On ne peut pas faire un copié-collé entre les situations politiques et sociales de juin 1936 et juin 2016. On ne peut même qu'être en désaccord avec les nouveaux convertis (les Finkielkraut et Onfray) qui voient dans l'Islam, la réincarnation du fascisme Hitlérien et Mussolinien.

Par Didier

 

On peut par contre établir des convergences et des différences.


La première des convergences est bien entendu un mouvement social d'ampleur qui dure : près de 2 mois en 1936, près de 4 mois en 2016. La seconde est sûrement la montée des fascismes partout en Europe. Par une étrange coïncidence avec les années 30, l'Autriche a failli se doter en 2016 (à 30 000 voix d'écart !) d'un président d'extrême droite. La troisième reste bien sur une crise économique mondiale et une remise en cause généralisée des acquis sociaux.


La première des différences est la raison des conflits armés internationaux. Présenter la guerre civile Syrienne en 2016 comme la réincarnation de la guerre civile Espagnole en 1936 est une aberration intellectuelle. Comment peut-on comparer une république élue démocratiquement qui lutte contre un coup d'état militaire, avec un régime dictatorial qui lutte pour sa survie ? La deuxième des différences est la question de la dynamique unitaire en France. En 1936, un cycle de mobilisations unitaire de 2 ans a précédé l'irruption des grèves et la venue au pouvoir d'un gouvernement de Front Populaire.

 

En 1936 le gouvernement Blum créait les conventions collectives, en 2016 le gouvernement Valls les supprime

 

En 2016, nous sommes dans un processus de décomposition / recomposition de la gauche. La troisième des différences est la nature du PS (la SFIO à l'époque), internationaliste et marquée par le marxiste en 1936, elle n'était pas gangrénée par la conversion au libéralisme et n'avait pas fait du capitalisme un horizon indépassable. La dernière et la plus importante des différences est ce qu'a fait le gouvernement Blum et ce que fait le gouvernement Valls. En 1936 le gouvernement Blum créait les conventions collectives, en 2016 le gouvernement Valls les supprime.

 


A l'heure où ces lignes sont écrites, en juin 2016, nous ne savons pas si la victoire sera au rendez-vous des mobilisations contre la loi travail. Nous savons par contre qu'en juin 1936 les salariés se mobilisaient contre le patronat et pas contre le gouvernement Blum. C'est une grosse différence, qui aura de grosses conséquences.