Humoriste régional, Daniel Villanova sillonne depuis plus de 30 ans les villages du Languedoc avec ses spectacles dans lesquels on vit avec les habitants de Bourougnan, ce petit village viticole. Des personnages qui échappent ainsi à l'image de ruraux pour devenir aussi, à la surprise du public, des gens lucides à qui on ne la fait pas ! 

Merci à Daniel Villanova d'avoir accepté cet entretien exclusif pour le journal En vie à Béziers.

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Propos recueillis le 12 Janvier 2015 par Robert Martin


 

Robert Martin : Le 11 Janvier dernier, d'immenses manifestations ont eu lieu dans toute la France mais aussi dans le monde entier, votre impression en tant que citoyen ?

Daniel Villanova : Je vais être clair dès le départ. Je ne suis pas allé à cette manifestation et ce pour plusieurs raisons : la plus importante c'est qu'elle me semblait être une espèce de manipulation de masse pour récupérer et se blanchir de toutes les responsabilités qui incombaient au monde politique dans cette affaire. Les unions nationales, on a déjà donné. Les grands sentiments, les grandes messes patriotiques, on sait ce que c'est depuis 1914 et avant. Je ne suis pas allé à ces sabbats, non ! Cette manifestation, je parle surtout de celle de Paris, était entraînée par François Hollande, par Nicolas Sarkozy, par le président de l'Ukraine qui gouverne avec l'appui des néo-nazis, par Nethanyaou dont on sait ce qu'il fait pour l'Humanisme dans son pays. Elle était amenée par tout un tas de gens avec lesquels je ne partage aucune valeur ou très peu de valeurs. Quand on défend des valeurs, il faut savoir avec qui on les défend ! Pour les jours et les mois à venir, cette union nationale n'a rien résolu. Elle a brouillé le discours, elle a effacé les pistes de réflexion qu'on aurait pu avoir au profit d'une espèce de consensus mou autour de valeurs qui sont vides de sens. La plupart des gens qui étaient là ne se reconnaissait pas forcément dans les valeurs défendues par ceux qui amenaient la manifestation. Et au final, ce sont les valeurs de ces gens-là qui vont sortir renforcées. Et quelles sont les valeurs de ces gens-là qui sont, pour la plupart, poursuivis pour corruption, qui sont pour la plupart des gouvernants qui assassinent actuellement la démocratie ? (...) Est-ce que ce n'est pas assassiner la démocratie que de faire comme actuellement fait François Hollande ? Il négocie, en secret, depuis des années, lui et les autres, lui et Sarkozy, le pouvoir français, l'État français, dans le dos du peuple un accord comme le Traité Transatlantique qui va être un changement de civilisation du point de vue sanitaire, écologique et social. Ça va nous sabrer le droit du travail, toutes les barrières qu'on avait pu mettre péniblement pour protéger l'environnement, ça va nous sabrer tout ce qu'on a pu établir pour s'assurer une alimentation saine, une éducation vraiment démocratique, populaire, ouverte à tous, laïque. Tout ça va être détruit par ce traité. Or, ce traité, il est négocié en secret, dans le dos du peuple, par ces gens-là. Quelles valeurs peut-on partager avec ces gens corrompus, avec ces gens qui nient la démocratie ? Est-ce que c'est solide tout ça ? Non ! parce que c'est sur un malentendu, sur une émotion, et non pas sur une réflexion.

RM : Alors, quand ils disent "Nous sommes Charlie" ils mentent !

DV : bien sûr qu'ils mentent ! Qui est Charlie ? Moi le premier je ne le lisais plus. J'étais passé à Siné Hebdo. Je me retrouvais mieux, je me retrouvais plus ! (...)

RM : Revenons à "nous sommes tous Charlie" ! Donc c'est faux !

