenue Jean Moulin, quartier médiathèque

- Buesa Estève, même quartier, 87 logements pour 3376 m² de plancher.

 A l'Hours, centre-ville concurrent :

- Pitch-promotion pour 89 logements sur 1774 m²

- un bloc enserrant avec le nouveau tribunal-bunker, la villa classée (et abandonnée avant finalement d'être achetée par la ville) Chappaz-Fournaise.

Ce qui n'empêche pas l'étalement urbain de continuer (Courondelle, Bonaval...). Quant à la Devèze, la destruction de l'îlot HLM Boniface, certes vétuste, ne permettra pas de reloger tous les habitants dans un programme pavillonnaire, fait pour pousser à l'acquisition.

Le logement social, représentant auparavant 22 %, est tombé à 20 %, seuil minimal autorisé, et on ne sait pas ce qui est prévu au Capnau. On est donc dans une démarche de promotion immobilière, et non de rénovation de logements vides du vieux centre, souvent exploités par des marchands de sommeil ou squattés sans orientation vers le logement social qui fait cruellement défaut à Béziers.

Il faut dire que le lobby des promoteurs a toujours été très proche des maires de Béziers. Il est décrit dans le Canard Enchaîné du 13 et du 27 mars 2019 les gestes généreux du promoteur Socri-Reim qui a construit le Polygone et raflé les Galeries-Lafayette et payé la -très chère- communication municipale sur « Béziers 2030 ». Il négocierait la création de deux hôtels, la réalisation d'un complexe avec golf à Fonseranes !!! et la réfection d'un grand parking (CE 13/03/2019). Puis Ménard a mis fin à l'agrément délivré en 2012 à la société Clefs du Sud pour la vente du terrain situé en face du Polygone pour le donner à Socri avec autorisation de construire 7300m2 sur 7 étages… (CE 23/03/2019).

Comme on l'a vu dans l'article de Didier, contrairement à ce que dit le maire, le prix de l'immobilier à Béziers n'a pas bondi, mais les malheureux qui attendaient un logement social ne sont pas près d'arriver à leurs fins.

Mais puisqu'on vous dit que « le luxe revient à Béziers ! »

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