Le logement des demandeurs d'asile est réglementé par l'Etat. Suivant leur situation sociale et familiale, plusieurs types d'habitat, en principe, s'offrent à eux notamment les logements à situation provisoire. Les Centres d'Accueil des Demandeurs d'Asile (CADA) font partie de ceux-là.
Par Emma,

A Béziers, se trouvent deux CADA, l'un géré par la ville et l'autre géré par la CIMADE (1). Ceux-ci font partie des établissements et services sociaux et médico-sociaux, il existe 25 300 places au niveau national (chiffres 2015). Les demandeurs d'asile relèvent du code de l'entrée et du séjour des étrangers et droit d'asile depuis le 29/07/2015.

Nous parlerons du CADA de la Cimade.
Lorsqu'un demandeur d'asile arrive, il est orienté vers un hébergement et peut donc se retrouver au CADA de Béziers.


La Cimade a créé cet établissement en 2001 dans les locaux d'une association APHI (association française des immigrés de l'Hérault) elle-même, créée en 1952 et qui accueillait alors des immigrés espagnols puis ensuite, dans les années 1960, des immigrés, hommes célibataires, issus des pays du Maghreb.


A présent, elle héberge aussi bien des personnes célibataires que celles vivant en famille. A l'heure actuelle, 75 personnes vivent dans ces locaux, certains en chambre, d'autres en appartement. Leur origine géographique est multiple et à l'image des pays en guerre qu'ils ont fui.


Ainsi, l'équipe professionnelle du CADA a pour mission d'assurer l'accueil, l'hébergement ainsi que l'accompagnement social et administratif des personnes dont la demande d'asile est traitée par la France, pendant la durée d'instruction de cette demande.

 

Au bout de 18 mois à 2 ans, les demandeurs, ayant obtenu le statut de réfugié, quittent le CADA et trouvent un autre logement

 

Ces missions recouvrent différentes interventions :


• assurer l'accueil des demandeurs d'asile : présentation de la structure, du règlement de fonctionnement et du règlement intérieur,
• assurer l'accompagnement social : ouverture des droits à la CMU, suivi médical (première visite médicale), ouverture d'un compte bancaire,
• transcrire le récit des demandeurs d'asile pour permettre l'introduction de la demande d'asile auprès de l'OFPRA dans le délai de 21 jours,
• inscrire à l'école les enfants en âge d'être scolarisés et parfois, selon les CADA, les aider à faire leurs devoirs,
• préparer à la sortie, c'est-à-dire informer les demandeurs d'asile sur les suites données à l'instruction de leur demande d'asile :
• soit l'obtention du statut de réfugié et, dans cette hypothèse, les accompagner vers l'accès au logement social et vers l'emploi,
• soit le rejet de la demande d'asile et, dans cette hypothèse, les informer sur les voies de recours et les dispositifs d'aide au retour (2).


En cela, de nombreux bénévoles travaillent également dans le cadre de la mission juridique et de l'apprentissage de la langue française.
Au bout de 18 mois à 2 ans, les demandeurs, ayant obtenu le statut de réfugié, quittent le CADA et trouvent un autre logement. Il n'y a pas de réglementation spécifique en matière de logement, les personnes rentrent dans le droit commun.


Ainsi en 2015, sur les 180 demandeurs ayant fréquenté le Cada (avec entrée et sorties permanentes), 27 % ont intégré des logements privés avec bail direct, 26 % ont eu recours à de solutions individuelles (amis, familles...) et 14 % ont obtenu un logement social dans le cadre du Système Priorité Logement (SYPLO) dont bénéficie aussi certaines catégories de ménages prioritaires, défavorisés ou mal logés.

 

(1) comité inter-mouvement auprès des évacués, service œcuménique d'entraide créé en juin 1940)
(2) in document ministère de l'intérieur