Habitat participatif, groupé et coopératif, des alternatives qui ont le vent en poupe?

En mai 2019, le mouvement de l’habitat participatif a organisé une rencontre à Montpellier. Cette SCIC (société coopérative d’intérêt collectif), tout en étant accompagnatrice de projets, veut également rendre visible et dynamique le « faire et vivre ensemble ». Certains ont connu la colocation, souvent lors de périodes étudiantes, d’autres plus anciens ont fait des tentatives de vi en communauté, à présent reviennent des envies d’habiter autrement. Par Emma
Les aventures du Baron Noir. Cette rubrique est issue d’une chronique tenue dans l’émission radio mensuelle d’EVAB sur RPH (à écouter sur ce site ou sur RPH). Par Didier
Le texte d’une conférence donnée en 1995 par l’écrivain Italien Umberto Eco (mort en 2016) a été réédité en français chez Grasset en 2017 avec comme titre : "Reconnaître le fascisme". Ce petit fascicule de 56 pages vendu 3 euros est d’une brûlante actualité pour tous ceux qui tentent de comprendre le renouveau de...
VISA est une association intersyndicale composée d’une cinquantaine de structures syndicales qui recense, analyse et dénonce les incursions de l’extrême droite sur le terrain social. VISA se veut un outil d’information et de réflexion afin de lutter collectivement contre l’implantation et l’audience de l ’extrême...
Pauvres qui venez vous loger à Béziers, vous préférez un logement indécent ou insalubre? Malgré l'indignation dont témoigne la couverture du Journal de Béziers n° 30 de 2016, la situation du logement à Béziers ne s'améliore pas lorsqu'on est pauvre. Il faut dire que le maire avait affirmé « je chasserai du...
Des dizaines de milliers de personnes qui manifestent pour l’accès au logement dans les grandes villes et contre la hausse du prix des loyers, c’est en ce moment dans les grandes villes allemandes. Par Didier
Roubaix a ceci de commun avec Béziers d'être dans le Top 5 des villes où le taux de pauvreté est le plus élevé. Et qui dit pauvreté dit problème de logement. Notre dossier sur le logement montre combien se loger devient la difficulté majeure de la vie quotidienne pour de plus en plus de familles. par Robert Martin

Sur les terres siciliennes qui ont connu toutes les influences possibles : phéniciennes, carthaginoises, grecques, romaines, arabes, normandes ou espagnoles, qui ont vu naître Archimède, Pirandello ou Camilieri, nous avons rencontré en 2018 des gens passionnants qui vivent complètement ce qu'ils font. Roberto, Gabriele ou Sara, chacun d'eux a son histoire, mais ils ont tous les trois une chose en commun : ils refusent le monde tel qu'il va.

Par JF Gaudoneix

C'est le refus de ce néo-libéralisme, de cette croissance mortifère. Ils sont convaincus que l'humain passe avant le marché. Nous avons été reçus chez eux, et chaque fois, nous avons trouvé des maisons ouvertes où voisins, amis ou gens de rencontre étaient les bienvenus. C'est cette humanité mise en avant qui nous a plu, c'est cette humanité qui pourra, si c'est encore possible, nous sortir de notre monde égoïste et inhumain. Souci écologique, social et humain, c'est la trilogie que nous avons rencontrée et qui nous a renforcée dans l'idée qu'un autre monde est possible. Le Groupement d'Achat Solidaire de Béziers s'approvisionne en agrumes auprès des Galline Felici, une coopérative sicilienne. Il y a deux ans, ces producteurs siciliens étaient venus à Béziers présenter leurs productions au cours d'une soirée festive. En villégiature en Sicile, il ne fallait pas manquer de les rencontrer chez eux. Roberto, Gabriele se sont fait un plaisir de nous accueillir, et nous, une joie de découvrir leur travail et leurs personnes...

Roberto

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Il faut aller dans le sud-est de la Sicile, dans les provinces de Catane et d'Enna... L'arrivée chez Roberto est déjà une prouesse. Même avec les coordonnées GPS... Jusqu'au poste à essence Esso, la route est convenable. C'est là qu'il faut tourner à droite. C'est bien, on est presque arrivé. Après quelques kilomètres, le GPS indique qu'il faut tourner à droite, mais trois grilles s'offrent à nous. C'est celle qui est ouverte que l'on emprunte, Roberto attendant notre venue. Nous roulons depuis un moment sur un chemin de terre. Un homme, avec sa débroussailleuse est sur le bord du chemin. On lui demande où habite Roberto : « C'est la dernière propriété sur la gauche ». Encore une grille ouverte, et des chiens qui aboient. Nous sommes arrivés.

