Un gouvernement ultraconservateur, une société verrouillée par une église catholique ultra intégriste : quelque part en Europe le modèle politique prôné par l'Opus Dei, Robert Menard et son épouse Emmanuelle Duverger existe. Il sévit en Pologne !

Par Didier

 

La question des présidentielles et des législatives à venir en France va inévitablement poser la question du modèle social, économique, moral qui en résultera. Nous mesurons tous la puissance décuplée qu'aurait une majorité de droite extrême ou d'extrême droite pour mener à bien son projet de refondation nationaliste. Alors un pays à l'échelle crypto intégriste du Béziers de Robert Menard ça existe ? Malheureusement oui et c'est en Pologne !


L'automne dernier, la Pologne a connu des mobilisations extrêmement massives contre l'interdiction totale du droit à l'avortement qui était souhaitée par le parti ultraconservateur au pouvoir ( Droit et Justice en Pologne : PiS ). Avant ce projet de révision constitutionnelle, l'IVG n'était autorisée en Pologne qu'en cas de mise en danger de la vie de la mère, de malformation du fœtus ou de grossesse résultant d'un viol ou d'un inceste.

De fait, comme en France avant la loi Weil, les femmes qui veulent avorter en Pologne doivent se rendre à l'étranger ou acheter des médicaments sur internet pour interrompre leur grossesse. La loi précitée Polonaise date de 1973, elle est déjà le résultat d'un accord entre le gouvernement de l'époque et l'église catholique, baptisé « le compromis ». Ce « compromis » en dit long sur les rapports de force passés et en cours dans la société Polonaise.

 

Une pétition qui réclame l'interdiction totale de l'avortement

 

Sans cesse remise en cause depuis 1973 parce que trop libérale, la loi de 1973 a été constamment attaquée par l'extrême droite civile et cléricale. L'automne dernier, la première ministre du PiS a franchi le pas de la dénonciation du cadre existant. Face aux manifestations monstres qui ont secoué la Pologne, le gouvernement ultraconservateur a été obligé d'abandonner le projet initial. Pour autant, ce même gouvernement cherche aujourd'hui à dépasser son échec en remettant en cause une des conditions actuelles qui permettent de pratiquer une IVG, la malformation du fœtus.

Plus grave, le même gouvernement envisage de verser une indemnité de 1000 euros aux femmes qui, malgré des problèmes médicaux avérés, décident de mener à terme leur grossesse. Cette question de l'avortement est une question centrale en Pologne car elle fait interface entre l'église catholique Polonaise et la société civile. Eglise catholique et son clergé qui est majoritairement à l'extrême droite au point de penser comme Robert Menard que le pape François est un dangereux gauchiste.

Ce 12 janvier 2017, un groupe intégriste ouvertement lié à l'Opus Dei chère à Robert Menard et son épouse Emmanuelle Duverger, "Ordo Iuris", a soumis une pétition au parlement Polonais. Une pétition qui réclame l'interdiction totale de l'avortement. Un nouveau combat s'annonce donc pour les progressistes Polonais.

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L'autre question démocratique en Pologne est le libre accès des médias au Parlement. Le vote du budget national 2017 s'est ainsi réalisé en catimini entre élus du PiS, en l'absence de l'opposition et des médias, sans décompte des votes individuels. Des médias et une opposition aux ordres ou exclus, on retrouve, là aussi, un fort penchant Menardo biterrois ! De fait, la Pologne est actuellement dirigée par un président de parti qui décide seul à la place des élus en poste. Pour les démocrates, ce qui est en jeu actuellement en Pologne, c'est la liquidation d'un état de droit et de la constitution qui régit le pays depuis 1998.


Autre similitude avec les projets sociétaux de Robert Menard, l'arrivée au pouvoir du PiS à l'automne 2015 a enclenché une réforme imminente de l'éducation qui vise à imposer une narration nationaliste ultra catholique ( le nom de Lech Walesa n'est plus mentionné ).


Du point de vue des politiques sociales, le PiS pratique la sélection des bénéficiaires des allocations sociales, chère à notre maire.


L'autre similitude, c'est le refus des politiques migratoires européennes. L'Union européenne s'accommode très bien du régime catholico-intégriste et nationaliste en place car, si elle parle vaguement de sanctions face aux manquements démocratiques, elle ne les met pas en place.


La situation en Pologne aujourd'hui nous démontre :


- qu'un projet Menardo biterrois peut trouver sa place dans un état européen,
- que le "OZ TA DROITE" municipal peut être boosté par les élections présidentielles et législatives,
- que des attaques totalement rétrogrades déjà menées à l'échelon municipal seront décuplées à l'échelon national,


Face à ce danger, le premier enjeu est une défaite de la droite extrême et de l'extrême droite aux prochaines élections présidentielles et législatives.
Le second enjeu, en cas de victoire électorale des mêmes, deviendra les mobilisations unitaires immédiates à construire contre les inévitables attaques déjà listées dans l'expérience municipale Biterroise et dans l'expérience nationale Polonaise.