En ce début d'année, nous avons décidé de retourner à la rencontre de nos chèr(e)s Biterroises et Biterrois, cette fois-ci dans le centre ville, autour des halles et de la mairie.
L'idée aujourd'hui est de vous transmettre les interviews de vive voix.
En écoutant le document suivant, vous rencontrerez Géraldine, Christine, Will et Hassan.

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Nous avons tenté de découvrir et comprendre leur vision du monde, le tout en quelques instants partagés sur un bout de trottoir. C'est en effet bien ambitieux, mais ces rencontres sont pour autant riches d'humanité. Merci à Pierre pour la technique. À vous d'écouter !

Géraldine

« Bonjour je m'appelle Géraldine, j'ai 35 ans. Je suis dessinatrice et j'habite à Béziers depuis quelques années, en gros depuis 5 ans à peu près. J'ai une partie de ma famille qui est biterroise, depuis une dizaine d'années ; et puis le reste est un petit peu éparpillé : dans le sud de la France, à Paris.

Est- ce que vous avez des enfants ?

J'ai un fils qui est biterrois pure souche ! Et qui a un an et demi.
Quelles sont les valeurs qu'il est important pour vous de lui transmettre ?
La confiance en soi. L'amour et la confiance en soi. C'est le rôle des parents, ce que j'ai envie de transmettre à mon fils.

Est-ce que vous pensez que l'environnement dans lequel vous évoluez aujourd'hui est propice au développement de ces choses qu'il est important pour vous de lui transmettre ?

Oui, tout à fait. Je pense que quel que soit l'environnement, on peut se développer. Avec amour, avec confiance en soi, en fait, on peut être transporté à peu près dans n'importe quelles circonstances et arriver à les dépasser. Et c'est pour ça que ça me semble très important. Parce qu'il faut être optimiste, croire qu'on peut arriver à changer les situations et les rendre meilleures. Et puis Béziers, je trouve, est en plus une ville très agréable. Pour moi, pour un petit enfant, c'est vraiment un endroit idéal pour grandir. La question se posera peut être un peu plus tard, mais pour l'instant je trouve que c'est un lieu très chouette.

Et qu'est-ce qui est chouette à Béziers ?

La situation géographique est assez exceptionnelle ; la vie est très douce, on y mange bien, il fait beau, il y a une sorte de douceur de vivre à Béziers, qui est assez rare finalement. Et puis, il y a un côté un peu ville arrêtée, arrêtée dans le temps ; du coup on est pas gênés par les panneaux publicitaires, un peu le côté débile de certaines grandes villes. Je trouve que Béziers y échappe assez. Alors après, effectivement, on peut regretter que se soit un petit peu mort par moments, mais moi ça me convient assez finalement. Et après, c'est plein d'atouts en fait : l'arrière-pays est magnifique, c'est une très belle ville, et puis agréable à vivre je trouve. Le rythme est agréable, les gens prennent le temps de se parler. Enfin moi j'y ai beaucoup de plaisirs, en tous cas.

Que pensez vous de l'hyper médiatisation de Béziers depuis quelques mois ?

Je trouve ça assez fatiguant (elle rit). Je trouve ça assez fatiguant d'un point de vue interne à la ville, c'est-à-dire le fait d'être tout le temps soumis à une sorte de pression d'images, de flux de paroles de la municipalité qui s'affiche un peu partout. Je trouve ça un peu fatiguant. Et par ailleurs je trouve ça dommage de faire valoir Béziers pour des choses totalement négatives, de mon point de vue. Et je pense qu'il y aurait d'autres choses à faire valoir sur un plan national, comme par exemple tout l'attrait que peut représenter Béziers pour tout un tas de gens qui voudraient s'y installer. Et puis surtout au sein de la région, faire venir un peu des Montpelliérains ; que les gens ne considèrent pas que c'est le triangle des Bermudes et qu'ils aient envie d'y venir. Je ferais tout l'inverse en fait, je parlerais de Béziers pour ce que ça a de positif. Et pas pour les crottes de chiens, le linge aux fenêtres et toutes ces... finalement, c'est assez anecdotique et puis c'est pas très intéressant.

