A Béziers : chaque quinzaine, l'injure et la calomnie sont à la une du JDB comme dans la presse des années trente. Le 6 février 1934, l'extrême droite ne réussit pas à renverser la République. Elle a pourtant organisé une manifestation anti parlementaire qui dégénère en émeute, place de la Concorde à Paris. Cette manifestation, d'une rare violence, fait au moins 15 morts.

Par Didier,

De ce putsch raté, les ligues d'extrême droite gardent une haine qui est distillée dans la presse nationale : le quotidien « l'Action Française », les hebdomadaires « Je suis partout » et « Gringoire ».
Dans cette période, l'Action Française est publiée à 70 000 exemplaires, Gringoire à 600 000 et Je suis partout à 50 000.
Le crédo commun de ces publications est le nationalisme, l'antidémocratisme, l'antiparlementarisme, la xénophobie, l'antisémitisme et l'anticommunisme.
L'injure, la calomnie, l'attaque nominale, la calomnie, l'appel à la haine, la désignation de boucs émissaires constituent le fil conducteur d'une presse qui mêle violence verbale et appel à la violence physique.
Charles Maurras, chroniqueur de l'Action Française, attaque Léon Blum en le traitant de "détritus humain, un homme à fusiller mais dans le dos" (9 avril 1935). De fait, le futur président du conseil, Léon Blum, échappe par miracle au lynchage, lors d'une agression par les "Camelots du Roi" le 13 février 1936.
Après la victoire du Front Populaire en mai 1936, l'Action Française mène une campagne de diffamation contre le nouveau ministre de l'intérieur Roger Salengro, qu'elle accuse de désertion pendant la guerre de 14 / 18. Totalement laminé par la perfidie, Salengro se suicide le 18 novembre 1936.
Ces évènements dramatiques ne sont pas sans rappeler les attaques Ad Nominem menées par Robert Ménard dans le JDB contre toute l'opposition municipale, de droite comme de gauche, contre l'opposition au sein de l'agglo, contre des militants de le cause palestinienne, contre les associations, contre les lieux de culte.
Nous nous rappelons tous ces unes du JDB remplies de haine où des opposants étaient la cible de la vindicte du premier magistrat de la ville.
L'histoire montre que loin d'être de simples pamphlets, ces propos sont de véritables appels au crime. Avant qu'un crime n'intervienne, il convient de dénoncer de la manière la plus large possible ces attaques Ad Nominem.
Ce, quels qu'en soient les destinataires !