DV : Bien sûr que c'est faux ! C'est encore une hypocrisie qui brouille le discours. Moi je trouve qu'actuellement il faut arrêter de tourner autour du pot, de tout mélanger, de semer la confusion. Or cette manifestation d'hier, c'était le summum de la confusion. On trouvait n'importe qui dans cette manifestation, c'était un pot-pourri, c'était une union nationale comme au pire temps de l'Histoire de France. Comme chaque fois qu'il faut faire appel au peuple pour sauver un système qui lui-même produit ses inégalités. La situation dans laquelle on est, elle ne vient pas par hasard, elle ne tombe pas du ciel, elle est aussi le fruit d'une politique ultra-libérale qui est mise en place depuis des années en France. Elle a creusé les inégalités, elle a laissé toute une partie de la jeunesse à la dérive. Elle a cassé l'Éducation Nationale, elle a cassé l'idée de laïcité, l'idée d'égalité des chances. Et maintenant, on viendrait dans une grande messe républicaine défendre ce système ? Non, il ne faut pas défendre ce système, il faut dire, ce système nous a amené là où on est, avec le personnel politique et leurs programmes. Comment va-t-on défendre la démocratie, la République derrière un président de la République qui précisément a prononcé un discours du Bourget, extrêmement fort, « mon ennemi c'est la finance, et si mon ennemi c'est la finance, il faut la combattre » et dès le lendemain, a fait tout le contraire ! Comment peut-on imaginer une seconde se retrouver derrière ce type-là qui a semé la déception, qui a semé l'amertume et la frustration parmi les gens, qui a semé le désespoir qui fait actuellement tout le jeu du Front National ?

RM : Et pourtant dans la rue il y avait quand même des gens du peuple, la population ! Ce qu'on doit leur dire c'est « Attention ? Séparez le bon grain de l'ivraie ! Séparez la manipulation de la réflexion, la raison du fanatisme ? »

DV : Est-ce ce qu'on a fait ? Est-ce ce qui s'est passé ? Non, on a été dans la compassion, dans l'émotionnel, on n'a pas été dans la réflexion et aujourd'hui encore, est-ce que les gens sont dans la réflexion ? Non, ils sont encore dans l'émotion ! S'il n'y a pas une réflexion sur les causes profondes de cette situation, ça n'aura servi à rien, qu'à jeter un voile pudique sur les causes. Les causes elles viennent de loin, elles viennent du 11 septembre, elles viennent de la guerre d'Irak. (...) J'aimerais bien entendre tous les va-t-en guerre de la guerre d'Irak. Où sont-ils ?

RM : Charlie c'était des gens qui étaient laïques, athées, anticléricaux et tout d'un coup l'ensemble des autorités religieuses viennent dire "Je suis Charlie", ça me fait rire !

DV : Ça fait rire et en même temps ça fait froid dans le dos. C'est pour ça que je dis : « l'humoriste on doit écouter ses textes » parce que dans le rire y a également la réflexion sinon il n'a pas de valeur. C'est vrai qu'on a vu ces jours-ci des réactions totalement improbables et une sanctification de Charlie Hebdo par des gens que justement Charlie Hebdo combattait.

Comment se fait-il qu'on fait un référendum sur le traité européen, on dit non et puis on s'est trompé c'était oui !

RM : Je me reconnais dans le Charlie Hebdo iconoclaste, anticlérical. C'étaient des combattants idéologiques contre la mainmise de l'obscurantisme sur la raison.

DV : Mais l'obscurantisme, il a plusieurs visages. Il peut y avoir un obscurantisme démocratique. Lorsqu'on fait croire aux gens que la démocratie est quelque chose qu'elle n'est pas. (Comment se fait-il qu'on fait un référendum sur le traité européen, on dit non et puis on s'est trompé c'était oui !), quelle est cette démocratie ? Est-ce que ce n'est pas de l'obscurantisme aussi de dire « je défends la démocratie » comme si la démocratie ne se définissait pas, comme si elle était une entité comme ça... Il y a une espèce d'obscurantisme à se vouer corps et âmes à une démocratie dont on ne définit pas la nature.

RM : Alors y a pire que ce qui s'est passé hier, certains défendent non pas les valeurs de la République mais les valeurs de l'Occident ! Par exemple Robert Ménard à Béziers a désigné les coupables, l'Islam, les islamistes, les Musulmans ! Ça devient dangereux !

