...deux amies devenues des citoyennes militantes du Biterrois
Par DG Rojoy Verde


N4 1Sara Berenguer naît en 1919 à Barcelone, la plus grande cité ouvrière de l’Espagne d’alors. Sa prise de conscience politique commence après des études interrompues à l’âge de douze ans. Elle découvre la dureté des conditions de travail en usine et les inégalités de traitement infligées aux femmes. Elle prend réellement part à l’activisme anarchiste lorsqu’éclate la Guerre civile. Elle veut y participer, et ce d’autant plus après la mort de son père, combattant milicien décédé dans les premiers mois du conflit sur le front d’Aragon. Elle occupe différentes fonctions au Comité révolutionnaire et dans les Jeunesses libertaires de Barcelone. Elle est ensuite nommée déléguée des Mujeres Libres en 1937, puis devient secrétaire de propagande du Comité de Mujeres Libres de Catalogne. Elle s’exile en France en 1939 et participe à la Résistance. Après le retour de la paix, elle s’installe à Béziers en 1947 puis se fixe à Montady dans les années 1960 où elle commence la rédaction de poèmes à partir de 1963. Viendra ensuite l’écriture de ses récits autobiographiques, tirés de sa vie riche de ses expériences humaines : une résistante engagée, décorée de la croix de la Légion d’Honneur, une femme libre et autodidacte qui a œuvré au service du bien commun tout au long de sa vie avant de décéder dans la maison familiale de Montady en 2010.

 

N4 2Maria Suceso Portales Casamar naît en 1904 en Estramadure, une des régions les plus pauvres et les plus isolées de l’Espagne de l’entre-deux guerres. Elle commence sont militantisme anarchiste à partir de 1934. Remarquée pour son engagement, elle collabore à la naissance du mouvement Mujeres Libres, en participant à la rédaction de la revue du même nom. Quand éclate la Guerre civile, elle s’implique dans la Révolution et devient secrétaire du sous-comité national de Mujeres Libres à Valence en 1938. Elle est encore très active jusqu’à l’exil en 1939. Elle trouve refuge à Londres, d’où des années durant, elle n’aura de cesse de militer et de maintenir l’esprit de résistance à la dictature en Espagne. A cette fin, elle participe à l’écriture de nombreux articles puis réactive la formule Mujeres Libres en novembre 1964. C’est à partir de 1972 qu’elle vient s’installer en France à Montady, près de Béziers. Avec Sara Berenguer, elle continue d’imprimer et de diffuser Mujeres Libres jusqu’en 1976. Les années 80 lui permettent de retourner en Espagne et s’installer dans la province d’Alicante. Elle participe en 1997 aux commémorations des 60 ans de Mujeres Libres. Elle décède à Séville en 1999.