J'en avais entendu parler comme un lieu de sociabilité pour les jeunes parents et leurs petits, un endroit où aller quand on se sent seul ou perdu dans l'aventure d'être parents.

par Nadja

Aujourd'hui, pour Evab, j'y vais. Je regarde l'adresse sur internet, enfourche mon vélo direction centre-ville de Béziers. Quelques flèches m'indiquent le lieu, ravie je les suis. Et me voici perdue dans le dédale des vieilles rues et écoles privées, entre pauvreté et bulle dorée. Une grande porte fermée m'indique finalement la Maison de la parentalité. Intimidée, je sonne à l'interphone. On me demande ce que je veux. "La maison de la parentalité ? », ose-je répondre. "C'est pour l'accueil ?" "...Oui ! » Après avoir compris qu'il faut tirer la poignée tout en poussant la porte, je pénètre fièrement dans cette antre fraîchement conquise.

Pour préserver l'intimité de ces femmes, je n'ai pas le droit de rester boire le café avec elles

Passé l'accueil intimidant qui demande un peu de conviction, j'entre enfin dans le cocon. C'est Yamina qui me reçoit. Elle court un peu partout entre les gens qui entrent, ceux qui montent aux ateliers, ceux qui vont dans la salle de jeux. Elle s'occupe d'accompagner chacun avec attention et efficacité. Dans le souci de préserver le lieu des regards et jugements indiscrets, elle me reçoit à la fois chaleureusement et avec parcimonie.

L'espace est un lieu d'accueil anonyme m'explique-t-elle. Elle m'autorise finalement à visiter rapidement l'espace de jeux. Il y a des déguisements, un toboggan, du change, une petite cuisine. Bref,une respiration enfantine à hauteur d'enfants. Aujourd'hui il y a 4-5 mamans avec leurs enfants et une auxiliaire de puériculture. Pour préserver l'intimité de ces femmes, je n'ai pas le droit de rester boire le café avec elles. Je le bois donc avec Yamina à l'accueil et c'est très intéressant aussi. Elle m'explique et me montre le fonctionnement du lieu. Des ateliers sont proposés régulièrement sur inscription : aujourd'hui c'est danse, j'entrevois des mamans qui bougent avec leurs bébés sur des rythmes entraînants.

Une respiration enfantine à hauteur d'enfants

Un autre jour ce sera massages, lectures ou relaxation. Dans la salle de jeux on accueille maximum 12 parents. Je comprends mieux pourquoi le lieu semble réservé aux connaisseurs : s'il était accessible plus facilement, il faudrait en refuser l'accès à trop de personnes ! Permanence juridique, médiation familiale, conseiller en emploi et accompagnement aux femmes victimes de violences, voilà ce que propose à l'étage le CIDFF. Une psychologue est également disponible gratuitement sur rendez-vous. Yamina m'explique le SAFU, une autre association qui offre un service de garde d'enfant d'urgence. On bavarde un peu. Elle est là depuis toujours m'explique-t-elle sans se vanter. Elle semble fière de participer à cette aventure humaine où elle voit grandir des tripotées d'enfants.

Pour conclure elle m'invite à contacter ses supérieures pour leur poser plus de questions. Je m'interroge notamment sur le fonctionnement et le financement de la structure. Je réussis finalement à entrer en contact avec Florence Grandemange, la responsable petite enfance de la Ville. Elle m'explique qu'elle doit demander au service communication de la mairie avant d'accepter une interview. Elle semble enthousiaste, elle aussi, "c'est pas toujours simple mais on y arrive!", elle me parle des crèches parentales, du centre Vaclav Havel, ouvert suite à la vente de la Villa des Enfants (voir l'article de Eva D http://www.envieabeziers.info/billets-d-humeur/859-la-villa-des-enfants) . J'espère l'interviewer pour notre prochain numéro. En attendant la suite de l'enquête, je vous invite à faire un tour à la Maison de la parentalité, surtout si vous avez des enfants, vous verrez !

Maison de la Parentalité 34 Rue Etienne Dolet à Béziers
Espace d'animation Vaclav Havel rue Jules Dalou à Béziers