Nous avons pu avoir quelques renseignements sur la vie dans un CER (Centre Educatif Renforcé) que nous avons signalé comme peine alternative à la prison pour les mineurs délinquants.

par Khan Did

Les jeunes reçus ont entre 13 et 18 ans. Ceux-ci ayant plus besoin d'éducation, d'apprentissage des règles de vie en société que de rétorsion brute et de privation sèche de liberté et d'isolement, ils sont placés par décision de justice. Il leur appartient d'accepter ou de refuser ce placement, courant alors le risque d'être transférés en prison. Il y a deux sessions par an, durant 4 à 5 mois chacune. 

Les ambitions du centre sont détaillées de la façon suivante :

- proposer des activités de loisir, des ateliers professionnels, des formations dans le but de leur redonner confiance en eux et en l'avenir.
- leur apprendre à vivre en communauté avec ses règles, ses conflits et ses richesses.
- leur imposer un cadre, des règles, et le respect de l'encadrement et des autres, première étape vers le respect d'eux-mêmes
- les aider à se projeter dans le futur et à envisager un parcours personnel.

Les activités proposées dans ce centre sont :

- Supports éducatifs :
. Chantiers d'intérêt collectif en relation avec les mairies, l'ONF (Office National des Forêts), parcs naturels éventuels
. Sports pleine nature : VTT, spéléologie, canyoning, randonnées en montagne, chiens de traineau, rafting, raquettes, canoë
. Raids équestres et pédestres
. Soins aux chevaux
- Stages individuels de découverte en entreprise dans la deuxième moitié du séjour

L'ambiance du stage :

Chaque session est particulière et différente en fonction des parcours personnels des jeunes. En général, au début, ils adoptent une attitude de défi et de refus hostile. L'équipe éducative y répond par une position très ferme et stricte sur les règles à respecter dont ils n'avaient aucune idée auparavant. Une période d'adaptation est dès lors nécessaire, différente selon les synergies que l'équipe éducative peut trouver et le résultat de son travail.

Même si les chiffres d'emprisonnement ultérieur ne sont pas communicables, l'impression subjective est qu'il ne s'agit pas d'une évolution fréquente, en tout cas pas pendant la session. L'impression finale est qu'il s'agit d'une alternative pertinente, rentable en résultats et en coût à l'emprisonnement qui, rappelons-le, doit être une ultime mesure en l'absence de toute autre, surtout pour les mineurs qui ont, avant tout, besoin d'accéder à la résilience.