On ne peut qu'être frappé, parallèlement à la paupérisation du centre-ville, par la détérioration de la situation commerciale. 

Par Khan Did

Les commerces de bouche, en particulier les Halles centrales, ont diminué de moitié, le reste de l'espace étant occupé par des bars et restaurants. Idem autour de la place, d'où sont partis les deux boulangers, et où ne fleurissent que des « fast-food » et peu de magasins stables. Les grandes rues commerçantes traditionnelles, République et Française, connaissent une même désaffection, avec 11 commerces fermés rue Française, des rotations rapides d'enseignes, récemment une franchise mercerie-tissus qui avait succédé à un magasin de chaussures rue de la République, et qui vient de fermer au bout de quelques mois. Subsistent, avec rotation, les coiffeurs, 4 sur 2OO mètres avenue Foch, les magasins de fringues et décoration, la rue Mairan se meurt, la rue de la Citadelle est en survie. Apparaissent des dépôts-vente qui illustrent bien, avec les « fast-food », la précarité des habitants.

Lorsqu'on interroge les commerçants, ils signalent une baisse, parfois sensible de leur chiffre. Les travaux les ont gênés, le stationnement est un problème, les contraventions hors de prix. Certains classiques ont une clientèle fidèle mais aléatoire. Si on leur demande des suggestions, ils sont assez partagés entre les partisans de la piétonnisation en fin d'après-midi et le week-end et ceux qui trouvent les acheteurs très paresseux et ont peur qu'ils ne renoncent. Les zones bleues sont appréciées et la carte de stationnement gratuit style Polygone discutée. Bien sûr, les trop nombreuses grandes surfaces autorisées en périphérie sont pointées du doigt et le Polygone très décrié malgré son succès commercial modeste.

Plus d'espaces verts dans l'hyper centre (Forum, place de la Madeleine, Champ de Mars et alentour) à l'opposé de ce qui a été fait et de la bétonisation des quartiers de l'Hours, de la Gare du Nord, créeraient de l'agrément et attireraient peut-être les flâneurs. Les animations sont réclamées, celles de Noël ont été appréciées, quoiqu'on pense de leur thème… À rapprocher, le marché couvert de la Devèze mettant fin au « souk » alimentaire et exigeant un pas-de-porte de 430 € par mois. Tout l'esprit du marché est remis en question, il est ouvert tous les jours, exigeant une présence augmentée, et supprimant les invendus du samedi midi dont les très pauvres bénéficiaient. Comme les prix de vente ont été à peu près maintenus, le bénéfice s'amoindrit. Conséquemment. 6 commerces ont déjà fermé.

Mais le problème dont peu parlent, c'est celui du porte-monnaie des clients. Comment espérer faire vivre un commerce dont l'offre est pléthorique dans une ville pauvre ? Bien sûr, et comment en douter, « le luxe va revenir à Béziers ». Mais la méthode Coué échoue depuis 5 ans maintenant, et que penser de ce mantra comme vision d'avenir de l'économie biterroise et de l'emploi ? Le tout-commerce est voué à l'échec économique. Et, si l'on pense que, malgré tout, c'est le seul créneau dans une ville pauvre, pourquoi ne pas faire des parkings aux portes de la ville et des navettes gratuites ? Ce serait au moins l'indice que la mairie se creuse un peu la tête pour améliorer le sort de son électorat principal...

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