C'est en me promenant dans Ma ville, comme on dit ici depuis 3 ans, que j'ai eu très peur. Bon, c'est vrai, je n'ai pas parcouru l'intégralité des presque 200 km de voies de circulation biterroises, mais j'ai relevé quelques exemples, alors, à vos casques et bandes molletières, parce que ça sent le centenaire de la guerre de 14-18.

Par Eva D, 

Avenue Jean Constans, entre le Bd Leclerc et l'avenue des Martyrs de la Résistance (là encore des références à la guerre), il n'y a pas moins de 27 vestiges de tranchées, sur à peine 200m, au point que les riverains vont sûrement demander qu'on la débaptise pour l'appeler Avenue du Chemin des Dames...


L'avenue du 22 août. Oh non ! pas la portion qui rejoint les Allées, sanctuaire de la belle ville, propre, karchérisée dans tous les sens du terme, non, mais plus loin, vers le Bd Du Guesclin, cette avenue qui commémore la libération de Béziers, et qui semble garder le souvenir d'un bombardement.

Je ne vous parlerai pas du Bd de Verdun, le trop bien nommé.

 


Le Bd de l'Europe. Vous me direz que l'Europe va mal en ce moment, c'est vrai, des creux et des bosses tant qu'on en veut. Là, pas de guerre, mais une invasion de réfugiés, les pins ça s'appelle, qui ont eu l'indécence de pousser leurs racines sous le bitume. Notre bitume. Alors, pour résoudre le problème, on a coupé les pins. Peut-être que les racines vont s'en aller du coup...


D'autres camps de ces réfugiés le long de l'avenue Pierre Malafosse. Là, on leur a appliqué une mesure vexatoire, au Moyen Age ça s'appelait une rouelle : on a peint les bosses en rouge, pour leur faire honte et qu'elles s'en aillent ailleurs ?


Je vous parle des rues parce qu'une copine m'a prêté sa petite Smart, un régal pour le massage fessier celui qu'on conseille dans Femme Actuelle ou Figaro Madame, je ne sais plus, on ne fait pas mieux pour tester la qualité des rues biterroises. Après ça, je retrouverai ma vieille 2cv avec plaisir.
Et je comprends mieux maintenant pourquoi il y a tant de 4X4 en ville...

 

Bang ! Merci M'sieur le Maire !

 


Les rues, c'est quelque chose, mais reparlons des trottoirs. En attendant qu'on les décore comme je le proposais dans le N° 11 d'Evab, promenons nous dans la forêt des panneaux publicitaire, des poteaux de signalisation, des containers à poubelle, des chevalets de restaurants et des terrasses de cafés envahissantes (oui, je sais, ils payent des taxes pour ça, mais nous aussi on en paye, pour pouvoir marcher librement sur les trottoirs !).


Une forêt où ça ne sent pas l'air vivifiant des sous bois, une forêt quelquefois inhospitalière et dangereuse. Allez, on se lance, mais ne quittez pas vos casques et vos protège-tibias, et après avoir fait un stage chez les malvoyants pour apprendre le maniement de la canne blanche, on se bande les yeux et on y va.


Je vous résume la technique : vous balayez l'espace devant vous en effleurant le sol, des va et vient qui vont vous indiquer les aspérités, les bouches d'égout mal alignées, les trous, les bornes anti-stationnement, les bords de trottoirs, le caniveau, et qui vont vous permettre d'avancer en sécurité. Enfin, c'est ce que vous croyez tant que vous n'êtes pas en face du panneau publicitaire préféré de notre Maire, vulgairement appelé « sucette » (le panneau, pas le Maire).

Je ne vous fais pas un dessin, peut-être Clo s'en chargera, mais vous balayez tranquillement le sol devant vous avec votre canne. Vous allez donc repérer un poteau sur le côté, devant vous l'espace semble libre, et par conséquent vous avancez en confiance : Bang ! Merci M'sieur le Maire ! vous prenez le panneau débordant en pleine poire. Il suffirait d'une tige à l'aplomb du panneau, d'un rebord quelconque, pour signaler l'obstacle. Mais ça doit coûter trop cher, ou bien il n'y a pas assez de mal voyants, ou alors ils ne payent pas assez de taxes...Et il y a, comme ça, des rues ou les « sucettes » s'alignent par paquet de trois ou quatre à la suite, on a dû profiter d'une promotion certainement.

 

A17tank

On pourrait faire longtemps l'inventaire des travaux nécessaires, des réfections obsolètes et des pétassages à la petite semaine. Je vous ai apporté la preuve dans le N° 13 d'EVAB que le trottoir du Bd Tourventouse n'avait pas été refait depuis 80 ans, mais tout ça serait vain et vraiment fastidieux.

Tenez, je vous propose un jeu, et j'invite notre Maire, et son délégué à l'urbanisme, soyons généreux, à y participer.


Avec le dossard, nous leur fournirons une poussette, au choix : simple (catégorie amateur), ou pour jumeaux (catégorie sport), avec des bébés volontaires et motivés, à amener de la Mairie à la crèche Pause Câlins, ou celle des Béluguettes. Pour les plus sportifs, on ira jusqu'à celle de l'Orangeraie et, pour les marathoniens, la crèche de la Farandole à la Devèze, fera l'affaire.


Parcours non chronométré mais tout de même contrôlé, avec ravitaillement en chemin (pour les bébés). Le gagnant, qui sera légitimement fatigué, aura le droit de revenir à la Mairie en fauteuil roulant électrique, ne soyons pas chiche. Les autres suivront en fauteuil manuel... Même trajet en sens inverse. Slalom géant en perspective, pour rester dans le registre du sport.


Je vous laisse imaginer une remise des prix, des sucettes, peut-être pour récompenser et commémorer en même temps les difficultés du parcours, un abonnement au contre journal que vous êtes en train de lire, ou un couple de raton laveur. Un podium éventuellement, mais nous éviterons les discours, qui sont toujours ici une perte de temps et une occasion très bête de s'énerver pour du vent.

Après tout ça, Béziers pourra se reposer.


La ville, affalée sur ses 7 collines, se prête bien à la descente. Ici, c'est la remontée qui a toujours été difficile.