DV : Bien sûr, le discours xénophobe s'est toujours nourri, repu de ce genre de situation. C'est un terreau qui pour lui est extraordinaire mais encore une fois le combat contre le Front National passe par un combat pour l'égalité sociale, pour la République sociale. Bien sûr il faut combattre les idées du FN, ce qui les rend difficiles à combattre, c'est la situation déliquescente de notre société. Le mot "capitalisme", je ne l'ai pas entendu ! La finance, le capitalisme financier je n'ai pas entendu ce mot, or il est au centre de tout. Nous sommes dans des sociétés qui ont choisi délibérément le capitalisme financier dans toute sa logique, c'est-à-dire écrasement des petits, asservissement des classes populaires et prospérité énorme pour une petite poignée de gens. Ce mot qui est central dans toute cette problématique, je ne l'entends pas ! Est-ce que vous pensez que le Front National va résoudre le problème social en France ? Pas une seconde ! C'est la roue de secours du capitalisme et je vais vous dire le fond de ma pensée, je ne crois pas que le capitalisme (...) d'une arrogance incroyable, avec ce mépris du peuple, cette finance va pouvoir accepter un FN qui demande la sortie de l'Europe, la sortie de l'euro. Le FN a un rôle extrêmement nuisible mais de là à ce qu'on le laisse s'emparer des rênes du pouvoir, ça serait une situation extrêmement dangereuse.

RM : Ça s'est déjà vu en Allemagne où le capitalisme industriel a bien fini par donner le pouvoir à Hitler !

DV : Oui parce qu'il y avait de l'autre côté une poussée populaire très forte.

RM : À propos de populaire, je m'adresse là à l'artiste, depuis des dizaines d'année vous tournez dans tous ces petits villages, autour de Béziers, où le vote Front National augmente. Vous avez senti une forme d'évolution de votre public ? Si le rire est une arme et que vos interventions ne sont pas des meetings mais des spectacles, c'est aussi pour faire de l'Éducation Populaire.

DV : Tout à fait ! C'est à dire que le rire a cette qualité, cet avantage, il ne dénigre pas le discours, il ne lui enlève pas de la force, il lui ajoute de la tolérance. Et ça je suis bien conscient que dans le public qui vient voir mes spectacles, même les derniers, qui sont beaucoup plus politisés et engagés (Jean Charles président, gaz de schiste, À l'abordage), les gens admettent, acceptent la critique, écoutent la critique à partir du moment où elle est dite à travers le rire. Ce qui fait qu'au niveau du public, c'est infime la quantité des spectateurs qui se sont détachés de mes spectacles pour cette raison-là, pour des raisons d'engagement. Je suis bien conscient que la majorité ne doit pas être d'accord avec moi. (...) En tout cas on devine bien, vu les résultats des votes partout, que ce n'est pas le cas, enfin pas encore ou toujours pas. Le rire permet de faire appel à ce qui est commun d'abord en nous, à ce qui est le plus humain, c'est à dire le besoin de rire, de se défouler : c'est ça qui est le socle et le cœur du spectacle. Le rire c'est ça et je l'oublie jamais quand j'écris un spectacle. Je veux dire quelque chose mais comment puis-je le dire de façon à provoquer le rire !

RM : Vous êtes Charlie là ! C'est par le rire aussi qu'ils s'expriment !

DV : Sauf qu'il faut éviter l'offense. Moi je suis très sensible à tout ce qui pourrait être attaque personnelle des gens qui sont dans la salle. Je ne veux pas il y ait une blessure personnelle mais des coups portés à un système de pensée, un système social. Le rire, bien sûr qu'on est tous Charlie à ce niveau-là, mais il faut avoir une bonne dose d'humanisme quand on veut faire rire !

RM : Comment vous avez vécu l'arrivée de Robert Ménard à Béziers ?

