La sécurité, ou l'insécurité, est devenue un facteur de recomposition, à droite comme à gauche. On connaissait les prises de position d'un Valls ou d'un Cazeneuve, des Le Pen, on va bientôt connaître celles de Macron.

Par Didier

Qualifiée priorité budgétaire 2018, la police de sécurité du quotidien (PSQ) sera expérimentée dès janvier après un mois de concertations menées tambour battant avec élus, préfets, professionnels et syndicats. Par "expérimentée", il faut entendre mise en chantier dans une quinzaine de villes choisies parmi 30 candidatures (dont celle de la ville de Béziers). Si l'on sait que la PSQ sera surdotée par rapport aux autres polices, on ne sait pas grand-chose de ses missions précises hormis les vœux présidentiels, exprimés le 18 octobre dernier, devant 500 représentants des forces de l'ordre.

karack3

Cette surveillance risque surtout de renforcer les contrôles au faciès et de ne pas toucher aux comptes offshores.
Comment s'étonner dans ces conditions que le maire de Béziers ait fait candidater ''sa'' ville pour qu'elle fasse partie des 15 désignées début janvier 2018. Si Béziers est nominée, on risque de se rendre compte que les différences qui existent entre libéraux sur les questions sociétales (comme la manif pour tous) risquent de fondre comme neige au soleil sur les questions de sécurité / insécurité.

Édictés en tant que tels, ils sont déjà édifiants :
- La PSQ doit lutter contre tout ce qui fait naître le sentiment d'insécurité.
- Elle bénéficiera de moyens de sanctions immédiats.
- Elle sera couplée à une réforme de la procédure pénale et de la justice au service des missions de police.
- La PSQ vise à promouvoir une société de vigilance où le maintien de l'ordre ne relèvera plus exclusivement des missions de l'Etat.
- Une partie de ces ex missions régaliennes pourra être dévolue à des citoyens ou à des milices privées . . .

 

Cette surveillance risque surtout de renforcer les contrôles au faciès


Après avoir levé son double discours sur les réfugiés, le gouvernement risque, en ce début d'année, de faire entendre celui sur la sécurité / insécurité. Il faut dire que, comme pour la loi travail, le terrain avait été préparé par le gouvernement Hollande / Valls :
- Installation dans un état d'urgence permanent depuis que les mesures dérogatoires exceptionnelles liées à l'état d'urgence (surtout en matière de police) ont été introduites dans la législation.
- Classement sans suite de nombreuses bavures policières et des conditions de décès de R. Fraïsse et A. Traore . . .
Il y a tout lieu de craindre que parler de société de vigilance, dans la novlangue des DRH, se résume à parler de société de surveillance où les citoyens se surveillent entre eux, où l'état généralise la surveillance numérique et visuelle, où les milices privées surveillent et encadrent la population.