C'est dans le quartier des Faubourgs à Béziers que se trouve sans doute l'une des plus remarquables manières d'appréhender l'inondation : il ne s'agit pas de l'empêcher, mais d'être conscient des risques sans en être pétrifié, de « vivre avec ».

Par Samson

Alors que les digues ont fleuri au bord de la plupart des villes méditerranéennes inondables, ce quartier fait figure d'exception. Malgré les inondations de 1996, Raymond Couderc a fait le choix de ne pas endiguer le quartier.

 

ponts

 

Alors comment gérer les inondations ? En changeant son rapport au fleuve. « Il n'y a pas d'autre monde. Il y a simplement une autre manière de vivre » disait Jacques Mesrine. Une stratégie nouvelle a été mise en place : s'adapter au fleuve en renforçant la culture du risque chez les habitants et en favorisant l'écoulement naturel de l'eau. Par exemple, le Syndicat intercommunal Béziers-la-Mer a enlevé les obstacles au niveau des ouvrages d'art (les arches obstruées au niveau du Pont Vieux ont été dégagées). Les berges remblayées au fur et à mesure du développement urbain ont retrouvé leur niveau naturel. Dans le même temps, cette démarche a également redonné l'accès au fleuve pour les habitants. Cet espace d’appropriation du milieu est la conscience du danger.

 

On évoque presque avec nostalgie les jours d’inondation.

 

C'est dans ce quartier d'immigrés que certains habitants inscrivent sur leur maison les marques de chacune des inondations vécues comme pour ne pas oublier et passer le témoin aux nouveaux arrivés, aux générations futures. La solidarité entre jeunes et vieux, anciens et nouveaux, réduit la vulnérabilité. Elle est la résistance. Des repas de quartier et des évènements culturels sont organisés sur les berges de l’Orb. On évoque presque avec nostalgie les jours d’inondation. Car pour les habitants ce sont des moments extraordinaires d'entraide et de bonheurs dépouillés, une forme de présence au monde où surgit de manière aussi naturelle que la divagation d'une rivière, l'auto-organisation.