17coopsicileRoberto5Nous passons d'un seul coup d'un paysage aride à une végétation luxuriante : nous entrons dans une forêt de bananiers ! La maison de Roberto est peinte en orange : voilà qui a du sens ! Les multiples fresques sont des œuvres du fils de Roberto. Elle est très accueillante avec sa terrasse couverte pour se protéger du soleil. Une longue table indique que Roberto est habitué à recevoir. Il nous dit même qu'à la saison de la cueillette des olives – octobre/novembre – la table est trop petite... Les parents de Roberto tenaient une parfumerie à Catane. Ils avaient acheté une résidence secondaire au sud de Catane.

19coopsicileRoberto7C'est cette résidence secondaire que Roberto a repris, agrandi, qui est devenue son exploitation. Il y vit depuis 30 ans. Quand on demande à Roberto ce qu'il faisait avant, il répond : « J'étais un hippy, et un jour je me suis décidé à faire quelque chose de ma vie. Quelque chose qui a du sens ». Il a appris alors le travail de la terre... Il a donc commencé sa plantation d'orangers et autres agrumes. Très vite il a cherché à vivre son travail de façon solidaire. On ne peut pas comprendre Roberto, si on ne le voit pas vivre. Il dit souvent « la vie ne vaut pas d'être vécue, si on ne la vit pas pleinement ». Dans son travail, dans sa maison, dans ses relations, on comprend tout à fait ce qu'il veut dire. Il vit pratiquement en autarcie, il produit tout ce dont il a besoin. Il achète surtout des pâtes et des boîtes pour nourrir ses sept chiens. Dans son travail, Roberto est aidé en particulier par Abdoula, un marocain et Mustapha, un Guinéen. Mais ils ne sont pas seuls. Quand nous sommes arrivés, Catherine, une parisienne, était là depuis quelques jours. Elle a quitté son travail dans le cinéma à Paris et vient travailler avec Roberto. Elle pense que là est la vraie vie. Le lendemain, un couple d'allemands de Fribourg et ensuite 5 autres allemandes sont arrivés... Roberto vient d'acheter, en empruntant, une orangeraie. Orangeraie en mauvais état. Il a dû couper de nombreux orangers (d'oranges amères), faire des greffes. Des greffes que l'on retrouve dans bien des orangeraies. 

Quand des skis traînent sur la terrasse...

21coopsicilejRoberto10Cette anecdote montre bien la créativité de Roberto, et son sens de l'humain... Dans un coin de la terrasse, je découvre un fauteuil de jardin blanc, fixé sur une paire de skis ??? Je demande à Roberto ce que cela signifie. Il sourit, et me dit : « ça c'est pour ma mère »... Et d'expliquer : Sa mère a 98 ans, elle habite Catane, elle adore se baigner, mais elle ne peut plus se déplacer. Pour lui faire plaisir, il a imaginé cette chaise sur ski ! Il l'installe dessus, et Mustapha, Abdoula et lui font glisser la chaise sur le sable jusqu'à la mer. Et Roberto ajoute : « faut voir les gens regarder le spectacle ! » Au début elle n'osait pas, craignait le regard des autres, mais maintenant quand elle vient chez Roberto, elle n'oublie surtout pas son maillot de bain !

Le jardin des biodiversités

23coopsicilejardin12Actuellement, le grand projet que mène Roberto est « le jardin des diversités ». Il y a une dizaine d'années, son exploitation a été coupée par l'autoroute « Catane/Syracuse ». Depuis un an, il a décidé de créer sur la partie qui borde l'autoroute des plantations multiples : une centaine d'espèces végétales y poussent, certaines très exotiques. C'est un travail colossal. Il a dépensé 15 000€ pour y amener l'eau et irriguer les plantes. On y trouve des bananiers, des orangers, des légumes comme les choux, les courgettes, les tomates, les poivrons, les salades, les aubergines, mais aussi, le ciphomandra ou arbre à tomates, l'Altéa malbarosa, le Melarosa, l'Annona cherimola (fruit la cherimole), le Ricinus (le ricin), la Noix de macadamia, le Litchi, le néflier, l'Asimina triloba, banane des montagnes, la mangue, l'avocat, et la liste n'est pas exhaustive... 

Ainsi, Roberto, l'initiateur des Galline Felici continue à faire des projets, et d'un terrain bordant une autoroute, que beaucoup auraient abandonné, il s'est lancé dans un projet audacieux dont les contours ne sont pas encore arrêtés. Mais faisons confiance à Roberto et à sa créativité pour faire aboutir sa réalisation. Un collectif a été constitué pour mener à bien le travail.

Roberto dans le jardin des biodiversités, une vidéo explique comment et pourquoi à partir de la construction de l'autoroute, l'idée de ce jardin a fait son chemin
https://www.youtube.com/watch?reload=9&time_continue=3&v=-zJy2GIKFYk

 

 

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