Roubaix a ceci de commun avec Béziers d'être dans le Top 5 des villes où le taux de pauvreté est le plus élevé. Et qui dit pauvreté dit problème de logement. Notre dossier sur le logement montre combien se loger devient la difficulté majeure de la vie quotidienne pour de plus en plus de familles.

par Robert Martin

Car les chiffres donnent le vertige. Roubaix est la ville la plus pauvre de France où le taux de pauvreté avoisine les 42% (33% pour Béziers). Témoins du déclin de la ville, la Mairie dénombre plus de 4 000 logements vacants, tandis que chaque année 5 000 demandes d'accès au logement social sont déposées, et seulement 40% sont satisfaites. Et comme à Béziers, les logements fantômes, vides ou délabrés sont nombreux dans cette ville du Nord de la France. Pour lutter contre ce fléau, la Mairie a décidé de mettre en vente des maisons au prix symbolique d'un euro (18 maisons pour l'instant) pour permettre aux plus modestes d'accéder à la propriété. Évidemment des travaux sont à prévoir dans les maisons proposées. Le dispositif est ouvert aux personnes qui ne sont pas encore propriétaires et sont capables de répondre à un cahier des charges précis. Elles doivent mener des travaux de rénovation, pour un montant estimé, en fonction du bien, entre 40 000 et 80 000 euros, le tout dans un délai d'un an et demi maximum. Elles sont aussi tenues de résider dans leur nouvelle maison pendant cinq ans.  L'objectif est aussi de lutter contre les marchands de sommeil ou les spéculateurs qui pourraient venir faire des "coups immobiliers" avec ces maisons. Ce n'est donc qu'une fois ces travaux réalisés, puis viabilisés par un organisme de contrôle, que l'acte de vente est signé.

La maison à 1 euro n'est donc pas la panacée pour les catégories sociales les plus faibles car ce programme ne risque pas de changer la situation des ménages les plus modestes, mais le système bancaire français exclut automatiquement les ménages les plus pauvres des prêts bancaires car la capacité d'emprunt d'un ménage dépend de son revenu et de son statut d'emploi. C'est une solution, notamment là où le marché est déprimé, pour faire revenir une population de classes moyennes dans des quartiers délaissés. L'idée est de s'adresser à des nouveaux membres de la classe moyenne, qui habitent pour le moment dans des logements sociaux. À surface équivalente, le coût des travaux revenant moins cher que celui d'un achat, ces familles peuvent obtenir un prêt et donc devenir propriétaires. En accédant à la propriété, elles sortiront de ce parc social et libéreront des places afin de permettre à d'autres de pouvoir y entrer.

Certains auraient sans doute favorisé la construction de logements sociaux supplémentaires. A Roubaix, ils ont pris le parti de répondre à une autre réalité sociale qui est l'envie d'une partie des Français d'accéder à la propriété. La municipalité envisage ce projet comme une boucle sociale vertueuse. Les logements vacants sont réhabilités puis occupés, le quartier reprend vie, de nouveaux commerces peuvent potentiellement voir le jour. Il est important de redonner une dynamisation à ces quartiers, c’est pour cela qu'a été décidée cette politique de maison à un euro, pour éviter de les voir abandonnées et murées.

La Métropole Européenne de Lille estime qu’il existe près de 40.000 logements vacants, principalement à Lille, Roubaix et Tourcoing, sur son territoire, alors que plus de 40.000 ménages sont en demande de logement social. Il faudra, si l'expérience est réussie, mettre les bouchées doubles pour financer cette opération

Tiens peut-être un exemple à suivre pour Robert Ménard ! Cela permettrait de faire revivre les quartiers qu'il délaisse aujourd'hui pour favoriser les quartiers les plus huppés du Centre ville, car lui ne vise pas ces classes moyennes modestes, il préfère largement les classes moyennes plus aisées. 

 

 

 

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