Le marché paysan du samedi matin, place de la Madeleine. Je savais que le marché du samedi matin à la Madeleine était un marché bien particulier, mais je ne savais pas vraiment en quoi. Pour en apprendre davantage, je suis allé voir, un vieil habitué de la Madeleine, Michel.

Par Jean-François Gaudoneix

 

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J.-F. G. : Michel, sais-tu depuis quand ce marché du samedi matin existe à la Madeleine ?
Michel : Et bien, le marché a fêté ses vingt ans en 2014.


J.-F. G. : Qui est à l’origine de sa création ?
Michel : C’est un groupe de militants du CIVAM (Centre d’Initiatives pour la Valorisation de l’Agriculture et du Milieu rural) qui est à l’initiative de sa création.


J.-F. G. : Quelle est la particularité de ce marché ?
Michel : Il a plusieurs spécificités. C’est d’abord un marché de produits bio ou paysans. C’est un lieu de rencontre entre producteurs et consommateurs. Il y a même la possibilité de visiter les exploitations des producteurs du marché. A la Madeleine, les commerçants ne vendent que ce qu’ils ont produit. Ces producteurs se sont regroupés en association (Association Marché Paysan de Béziers) qui a une assemblée générale annuelle. Le Marché Paysan de Béziers s’est même doté d’un règlement intérieur très exigeant. Cette association regroupe les producteurs du marché, mais aussi quatre consommateurs qui ont droit de vote lors de l’AG.


J.-F. G. : Quatre  consommateurs dans l’association ? Et que font-ils ?
Michel : Oui quatre consommateurs, et il peut y en avoir d’autres si le marché prend de l’ampleur. Ils sont ainsi informés du fonctionnement, participent aux débats, et s’occupent en particulier des animations, comme une tombola, les dégustations, la tenue d’un stand à la journée des associations sur les Allées Paul Riquet. Ce fonctionnement  permet aussi d’avoir un œil, et d’éviter certains abus possibles : c’est le rôle du consom’acteur.


J.-F. G. : Qu’entends-tu par consom’acteur ?
Michel : Le contact et le dialogue direct entre consommateurs et producteurs facilitent une meilleure relation humaine bien sûr, mais aussi une meilleure connaissance des désirs des uns, des conditions et contraintes des autres. Les consom’acteurs ont  par leur droit de parole et de vote lors des décisions collectives, l’expression d’une opinion de la part de clients.


J.-F. G. : Y a-t-il eu des refus ?
Michel : Oui, par exemple, parce qu’un producteur ne produisait pas tout ce qu’il vendait, il s’approvisionnait chez d’autres producteurs.


J.-F. G. : Combien y a-t-il de stands ?
Michel : On compte aujourd’hui 21 commerçants inscrits, mais certains ne viennent pas toutes les semaines : il y a des « intermittents » et des saisonniers.


J.-F. G. : Y trouve-t-on de tout à ce marché bio ?
Michel : Bien des choses. Du pain produit en partie avec la farine d’un paysan boulanger, des légumes, des coquillages, du miel, du vin, de la viande (du bœuf et du veau bio, du mouton, de l’agneau et du porc fermiers), de l’huile d’olive, des œufs bio, des confitures, du jus de raisin bio, des fruits de saison bio, de la charcuterie artisanale, de la volaille fermière (poulets, pintades, chapons, canards), des fromages de brebis et de chèvre bio. Et même des escargots, de la spiruline, et bien d’autres choses encore… Et récemment, on compte aussi une artisane qui vend ses paniers.


J.-F. G. : Et quelle est la clientèle du marché ?
Michel : C’est avant tout une clientèle d’habitués qui vient spécialement pour les produits qui s’y trouvent. Une clientèle de quartier, et la présence du parking souterrain permet aux plus éloignés  d’y venir facilement.
C’est sans doute un peu plus cher que dans les supermarchés,  mais la certitude d’avoir des produits frais, locaux, issus d’exploitations paysannes, avec des critères de qualité et d’originalité, de consommer avec l’image d’un producteur, plutôt qu’avec le nom de la marque ou les images de la pub.

J.-F. G. : D’où viennent ces producteurs ?
Michel : La plupart de l’Hérault, de Lunel, de Riols, d’Hérépian, de Thézan-lès-Béziers, etc., mais aussi du Tarn.


J.-F. G. : Ces producteurs ne font-ils que les marchés ?
Michel : La plupart, oui. A Béziers, on retrouve certains de ces commerçants au marché paysan du mercredi place Jean-Jaurès, et dans bien d’autres marchés de la région. Certains vendent aussi dans des boutiques de producteurs de l’Hérault.


J.-F. G. : Que dire de plus pour inciter les gens à venir à ce marché de la Madeleine ?
Michel : Les producteurs locaux sont tenus de respecter la « charte » du marché paysan.  La qualité des produits, la traçabilité, la fraîcheur des aliments sont certifiés. Tous ces producteurs travaillent en respectant le consommateur. On ne peut pas en dire autant de toutes les productions agricoles que l’on trouve dans les supermarchés ou les grands marchés.
J.-F. G. : Ce sont en effet d’excellentes raisons de fréquenter ce marché paysan.