DV : On l'avait vu venir ! Déjà la municipalité antérieure avait en son sein des gens qui n'étaient pas bien loin de Ménard. Et le pays risque fort de suivre la même voie si justement on ne profite pas de cette occasion malheureuse pour se dire : qu'est-ce qui ne va pas ? Arrêtons-nous et réfléchissons, dans quelle voie on est partis ? Quelle société on est en train de construire pour demain ? Est-ce qu'on va se mettre vraiment, réellement à lutter contre les inégalités, les exclusions, contre l'anéantissement de l'éducation ? Est-ce qu'on va retirer de plus en plus de moyens à l'éducation laïque ? Cette laïcité, on va enfin la remettre au centre de la vie française ? Elle est simple mais il faut toujours la rappeler. C'est un bon compromis, c'est le seul compromis possible ! La République doit assurer la liberté de croyance et même la sécurité des lieux de croyance et la pleine liberté. En échange, les religions s'excluent elles-mêmes, naturellement, du débat politique, du débat social, c'est une affaire privée. Chaque individu, et moi qui suis très sensible aux thèses individualistes, j'insiste, chaque individu a le droit de croire ce qu'il veut et de pouvoir pratiquer son culte, mais la société est laïque c'est-à-dire que l'esprit religieux, la religion, les textes religieux n'ont pas à influer sur la vie sociale !

RM : Pourtant, les deux premières mesures de Ménard, ce sont la messe avant la corrida et la crèche à Noël.

DV : C'est ce que je dis ! Les gens sont dans la confusion complète. Au lieu de remettre au centre de la pensée et de la vie sociale les valeurs fondamentales, on élit des gens qui font tout le contraire et on empire la situation. Tout va comme ça parce qu'on manque de réflexion et d'intelligence parce que l'intelligence, la culture, ça tombe pas du ciel. Le gouvernement socialiste aggrave les taxes, les barrières financières à la presse la plus marginale (je pense au "Monde diplomatique" qui est un journal difficile, exigeant qui essaie d'apporter une réflexion justement). Toute la presse qui émet des pensées divergentes, on l'a balayée du paysage. La culture et l'éducation doivent être favorisées alors qu'on fait tout le contraire. Tout ce qui pourrait apporter de l'intelligence, apporter du débat, de la réflexion, on l'écarte parce que la réflexion, c'est l'ennemi de l'État, c'est l'ennemi du capitalisme ; la réflexion populaire surtout car, ne nous y trompons pas, les autres, là-haut, ils réfléchissent, ils ont les armes (...)

RM : Pour revenir à Béziers, sur le plan de la culture, les premières conférences, c'est Eric Zemmour, De Villiers et Dieudonné. Est-ce qu'on annoncera un jour Daniel Villanova ?

DV : On peut toujours l'annoncer !

RM : Certains artistes ont décidé de boycotter, c'est votre cas ?

DV : Ah bien sûr ! On ne me verra pas, évidemment, dans une quelconque manifestation culturelle organisée, chapeautée ou même motivée par Robert Ménard ou le Front National.

RM : Et pourtant c'est aux Biterrois qu'il faudrait aller parler

DV : Tout à fait, je ne fais pas l'amalgame. Je suis en total désaccord avec Robert Ménard évidemment et toute son équipe, avec les idées qu'il professe, je ne veux pas considérer Béziers comme une ville de pestiférés. Il y a à Béziers des gens qui valent la peine d'être soutenus. Je l'ai fait d'ailleurs récemment pour l'ABCR et la scolarisation des enfants Roms, pour essayer de les aider. Je signale quand même que les difficultés qu'ils connaissent sont dues à des restrictions de budget de la part du Conseil Régional... socialiste !

RM : Justement ce n'est pas une ville de pestiférés, il y a des citoyens qui disent qu'il se passe aussi des choses bien à Béziers, qu'elles sont cachées, que la communication de la Mairie est en train d'étouffer culturellement cette ville et qui ont décidé de publier un contre-journal. Vous étiez au courant de cette initiative ?

DV : Non, pas du tout, vous me l'apprenez ! C'est une bonne chose à partir du moment où ce sera un espace de libre expression, où on pourra dire des choses qu'on n'entend pas ailleurs, c'est ça l'important : de ne pas créer des espaces où on répète le discours dominant quel qu'il soit d'ailleurs, de droite ou de gauche, la question n'est plus là mais créer des espaces où on va pouvoir entendre des avis divergents, une réflexion. Je crois que c'est cela dont on a le plus besoin.

