Menée en France depuis 2011 à partir d'une expérience canadienne, le programme «un chez soi d'abord » démontre que le relogement des SDF et des plus vulnérables n'est plus une utopie. Commencée en 2011 sous la forme d'expérimentations dans plusieurs grandes villes françaises (Marseille, Toulouse, Lille et Paris) l'expérience « un chez soi d'abord « a déjà permis à 350 personnes de sortir de la grande précarité en leur redonnant accès à un logement.

Par Didier,

Inventée par un médecin canadien en 1992, le programme «un chez soi d'abord» se distingue par une inversion totale de l'aide aux sans-abris. Auparavant, l'approche dite par paliers, prédominait. Ainsi, pour accéder à un logement, les sans-abris devaient : arrêter de boire, se soigner, mener des démarches administratives. Autant d'injonctions impossibles à réaliser pour une personne en grande précarité sociale, morale, physique, psychique ou/et médicale. Le changement total mené dans le cadre du programme «un chez soi d'abord», c'est de ne plus penser le logement comme une récompense qui finaliserait un parcours du combattant, impossible à tenir par des personnes très fragilisées. A l'inverse, le principe retenu est de retrouver de l'intimité et de la sécurité via le relogement.

 

Pourquoi pas à Béziers ? Dans sa grande charité chrétienne, nous ne doutons pas que le maire puisse faire une place aux plus démunis et qu’il permette aux associations de relayer des politiques publiques en l’occurrence charitables.

 

En France, cette expérience a été lancée suite à la publication du rapport SAMENTA de l'INSERM en 2009. Il était alors indiqué qu'un tiers des SDF souffrait de troubles psychiatriques graves et trois SDF sur dix, d'importantes addictions. Selon les premiers résultats communiqués en 2015, 85 % des locataires étaient encore dans leur logement deux ans après le début de l'expérimentation. A Paris, certains locataires n'ont plus besoin de l'association AURORE qui coordonne le projet et garantissait le paiement des loyers. Ladite association AURORE qui gère l'accompagnement locatif des SDF, est composée de chercheurs, psychologues et travailleurs sociaux. Si les chercheurs comparent les résultats des prises en charge en hébergement collectif et individuel, les travailleurs sociaux gèrent le soutien humain. Ce soutien se pratique sous forme de visites régulières pour aider les locataires à tisser des liens avec leur environnement social, médical, administratif et professionnel.


L'autre différence dans la prise en charge, c'est l'absence d'injonction thérapeutique. La camisole chimique n'est pas imposée, la proposition initiale reste l'association libre au rétablissement et au traitement.


Passé la phase expérimentale, le programme «un chez soi d'abord» vient d'être pérennisé par un décret le 30 décembre 2016. Dans les 5 années à venir, 2000 personnes vont pouvoir bénéficier du dispositif qui va être étendu à 16 nouvelles localités.


Pourquoi pas à Béziers ? Dans sa grande charité chrétienne, nous ne doutons pas que le maire puisse faire une place aux plus démunis et qu'il permette aux associations de relayer des politiques publiques en l'occurrence charitables.


S'il le souhaite, il peut demander conseil au maire d'une ville moyenne de l'ouest Canadien Medecine Hat (Ted Clugstone) qui a mis en place l'équivalent Canadien du programme «un chez soi d'abord» qui se nomme là-bas : HOUSING FIRST.
Entre 2009 et 2015, 1072 personnes dont 312 enfants ont été relogés à Medecine Hat (qui compte 60 000 habitants) ce qui en fait actuellement la première ville au monde sans SDF.

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Le relogement des S.D.F est aussi d'actualité dans l'état d'Alberta ou se situe Medecine Hat.


Dans cet état d'obédience libérale, le travail mené par les chercheurs d'HOUSING FIRST concerne les économies réalisées à Medecine Hat pour l'état d'Alberta. Soit précisément la réduction du nombre de jours de prison de 85 % et la réduction du nombre de jours d'hospitalisation de 64 % pour la population de SDF concernée.


L'adoption du programme HOUSING FIRST au niveau fédéral est aussi posée par la fédération des maires canadiens via la demande d'investissement de 900 millions d'euros dans le logement social.


Ces actions menées au Canada dans le cadre d'un état économiquement et politiquement libéral prouvent, si besoin était, que quand on ne cherche pas à cliver sur les questions de paupérisme, plus largement à en faire un fond de commerce électoral et qu'à l'inverse on cherche à associer actions des pouvoirs publics et actions des associations, il est possible d'innover.