Bilan économique et politique du e-commerce en 2018 : le bilan annuel 2018 du commerce en ligne en France vient d’être publié par la FEVAD (Fédération e-commerce et vente à distance). Ce bilan traduit les changements de comportements en cours ; ils sont loin d’être insignifiants.

Par Didier

Dans les grandes lignes :  Les ventes en ligne ont augmenté de 13,5 %.  La fréquence d’achat a augmenté de 20,7 %, 1,5 milliard de commandes ont été enregistrées.

Les vaisseaux amiraux du e-commerce en France se nomment Amazon, C-Discount, Fnac.com : à eux seuls ils recensent entre 17 et 30 millions de visiteurs mensuels sur leurs sites alors qu’ils occupent respectivement 17,3 %, 7 % et 4 % des parts du marché national. La particularité du e-commerce c’est aussi la place des entreprises régionales. Private sport shop basée à Vendargues dans l’Hérault fait partie des 5 plus gros vendeurs de matériel de sport en France. En 2017 elle a fait 76 millions d’euros de bénéfices. Pour 2018 elle affiche une croissance de 20 %, la huitième année de croissance d’affilée. L’autre particularité du e-commerce c’est l’achat depuis les smartphones qui concerne 39 % des e-acheteurs en 2018. Ce score est en hausse de 15 % depuis un an. Ce phénomène de société est alimenté par les jeunes puisque 56 % des moins de 35 ans achètent sur le web via leur smartphone. Ce véritable changement de comportement dans les jeunes générations est durable et oblige les sites en ligne à s’adapter via une plus grande accessibilité et attractivité.

Côté emploi, le e-commerce détruit pour le moment plus d’emplois qu’il n’en crée. En modifiant les structures du commerce, il modifie aussi les profils recherchés. Les experts du commerce et du marketing représentent 43 % des postes recherchés, alors que les postes moins qualifiés liés à la logistique représentent seulement 26 % des embauches. Pour ce qui concerne le volume des embauches, sur une base de 182.000 sites marchands recensés dans le bilan 2018 de la FEVAD, seulement 9.800 emplois ont été créés. Autre indicateur pas forcément rassurant : sur les 42.000 sites qui réalisent un chiffre d’affaires annuel compris entre 100.000 et 1 million d’euros, seulement 23 % se disent prêts à recruter pour 2019.

Quand on sait pour ce qui concerne le taux de pénétration du e-commerce, les parts de marché que peut atteindre la vente en ligne. alors qu'un plafond de verre indépassable de 10 % était annoncé il y a dizaine d’années !

Aujourd’hui les ventes en ligne dépassent les 20 % en Angleterre et en Allemagne. C’est donc bel et bien un tsunami commercial que prépare la vente en ligne d’autant plus que les effets relativement récents des drives alimentaires vont se faire sentir et que de nouvelles start-up s’attaquent aux niches dites des produits du quotidien. Dans ce contexte de modification de fond, c’est la nature même du rôle des commerçants qui est en jeu avec des commerçants physiques ou virtuels.

A Béziers comme ailleurs les commerces de proximité ne peuvent ignorer cette mutation du capitalisme doublée d’une mutation sociétale Face à ces mutations, il serait indiqué de demander au maire d’extrême droite, défenseur comme on le sait des petits commerçants comment il compte enrayer sur sa ville cette évolution mondiale.

Dans le marché de dupes qui s’annonce pour les prochaines élections municipales, les anticapitalistes ont un avantage, celui de situer la nature et l’ampleur du problème. Les solutions qu’il faudra mettre en avant via la vente directe et les baux commerciaux privilégiés, car si le capitalisme se combat par nature à un niveau central, on peut toutefois enrayer ses effets au niveau local, condition de s’y opposer, ce que ne fera jamais l’actuel maire de Béziers !

Bilan chiffré du e-commerce en 2018 :

92,6 milliards d’euros d’achats en France sur internet en 2018,

1,5 milliard de commandes enregistrées,

20,7 % d’augmentation en 1 an,

Hausse des ventes de 13, 5 %,

83 % des sites de e-commerce sont rentables ou à l’équilibre,

39 % des e-acheteurs achètent depuis leur smartphone,

200.000 sites marchands sont actifs,

100 milliards de chiffre d’affaires sont attendus pour 2019,

45 % des e-commerçants sont implantés dans des communes de moins de 20.000 habitants

 

 

 

 

 

 

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