Quels seraient vos vœux pour cette nouvelle année ?

C'est difficile de formuler des vœux avec ce début d'année qu'on a eu qui est quand même assez sordide. De toute façon, je suis assez nulle en vœux (elle rit), peut-être que les gens se prennent un peu en main et qu'ils choisissent un peu de leur vie. »

 

Christine


« Bonjour je m'appelle Christine. J'ai 48 ans. Je suis née à Béziers. Je suis agent de service. Mon père, je l'ai perdu très jeune et ma mère était auxiliaire de vie.

Est-ce que vous avez des enfants ?

Oui deux.

Et qu'est-ce qu'il est important pour vous de leur transmettre ?

Le respect en premier. C'est d'ailleurs ce que je m'évertue à faire tous les jours. Mais ça paye pas tout le temps. Eux respectent mais ils ne sont pas respectés, donc voilà.

Est-ce que vous pensez que l'environnement dans lequel vous évoluez aujourd'hui est favorable à l'épanouissement de ces choses qu'il est important pour vous de leur transmettre ?

Non pas du tout. Je pense que les gens n'apprennent pas à respecter les autres. Surtout dans la jeunesse. Les jeunes ne respectent plus rien maintenant. Et je trouve ça très dommage.

Dans votre quartier ? À Béziers ? En France, dans le monde ? Les jeunes... ? Parce que vos enfants, eux ils respectent ?

Oui, eux oui, attendez, pas tous. Mais une grande majorité ne respectent plus : on ne respecte plus les profs, on ne respecte plus les personnes âgées, dans le bus on ne se lève plus comme avant. Moi je le vois et ça me choque souvent.

Et qu'est-ce qu'on peut faire pour ça ?

(Elle rit) Alors là ! Il y a du travail, mais je ne sais pas quoi. Je ne sais pas comment ça peut être réglé ça. Pour changer ça, je ne sais pas.

Quels seraient vos vœux pour cette nouvelle année ?

La paix dans le monde, mais alors là je crois que c'est vraiment utopique (elle rit). Mais on espère ! »

 

Will


« J'ai 33 ans et je vis depuis 9 ans à Béziers. Avant je vivais à Poitiers, j'étais dans un centre d'entraînement par rapport à l'athlétisme. Et là, encore par rapport au sport, je me suis retrouvé à Béziers. Ma famille n'habite pas dans la région. Enfin, ma petite famille habite dans la région, mais sinon mes parents habitent encore en Côte d'Ivoire. Je vis avec ma femme et mon enfant ici.

C'est quoi ce qu'il est important pour vous de lui transmettre ?

Le respect, la première des valeurs selon moi. Ce serait bien de commencer par ça, et après pour le reste on verra. Le reste ça viendra, je fais confiance à l'éducation de l'école et à l'Éducation Nationale. Et on verra, on va essayer de s'adapter.

Est-ce que vous pensez que l'environnement dans lequel vous et votre enfant évoluez aujourd'hui est favorable à l'épanouissement de ces choses importantes à vos yeux ?

Oui. Jusque là je pense que ça va. C'est une ville où on a accès à pas mal d'activités. Et je pense que pour un enfant, en allant vers certaines activités, c'est bon pour un développement, que ce soit psychologique ou physique. Pour moi, ça me va.

Et c'est quoi les activités, en fait ?

Il y en a plein ! Je travaille dans l'athlétisme, et il y a plein d'activités autour d'ici : l'équitation, le tir à l'arc... des trucs qui n'ont rien à voir avec ce que moi je pratique à la base. Ce qui me permet de faire découvrir à mon enfant de nouvelles activités. Il y en a plein : l'accrobranche, les balades en quad... franchement si je commence à vous les citer, je crois qu'on passe la soirée. Pour moi ça va, il faut juste trouver l'endroit où pouvoir les pratiquer, et sinon, y a des adresses, il y a tout pour ça.

