Le président argentin Milei tente de rassurer en assénant : « Une fois touché le fond, on va rebondir ». Sur le même ton, ses opposants lui répondent : « Quand on a touché le fond, on peut encore creuser ».

Quais de gares vides, grève dans les hôpitaux, blocages dans tout le pays, grève générale en gestation, 50 000 emplois publics supprimés du jour au lendemain, 27 000 bénéficiaires « irréguliers » rayés de l’aide sociale . . .

Les mesures antisociales s’accumulent en Argentine et annoncent des semaines et des mois très tendus.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les attaques contre « l’Etat ennemi » du gouvernement Milei font monter la température sociale en Argentine. Pour la plupart des observateurs politiques, la question de l’heure est : « Combien de temps peut être supportée cette méthode dite d’amélioration des comptes publics ? ».

Car si Milei a promis lors de son élection que c’était « La caste politique qui allait payer », ce sont les salariés qui subissent de plein fouet une austérité exponentielle.

Quelques exemples parmi une longue liste laissent sans voix :

  • Le prix moyen d’un ticket de bus dans l’agglomération de Buenos Aires a été multiplié par 4 en deux mois,
  • Le prix d’un ticket de métro va être multiplié par 6 d’ici le mois de mai,
  • L’inflation a augmenté de 50 % depuis les dernières élections présidentielles (elle atteint 254 % sur un an),
  • 57,4 % des Argentins vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit plus de 26 millions de personnes,
  • 15 % de la population est dans la misère, soit 7 millions de personnes.

Pour le plus grand syndicat Argentin, la CGT, le moment critique va se situer entre mars et avril avec l’effet cumulé de l’austérité, la stagnation de l’activité économique, le coût des fournitures, les frais de scolarité et la rentrée de l’automne austral.

Pour le quotidien « La Nation », très conservateur, mais plutôt critique, le président qui est qualifié d’« indéchiffrable » pratique : « Une communication idéologique, conflictuelle, sans chercher d’accords, sans générer de majorités, sans calculer le coût économique et politique de ses mesures. », « Il pratique une expérience inédite, sans filet, à ciel ouvert. ».

On pourrait rajouter « Au doigt mouillé » pour sentir le vent économique et social.

En Argentine, les 2, 3 mois à venir sont les mois de tous les dangers, y compris le danger d’un coup d’Etat militaire.

Cette hypothèse n’ayant pas été écartée par les secteurs les plus rétrogrades du pays.

 

 

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