Cet article fait suite à un entretien avec Thierry COLLIGNON, agriculteur bio et militant1. A Béziers, il n'existe pas d'AMAP, mais environ 10 Paniers Paysans.

Par Khan Did

 

Les perspectives seraient de constituer une ceinture verte périurbaine...


Ils sont des assortiments de légumes et fruits de saison que le consommateur s'engage à prendre à intervalles réguliers au producteur, soit sur son lieu de vente, soit par livraison à domicile. Le producteur décide de ce qu'il met dans le panier. Circuit court, contact direct, et saisonnalité sont respectés. Des entreprises, des plateformes d'achat sont ainsi approvisionnées par livraison.
 Apparemment, ce système aurait l'approbation de l'Agglo et du Département. Les perspectives seraient de constituer une ceinture verte périurbaine de façon à assurer l'indépendance alimentaire de la Ville. Il serait possible de disposer à bas prix de terres arables (par exemple, le département possède 150 ha à SortieOuest), de façon à y installer de jeunes agriculteurs en coopérative pour le matériel agricole, obligation leur étant faite de livrer une quantité prédéfinie de fruits et légumes pour les cuisines centrales, les EHPAD (établissements d'hospitalisation pour personnes âgées dépendantes), éventuellement l'hôpital, les cantines... Ces commandes leur assureraient des débouchés fermes pour leur production.

 

...de façon à assurer l'indépendance alimentaire de la Ville


Ceci supposerait une formation à l'agriculture paysanne de 2 à 3 ans pour des jeunes bénéficiaires du RSA ou en échec scolaire. A titre d'exemple, cette année, 75 candidats à cette formation (Brevet Professionnel Agricole) se sont présentés à Béziers. Seuls 12 ont été formés. La conjonction terrains à bas prix-mutualisation des moyens mécaniques-assurance de débouchés lèverait les obstacles classiques et décourageants à l'installation de jeunes agriculteurs.
Il serait nécessaire de maintenir les petites exploitations en activité dans leur dimension de lien social. En effet, elles prennent en charge des enfants déscolarisés, voire toxicomanes en postcure (qui est marquée très souvent par la rechute) ou en sortie de prison. Il conviendrait de prévoir des contrats de partenariat avec les centres d'addictologie, les hôpitaux, les établissements scolaires ou professionnels, les SPIP (Services Pénitentiaires d'Insertion et de Probation), Pôle emploi, contrats simplifiés et rapides afin d'accueillir ces personnes fragiles et de les remettre en contact avec la réalité et l'utilité sociale. Beaucoup de ces contrats dépendent des départements qui ont en charge le social. De nombreuses expériences sont d'ores et déjà en cours et les paysans sont partants pour ces expériences qui sont souvent positives, motivantes mais qui demandent du temps. Il faudrait dégager des crédits pour les dédommager, à condition qu'ils s'engagent à maintenir une agriculture respectueuse de l'environnement.

 

s'affranchir des banques


Dans un autre domaine, celui du logement, il pourrait être proposé à des gens en galère de logement de réaliser, sous la tutelle d'étudiants en école d'architecture, des logements à base de matériels récupérés, bois, ou recyclés (compaction de plastiques) dont ils disposeraient pour un loyer symbolique sur des terrains détaxés, ce qui fixerait en outre des entreprises de récupération et de recyclage de matériaux. Enfin, pour l'énergie, Enercoop en particulier promeut l'électricité verte et locale, notre territoire disposant de 3 atouts, le soleil, le vent et la mer. Il importe de créer là aussi des circuits courts visant à acquérir l'autonomie et l'indépendance de villages, quartiers des villes, à l'image de l'île de Sein 2. Les systèmes d'acquisition et d'exploitation sont coopérateurs et permettent des achats groupés, économiquement favorables pour les entreprises locales et des mutualisations de moyens.

Un système comparable pourrait être mis en place au niveau des mutuelles et assurances, de façon à protéger le citoyen aux dépens des grands groupes. Enfin, la création d'activités d'échange de services, voire de troc, et de monnaies locales, déjà en place dans quelques villes de France et d'Espagne permettrait de s'affranchir des banques et de privilégier celles qui, comme la NEF3 et de rares autres, sont au service de l'activité et non de la spéculation et du soutien à des activités néfastes sur le plan social et environnemental.

 

1) : Thierry Collignon est – entre autre - producteur de Kiwi à « La plantation » à Sérignan. Diplômé HEC et ancien directeur d'agence bancaire, c'est pour des questions d'éthique que Thierry a décidé de quitter  le monde de la finance pour se reconvertir dans l'agriculture.

2) : http://www.reporterre.net/La-bataille-de-l-Ile-de-Sein
3) : http://www.lanef.com/