Cette rubrique rend compte d’expériences alternatives qui rompent avec le dogme libéral et qui restent à des années-lumière du dogme nationaliste. Pour ce numéro 28 d’EVAB, nous partons à la découverte de Mobicoop : l’autre Blablacar.  Mobicoop à été crée en novembre 2018 sous forme de Société Coopérative d’Intérêt Collectif (S.C.I.C) pour offrir une alternative sociale et solidaire au désormais côté en bourse Blablacar.

Par Didier

L'objectif pour 2019 est de réunir 20.000 sociétaires qui apporteront les 2 millions d’euros de fonds propres nécessaires pour promouvoir la plate-forme  « covoiturage-libre.fr » déjà existante. Les principes affichés sont à l’inverse de ceux développés par les poids lourds du secteur : UBER ou HEETCH pour les V.T.C, DRIVY pour la location de voiture entre particuliers, BLABLACAR pour le co-voiturage : reprise en main citoyenne des questions de transport et partage de la valeur économique crée par les services en ligne. 

Pour Mobicoop, l’usager c’est celui qui veut partager un mode de déplacement : Le propriétaire d’un véhicule qui cherche à mutualiser ses frais par du co-voiturage ou louer son véhicule qui ne roule pas, le travailleur indépendant de voiture de transport avec chauffeur (V.T.C), une collectivité locale qui cherche à organiser les mobilités. Pour son service gratuit de co-voiturage entre particuliers, Mobicoop n’enregistre aucune donnée, propose à chacun de ses utilisateurs de verser un euro, sur le modèle de Wikipédia, pour développer son application et les services solidaires et de lien social qui en résulteront. Pour la prestation de service auprès de collectivités qui veulent monter leur propre plate-forme de co-voiturage, Mobicoop vend simplement sa prestation. 

Une dizaine de salariés sont embauchés en ce début 2019. Comme la structuration en coopérative l’impose, les bénéfices dégagés ne paieront pas des actionnaires, ils iront au déploiement des activités. A l’inverse, Blablacar profite de la grève de la SNCF pour afficher ses premiers résultats positifs et annonce qu’il allait absorber OUIBUS. Uber vise de son côté une capitalisation boursière de 100 milliards de dollars, pour un modèle économique fondé sur la violation de la loi et la précarité des travailleurs. 

Le modèle imaginé par Mobicoop c’est l’adaptation des activités de plate-forme dans une coopérative, pour assurer la redistribution des richesses crées, la solidarité entre acteurs, l’innovation. Le contre-modèle initié par Mobicoop ne s’attaque pas qu’au co-voiturage : depuis un an, l’association Coopcycle propose aux coursiers unis en coopérative sa plate-forme en ligne de livraison. Une quinzaine de collectifs se sont ainsi créés en France. A Lyon, une dizaine de coursiers viennent de lancer la Traboulotte qui opère sur la plate-forme en ligne Coopcycle. Ailleurs partout dans le monde les mutins se nomment : Fairbnb qui s’attaque à Airbnb, Resonate qui s’attaque à la plate-forme de musique en ligne Spotify, Ride Austin, Cotabo ou Green Taxi Coopérative qui s’attaque à Uber. Ils proposent comme Mobicoop une autre version du monde.

 

 

 

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