Qu'est ce que vous pensez du fait que Béziers soit hyper médiatisé depuis quelques mois ?

(Il rit) C'est parce que c'est Ménard ! Mais, comme je dis, je ne fais pas de politique. C'est ça le truc, je ne vote pas, même pas dans mon pays je ne vote pas. Parce que, en fait, je viens d'un pays où il y a eu la guerre, donc la politique je m'en méfie. Je ne comprends rien, mais rien du tout. Je sais que tout le monde est sous pression par rapport à quelque chose, mais je ne comprends rien. Je préfère me retirer et faire le bien pour les gens qui sont autour de moi. Mais Front National ou pas... Ça fait neuf ans que je suis ici et il y a forcément certaines choses qui ont changé, parce qu'un maire, quand il vient, il faut qu'il fasse... nous on appelle ça du boucan, pour choquer les esprits, pour dire qu'il est là. On verra la suite. C'est le début, pour le moment il met des coups de pression. C'est vrai que la police est plus stressée, ils sont beaucoup plus stricts. Mais dans toute politique, c'est comme ça. Il y a beaucoup de choses qui ont changé, mais après en bien ou en mal, chacun son jugement, y a forcément du bien et du mal. Moi je ne le prends pas par rapport à son côté FN, il a besoin de sous pour faire sa campagne politique le monsieur, il a pris ceux qui étaient prêts à financer sa campagne, et basta. Voilà. Après, il va pas défendre les camps des nazis et tout le bordel...

Quels sont vos vœux pour cette nouvelle année 2015 ?

Bonheur, santé... ! »

 

Hassan

« J'ai 33 ans, je suis marocain. Ça fait presque six ans que je suis en France. Avant j'étais sur Paris et après je suis venu ici. J'ai de la famille à Paris, mes sœurs, mes frères... mais ici j'ai ma femme. Pour l'instant je suis au chômage. Je viens de finir un contrat d'insertion, fin novembre.

Et vous faisiez quoi comme travail ?

Travaux publics.

Est-ce que vous avez des enfants ?

Oui, j'ai une petite fille. Elle va avoir 5 ans.


Qu'est-ce qui est important pour vous de lui transmettre ?

L'éducation pour qu'elle soit quelqu'un de bien : une petite fille qui est gentille, polie, un peu discrète.

Est-ce que vous pensez que votre environnement est propice à l'épanouissement de ces choses que vous voulez lui transmettre ?

Pas trop. Non, pas trop parce qu'il y a du dérangement. Les gens ne sont pas très sympas. Parfois dans le bus, d'autres fois dans le magasin... Et puis il se passe plein de choses un peu cachées, il y a du vol, de l'agression, il y a plein de trucs...

Qu'est-ce qu'on pourrait faire pour que ça soit mieux ?

(Il rit) Pour que ce soit mieux ? Je ne peux rien dire par rapport à ça. On peut rien faire et je ne peux rien. Moi, je ne peux rien, parce que je suis comme tout le monde. J'essaie de m'intégrer.

Et si vous dirigiez, vous feriez quoi ?

Si je dirigeais, pour commencer, je trouverais de quoi occuper les gens. Un travail ou autre truc... C'est le « rien faire » qui fait des problèmes. Quand les gens n'ont rien à faire, ils sont plantés dans les coins. Et alors c'est obligé, si une fille passe, ils lancent des mots ; si quelqu'un qui ne leur plaît pas passe, ils lancent des mots. S'ils avaient un petit boulot, une formation...

Si vous aviez des vœux à formuler, quels seraient-ils ?

J'espère que l'année 2015 soit pleine de paix, qu'on ne soit pas méchants entre nous, car on est tous des humains et on va tous mourir. »

 

Entretiens réalisés les 6 et 17 Janvier 2015