En France, on estime le nombre de pauvres à 9 millions, soit 14,5 % de la population, dont 2,8 millions d'enfants. Un enfant sur 5 est pauvre. 59 % des pauvres ont moins de 30 ans.

par Khan Did 

Les familles monoparentales sont en tête de liste, surtout si l'adulte est inactif ou chômeur ou salarié pauvre (les « feignants », les « derniers de cordée »). Ces chiffres sont tirés du rapport de l'Insee 2009-2017 et de l'Observatoire des inégalités. Rappelons que le seuil de pauvreté est défini par un revenu net mensuel de 850 à 1000€ pour une personne seule, et de 1700 à 2100€ pour un couple avec 2 enfants de moins de 14 ans. Il est défini comme situé à 50 % (pauvreté absolue) ou 60 % (pauvreté relative) du revenu mensuel médian (50 % des individus gagnent plus, 50 % moins). Ce seuil n'a pas augmenté entre 2011 et 2015 car le niveau de vie général a baissé

 

On illustre bien le lien entre pauvreté et faible niveau éducatif, donc une condamnation à la pauvreté chronique

 

A Béziers, le taux de pauvres est à 33%, 53 % dans le centre-ville et à l'Iranget, 62 % à la Devèze. 26 % chez les 0-19 ans en 2016. 61 % des foyers ne sont pas imposables sur le revenu. La majorité des couples ont 1 à 2 enfants, il y a 11,5 % de familles monoparentales. Le taux de chômage est de 14 à 22 %, dont 36 % de longue durée, donc potentiellement non indemnisable. Les emplois proposés sont précaires, dans la restauration, l'hôtellerie, le ramassage de légumes et de fruits. Les entreprises créées sont pour 64 % individuelles, donc auto-entreprises, donc souvent éphémères.

Le taux de scolarisation est de 98 % de 6 à 10 ans, de 97 % de 11 à 16 ans, et tombe à 37 % de 18 à 24 ans et à 4 % de 25 à 29 ans. 39 % des jeunes de 18 ans n'ont que le brevet des collèges, 22 % un CAP ou un BEP, 19 % le baccalauréat. On note 25 % de renoncement aux soins pour raison financière. On illustre bien le lien entre pauvreté et faible niveau éducatif, donc une condamnation à la pauvreté chronique.

On est bien loin du pieux discours sur « l'égalité des chances », et si à Béziers, la pauvreté est en partie liée à une immigration interne et externe de pauvres, l'offre d'emplois qui pourrait améliorer leur sort est chétive et précaire, alors que des emplois utiles dans la transition énergétique et l'agriculture paysanne pourraient être créés, les horaires de garderie privilégient les parents qui travaillent au détriment des demandeurs d'emploi, le logement est souvent insalubre, chauffé en tout électrique dans 39 % des cas. L'accent est mis plus sur la répression policière que sur l'accompagnement et la prévention des incivilités adolescentes. C'est surtout la pauvreté des mineurs qui est intolérable.

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