Une autre histoire: 18 Novembre 1907, naissance de Compay Segundo

par | 15 novembre 2021 | Culture

Le 18 novembre 1907, voilà exactement 117 ans, naît au bord de la mer, à Siboney près de Santiago de Cuba, Máximo Francisco Repilado Muñoz. Vous le connaissez ? non ? C’est vrai qu’il est plus connu sous le nom de Compay Segundo. Toujours pas ? Alors écoutez la chanson Chan, chan.

Elle est extraite de l’album Buena Vista social club (à écouter ICI) et date de 1997…..Compay Segundo a alors 90 ans !Le Buena Vista Social Club était une mythique boîte de nuit dans la banlieue de La Havane à Cuba . Après la révolution cubaine de 1959, cette boîte de nuit disparut.
Cinquante ans après sa fermeture, son nom fut repris pour un projet musical, imaginé par le guitariste américain Ry Cooder. L’idée de cet album était de réunir dans un même enregistrement des musiciens cubains légendaires des années 1930, 40 et 50), et des musiciens d’Afrique de l’Ouest. Retenus à l’aéroport de Paris, les Africains ne purent se rendre à Cuba, et finalement l’enregistrement de l’album s’effectua sans eux.

L’album, collection de classiques cubains, rencontra un tel succès que le groupe fut incité à se produire sur scène à Amsterdam en 1998, suivi de plusieurs concerts au Carnegie Hall de New York. Chez un disquaire, sa place est au rayon « Cuba » ou « musiques du monde », mais il arrive qu’il se trouve au rayon « salsa » ou musiques de film. La musique est ce qu’on appelle la trova, on y trouve des morceaux de son cubain, des boléros, des « descargas » (une sorte de « jam » en jazz), des styles anciens, alors qu’à la fin des années 1990 les cubains écoutent plutôt  de la « timba » (sorte de salsa cubaine) ou des genres plus actuels.

Le cinéaste Wim Wenders fut sollicité pour les filmer. Il en fit un documentaire, en ajoutant les interviews, effectuées à La Havane, des différents musiciens. Ceux-ci n’apparaissent pas comme des stars (bien que leur talent force le respect), mais comme des gens normaux, touchants, ou de simples touristes  Le film fut lui aussi intitulé Buena Vista Social Club.

En plus de Compay Segundo, on trouve aussi  Ibrahim Ferrer, Omara Portuondo, Eliades Ochoa, et Ruben Gonzalez qui ont par la suite tous enregistrés leurs propres albums.

Mais revenons à Máximo Francisco Repilado Muñoz surnommé Compay Segundo.
Il apprend à jouer très jeune du « tres », petite guitare rudimentaire fabriquée à partir du XVIIe siècle à Cuba. À l’âge de 14 ans, il reçoit des leçons de solfège avant d’être intégré comme clarinettiste dans la fanfare municipale de Santiago de Cuba. À dix-sept ans, il invente « l’armónico », une sorte de guitare à sept cordes, dérivé du tres.

Maniant avec la même virtuosité le son et l’humour, il acquiert une renommée durable à Cuba et dans tout le monde hispanophone aux côtés de Lorenzo Hierrezuelo dans le fameux duo Los Compadres entre 1942 et 1955.

Hierrezuelo fait la voix principale et la guitare d’accompagnement, Repilado fait la seconde voix d’où le surnom de Compay Segundo (Second Compère) et il joue  la guitare soliste avec son armónico.

L’émission de radio quotidienne de Los Compadres est écoutée dans toute l’île et même dans la voisine République Dominicaine. Leur style, où  les proverbes, les traits d’humour, et les allusions gaillardes dominent, les rend populaires auprès des gens humbles, dans les campagnes comme dans les villes.  Los Compadres restent ensemble jusqu’à Septembre 1955. Une brouille met fin à la collaboration entre les deux hommes. Lorenzo Hierrezuelo appelle à ses côtés son frère cadet Reynaldo et les Compadres poursuivront leur carrière jusqu’au milieu des années 1980. Compay, de son côté, prend du recul avec la musique et retrouve son emploi de « tabaquero » (fabricant de cigares à l’usine Upman).

Quand Il prend sa retraite à 63 ans, comme ouvrier, il décide de se consacrer à sa carrière musicale. Il reprend la musique, réunit un groupe de musiciens et entre de nouveau au studio afin d’enregistrer un disque.

Dès 1994, il parcourt l’Europe avec son quartet « Compay Segundo y sus Muchachos ». Il participe à la rencontre « Flamenco y Son cubano » à Séville au mois de juillet puis enregistre un CD aux îles Canaries.

Il fait dans la foulée sa première tournée en France et en Belgique. Et puis, comme nous l’avons évoqué, c’est la consécration à 90 ans. Un succès qui révèle mondialement sa personnalité attachante et son talent.

Il est devenu le plus grand musicien cubain du 20ème siècle Le 18 novembre 1997, à l’occasion de ses 90 ans, il reçoit la Orden Félix Varela, plus haute distinction honorifique du monde des arts à Cuba.

Compay Segundo disait souvent qu’il vivrait jusqu’à l’âge de 115 ans, en fumant un puro (cigare) par jour, mais il meurt à l’âge de 95 ans, le 13 juillet 2003 à La Havane. Il est enterré au cimetière de Santiago de Cuba.

Aujourd’hui, le Buena Vista Social Club, son orchestre, n’existe plus. L’institution a perdu plusieurs de ses piliers. Beaucoup de ces personnalités qui ont fait le succès du disque et du film ont aujourd’hui disparu. Les deux adorables «abuelos» bien sûr Ibrahim Ferrer et Compay Segundo, qui ont connu le succès à 70 et 90 ans passés se sont éteints il y a dix ans déjà. Ruben Gonzalez, l’inventeur du cha-cha-cha, est décédé en 2003. «Cachaito» Lopez, contrebassiste de génie, héritier d’une dynastie de révolutionnaires de la musique cubaine, charpente musicale du Social Club, nous a également quitté.  Plus de 24 ans après le succès planétaire de leur album et du film de Wim Wenders qui le mettait en scène, l’institution Buena Vista Social Club a tiré sa révérence.
Le Buena Vista était l’histoire d’une renaissance. A l’heure où il s’apprêtait à fermer ses portes, le Club a voulu montrer pour ses derniers concerts qu’il a su préparer l’avenir du son cubain. Une tournée d’«adieux» qui s’est achevée à l’automne 2015,
Une histoire qui a pris fin mais la tradition du son cubain est bien loin d’être perdue…
… mais c’est une autre histoire !

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