Il ne faut plus regarder en haut mais à côté de soi

RM : Alors s'il n'y a plus ni droite ni gauche parce que c'est pareil, qu'est-ce qu'il reste ? Y a le Front National mais pourtant ce n'est pas possible, l'intelligence humaine est capable d'inventer autre chose !

DV : Oui, l'idéologie dominante, c'est toujours l'idéologie de la classe dominante. En ce moment je trouve qu'on a une vision toujours verticale de la société. On est le citoyen de base. Pour pouvoir fonctionner en société, on construit une pyramide qui aboutit au Chef de l'État qui lui, fait ce qu'il veut. Dans le religieux, c'est pareil ! Je pense qu'il faudrait penser la société d'un point de vue horizontal. Ce qui existe, c'est moi et ceux qui sont à côté de moi. Pour aboutir à une démocratie horizontale, il ne faut plus regarder en haut mais à côté de soi. Les gens ne connaissent plus leurs voisins ! Cette horizontalité inclut des notions de fraternité, de proximité des gens (...). À partir du moment où la verticalité s'installe, elle finit par échapper à tout le monde. Actuellement, on n'a plus aucun contrôle sur ce qui est fait. Les gens ne sont pas contents mais comment le faire savoir ? (...) Droite, gauche, actuellement ces mots-là n'ont plus de sens, cette opposition en tout cas, ils défendent le même système. Ce que je propose, c'est de travailler à des réseaux horizontaux, des espèces de communautés d'esprit, un esprit qui traverse la société, un esprit d'égalité et de fraternité qui a complètement disparu, ce sont devenus des mots creux !

RM : A Bourougnan1, il y a une vraie vie de village ?

DV : Bien sûr ! C'est pour ça que je chante Bourougnan, que je m'y suis installé et que depuis des années je travaille avec eux, je vis à Bourougnan !

RM : Bourougnan a voté Front National ?

DV : Oh non ! Bourougnan est loin de voter Front National ! Bourougnan, c'est mon village, c'est le domaine de l'enfance mais également un Bourougnan extrêmement actuel qui nous rappelle que l'on peut vivre les uns à côté des autres, de manière solidaire. Avec nos différences, parce que les personnages, ils se carcagnent entre eux mais ne peuvent se passer les uns des autres, c'est ça que je chante. Ne nous uniformisons pas, n'essayons pas de ressembler à tout le monde, au contraire, affirmons une personnalité pour que justement elle rentre dans le tableau, pour que le tableau soit plein de couleurs (...)

RM : À propos d'idée, nous sommes à Sète, la ville de Georges Brassens, il a écrit une chanson "Mourir pour des idées", hautement libertaire, elle vous touche ?

DV : Mourir pour des idées est une chanson magnifique. Plutôt que tuer un ennemi, attendons un peu qu'on le change en ami. Elle est pleine d'ironie, elle est pleine de clins d'œil, elle est pleine d'humanité et je pense qu'il faut semer l'amour et pas la haine, on récolte ce qu'on sème mais aussi ce qu'on s'aime, en deux mots, on le récolte aussi.

RM : On enverra cette parole à Robert Ménard ! Daniel Villanova, merci pour cet entretien et pour finir la tirade finale de votre dernier spectacle "À l'abordage " comme un pari sur l'avenir....

Daniel Villanova [extrait] :daniel villanova
Le monde est un théâtre, Mais quand vient votre tour
Ne prenez au sérieux, ni roi ni gens de cour
Dans ce grand jeu de rôles, établissez vos règles
On vous rêve moineau, eh bien faites-vous aigle
On vous envoie à droite, plantez-vous au milieu
On vous prend pour un sot, soyez sot périlleux
Ne soyez jamais là où on voudrait vous mettre
Ne croyez pas les Dieux, ne croyez pas les maîtres
Riez de leurs pouvoirs, refusez leurs traités
Leurs plans, leurs décisions, leurs rois et leurs projets
Ils ont fait leur métier de vous mettre des chaînes
Vivez en dehors d'un monde qui vous met à la peine
Et rien qu'en vous moquant, sans violences et sans haine
Refusez d'obéir à vos metteurs en scène

 

 (1) Bourougnan est un village mythique avec ses personnages pittoresques où se situent les histoires de Daniel Villanova