Laisser aux mains des multinationales agro-alimentaires le soin de nourrir la planète n’est pas sans dangers.

Par Gaudoneix


La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement a récemment mis en garde les gouvernements du monde. Elle affirme qu'il est essentiel de protéger les petites exploitations.

Le devoir des dirigeants n’est pas de mettre la planète à la disposition des entreprises, mais d’assurer la bonne gestion des graines, des sols, de l’eau, etc. Ils doivent s’assurer que l’alimentation est produite dans de bonnes conditions pour l’environnement et la société.

 

Il y va de notre souveraineté et de notre sécurité alimentaire.


Les Monsanto, Cargill, etc… imposent leurs semences, leurs produits phytosanitaires, une agriculture peu respectueuse de l’environnement et des consommateurs. Leur puissance financière leur permet de faire du lobbying et d’imposer leurs règles aux Etats (le brevetage du vivant, les OGM, l’étiquetage des produits, etc.). Exemple en Europe de l’Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire (EFSA) : en 2013, une enquête a montré qu’en moyenne, sur 10 membres des groupes de travail, 6 avaient des liens d’intérêt avec l’industrie agro-alimentaire. Nous assistons à la fin du contrôle citoyen sur la composition de nos aliments : c’est un premier pas vers la perte de notre souveraineté alimentaire. Ces multinationales font croire que grâce à elles, la faim dans le monde va disparaître : c’est exactement le contraire qui se produit. Leurs techniques impliquent l’utilisation massive d’engrais et de pesticides et une consommation d’eau colossale, qui représente au niveau mondial 70% des prélèvements d’eau douce. Ces méthodes appauvrissent les sols et diminuent le rendement des exploitations à l’échelle d’une génération.


L’agronome indienne Vandana Shiva, poil à gratter de Monsanto &Co, montre combien la taille des entreprises est cruciale. Il faut que « les hommes puissent exercer leur faculté la plus importante : l’attention pour autrui et pour la nature ». C’est pour cette raison que les petites fermes produisent plus que l’agriculture industrielle. Nous assistons d’ailleurs à la renaissance de systèmes alimentaires basés sur des exploitations plus réduites. L’agriculture bio, qui se fait le plus souvent sur de petites exploitations, est en pleine croissance : une augmentation de 25% dans le monde et de 35% en Asie.

 

Les semences paysannes sont le résultat de milliers d’années d’utilisation, d’expérimentation par les fermiers.


Elles sont adaptées au climat et aux sols des lieux où elles sont plantées. L’industrie semencière, pour des raisons de standardisation et de profit, n’a retenu que quelques espèces qu’elle vend partout à travers le monde. Les semences paysannes donnent des aliments plus riches : les nouvelles variétés de blé produites par l’industrie semencière renferment moins de 4% de protéines alors que le blé traditionnel en contient 9%. Idem pour le soja OGM.
Les semences hybrides ou les OGM produits par les trusts agro-alimentaires ne sont donc pas un progrès pour l’humanité. Aujourd’hui, ces grands trusts veulent nous imposer les OGM. Leur propagande veut nous faire croire que leur culture serait la solution pour nourrir l’humanité. Si les OGM étaient aussi efficaces, les Etats-Unis devraient faire mieux que l’Europe qui n’en utilise pas. Or, les indicateurs comme efficacité, production, traitements et rendements montrent que c’est le contraire.


Nous voyons tous les camions venus d’Espagne déverser dans l’Europe entière la production de fruits et légumes issus de cette agriculture intensive, industrielle et chimique que l’on retrouve dans les rayons des supermarchés et que l’on croit moins chère. Pourtant cette agriculture intensive que l’on pratique aussi en France, génère des coûts colossaux que nous payons à travers nos impôts (infrastructures pour assainir les eaux polluées par les pesticides, pour faire circuler cette noria de camions, etc.) Les demandes des grandes enseignes de la distribution (Auchan Carrefour, Casino, Intermarché, Leclerc et Magasins U) conditionnent fortement la production agricole : approvisionnement douze mois sur douze, produits calibrés et sans défauts, limitation du nombre de variétés, gros volumes, prix bas, etc. Toutes ces contraintes rendent indispensables le recours aux pesticides. Les agriculteurs n’ont plus le choix, ils abusent d’intrants chimiques pour respecter le cahier des charges de la grande distribution.

 

Tout cela pour valoriser une nourriture pauvre et sans goût.


Il est temps de retrouver la raison, le bon sens de produire une alimentation de proximité, une alimentation que le citoyen pourra contrôler. C’est le but de ce dossier. Auprès de chez nous, il existe des travailleurs de la terre, agriculteurs, éleveurs qui ont fait le pari de produire une alimentation respectueuse de l’environnement et des personnes. Et ils en vivent correctement. Ce dossier passe en revue à travers différents témoignages, ce qui existe sur et autour de Béziers comme alternative à cette alimentation industrielle. En intégrant ces circuits courts, vous bénéficierez d’une alimentation plus saine, vous recréerez du lien social et vous lutterez contre les émissions de gaz à effet de serre. Saviez-vous que 10 à 20 fois plus de pétrole sont nécessaires pour acheminer en avion un fruit produit sur un autre continent comparé à un fruit local et de saison ?