Comme le rappelle Carole dans ses propos, la vie dans un hôtel ne peut être considérée comme une réelle solution. Des familles se trouvent dans un dispositif sans issue et leurs conditions de vie permettent difficilement d'envisager des perspectives. Cette situation se traduit sur le terrain par des propositions institutionnelles paradoxales.

Par Clairette and co,

La famille doit être hébergée en urgence car le plancher s'est effondré

 

Laeva et Igor arrivent en France depuis l'Italie en 2016 avec leurs sept enfants. Ils se rapprochent des parents de Laeva installés dans la région afin de faire soigner six de leurs enfants atteints d'une grave pathologie génétique.

Ils sont à la recherche d'un logement et Igor signe un bail dans un logement F3 du centre ville de Béziers. Il paie la caution et le premier mois de loyer. L'état du l'immeuble est pitoyable et la cohabitation est compliquée. Tous les enfants sont scolarisés et les démarches de soin peuvent enfin débuter.

La famille doit être hébergée en urgence car le plancher s'est effondré, l'immeuble est classé en « péril imminent ». Laeva se retrouve seule avec ses six enfants, Igor doit rentrer en Serbie du fait d'un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière.

L'accueil dans le cadre de l'hébergement d'urgence se révèle problématique du fait de la composition familiale et de l'âge des enfants, l'aînée de la fratrie n'a que 12 ans.

 

 Dorénavant, les soins médicaux de ses enfants ne sont plus sa priorité

 

Malgré la mobilisation des travailleurs sociaux, les perspectives d'accueil à Béziers se révèlent vaines.
Finalement une proposition d'hébergement se profile à Vias, dans un hôtel au bord de la nationale 113. Rien aux alentours, ni voisins ou échoppes, pas d'arrêt de bus, juste des voitures qui passent.
Cette solution paraît incongrue au vu de l'éloignement de leur famille, de leur réseau et des services d'accompagnements.

Depuis un mois et demi, cette famille se retrouve isolée dans des chambres microscopiques avec aucune possibilité de cuisiner. L'accès aux associations caritatives devient difficile faute de transport. Les enfants sont actuellement déscolarisés. Laeva a perdu toute autonomie, tout pouvoir d'agir. Dorénavant, les soins médicaux des enfants ne sont plus une priorité.

 

L'hébergement d'urgence qui crée de l'isolement 

 

Plusieurs professionnels se relaient pour apporter à la famille quelques moyens de subsistance. La fatigue s'installe au sein de la famille, les conditions de vie devenant pesantes.

La solution d'hébergement a généré de l'isolement, de la dépendance et l'impossibilité pour cette famille de subvenir à ses besoins élémentaires. Et comme Laeva, nous n'avons aucun pouvoir d'agir...