Béziers a un très beau patrimoine architectural haussmannien, nul ne le conteste, mais on déplore que les aménagements effectués récemment ne donnent aucune respiration et n'aboutissent qu'à plus de minéral.

Par Khan Did

La seule trouée végétale est le magnifique jardin des Poètes, mais sa situation, sa déclivité peuvent ne pas convenir à tous les chalands, touristes et habitants. Les Allées Paul Riquet, jolie perspective avant la Grande Roue de Roro, sont un peu ombragées, mais sans verdure. La nouvelle place Jean-Jaurès a quand même admis quelques petites pelouses soigneusement interdites.

Il y a quelques années, la place de la Madeleine arborée a été pavée, avec, avant 2016, quelques pauvres jardinières périphériques. Depuis son repavage, absolument indispensable, elle est entièrement minérale, avec de ridicules petits oliviers dans des boites. On a construit un parking souterrain certes, mais l'abandon de toute verdure la rend sinistre et implacable, caniculaire en été, sans aucune ombre, et glaciale au vent du Nord.

La place du 14 juillet, aux platanes et adorables balustres, a elle aussi, sous la mairie précédente, été entièrement minéralisée, et ne sert plus que de parking de surface. En face, derrière la grande Poste, un bloc d'appartements neufs sort de terre. L'ancienne gare du Nord, avenue Clémenceau, voit pousser des immeubles neufs barrant la vue vers le petit espace planté de pins en arrière. Le Forum, édifié à la hâte à la place de l'ancienne poste Art Déco détruite à la hâte par Couderc, sacrifiant une quinzaine de marronniers séculaires, sur des couches successives de forums romains vite recouverts, n'offre plus aucune verdure accueillante. Les beaux platanes centenaires qui ombrageaient le boulevard d'Angleterre ont été exterminés au profit d'arbustes chétifs. La place du Marché au Bois a vu périr les huit arbres d'une cinquantaine d'années qui en faisaient un petit havre accueillant. Silence ! On embellit.

On envisage d'élever un parking aérien place de Gaulle. Mais oui, quelques insolents végétaux se dressent encore sur la place de la Gare Routière. C'en est trop ! Et dire que ces idiots de Montpelliérains ont supprimé le parking en hauteur des halles Laissac...Le quartier de l'Hours voit s'élever de nombreux immeubles massifs occupant tout l'espace, avec en particulier une maison de retraite, bonjour les balades champêtres des résidents, quoique...ils pourront aller dépenser leurs économies au Polygone tout proche, non ? Quand on connaît le record biterrois d'immeubles inoccupés, tous ces appartements neufs, ces locaux commerciaux donnent le vertige.

par Géraldine Garçon



Et surtout, il est trop peu d'espaces où s'asseoir à l'ombre, sans le bruit et l'odeur des bagnoles, à lire en écoutant les oiseaux...Le béton rapporte plus, tant pis pour nous ! La loi Pinel1 et les promoteurs gèrent l'allure de la ville, tant pis pour les locaux vides du centre, tant pis pour le style aéré haussmannien ! Le béton se marie si délicatement à l'extrême-droite…

 

Notes

1) La loi dite Pinel est une niche fiscale qui permet aux acquéreurs de logements neufs de déduire leur emprunt à certaines conditions pendant neuf ans. On comprend que les ex-riches de la vigne, maintenant riches de la pierre, construisent à bras raccourcis au risque d'inoccupation. Tout est bon dans le béton !

 

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