La mairie ne parle de l'école publique que pour déplorer son état, diffuser des photographies de salles qui tomberaient en ruine, avec une mise en scène de l'abandon. Il faut ficher les élèves, surenchérit Ménard, comme s'il fallait comprendre, repérer, surveiller pour mieux se protéger. Mais de qui ?

Par Clairette


Dés sa rentrée 2016, Le grand penseur de l’extrême droite s'est auto-félicité de s'occuper de la mémoire de Jean Moulin. Sûr de lui, il part ferrailler avec des professeurs, par médias interposés, pour les accuser de museler l'histoire, de répandre un «savoir institutionnel», forcément vicié.


Tout est bon pour détester l'air nauséabond que diffuserait l'école publique. Jamais défendue, l'école de tous est le totem de tous les maux. Avec les deniers des administrés, il vante l'installation d'une école innovante aux méthodes pédagogiques alternatives pour la modique somme de 3400 euros par an. Tout sauf le public !


Nicole Zenon n'est-elle pas élue frontiste au Conseil Départemental et directrice d'une école catholique du centre de Béziers ? Son mari est membre de la majorité municipale. Difficile de faire plus opposé à l'école publique.

« Les investisseurs dans l'école gratuite ont perdu la confiance des marchés »


Les responsables, donc investis de missions de service public, sapent le travail qu'ils sont en théorie chargés de défendre. Les autres autorités compétentes n'aident pas en multipliant des réformes qui n'ont pas arrêté l'effritement d'un système scolaire délaissé. Si en plus on va à l'école pour chercher du travail, à Béziers, alors il faut s'accrocher.


L'idée transcendante de se battre pour l'égalité des chances n'est pas une promesse qui fait se lever, résister. La reproduction sociale est prégnante, certes les élites vont parfois à l'école publique, laïque et gratuite mais est-ce la même école que la majorité des Biterrois ?


Isolés, les parents pensent l'éducation de leur enfant comme un service. L'éducation comme ascenseur social et outil d'émancipation n'est plus un but, pas d'objectifs efficients envisageables. Si tout se vaut, faisons jouer la concurrence.


A ce jeu, se tirent la bourre les tenants traditionnels de l'ordre et de l'autorité mais apparaît, sur le marché, des champions du bien-être de l'enfant. Adaptation, écoute, développement personnel sont plébiscités par des écoles différentes qui peuvent se targuer de défendre des langues, une culture régionale.


Ce patchwork d'établissements privés aux origines parfois très différentes est comparé à l'école publique. Incapable de porter les valeurs historiques, des ministres s'efforcent de faire bonne figure et instaurent des cours de morale ! C'est le monde à l'envers.


Inscrire son enfant à l'école publique, c'est refuser de facto la ségrégation sociale, supposer que nos enfants participent à la mixité sociale, qu'ils en sont les premiers maçons. C'est aussi semer chez eux ce qu'il reste de désir d'égalité et d'universalité et transformer nos défaites.