Ce jeudi 6 octobre 2016 Maurane Bob et son inséparable Chouquette n'ont reculé devant aucun sacrifice. Moulées dans leurs combinaisons de super héroïnes, elles ont traversé l'épais cordon de police qui se déployait autour du palais des congrès de Béziers,

Par Maurane Bob

bravé le déluge de huées en provenance des nombreux manifestants antifascistes, subi des fouilles corporelles à l'entrée de la salle, abandonné aux vigiles les petites bouteilles d'eau contenues dans leurs sacs à mains, et écouté jusqu'au bout la conférence du polémiste Éric Zemmour avec les questions du public et tout... Pourquoi ? Mais pour vous informer, chers lecteurs ! Bon d'accord, j'ai un peu exagéré pour les combinaisons, en vrai on a mis des habits normaux. Mais pour les bouteilles c'est vraiment de l'eau. Non parce que j'ai lu une fois dans les commentaires de MidiLibre.fr que Maurane Bob c'était sûrement rien qu'un vieux communiste aviné : quelle rigolade ! Sachez chers lecteurs que je ne picole jamais quand je pars en mission – à part la dernière fois mais bon.

Ill24montagess

- Non non non non non non non ATTENDS, dit Chouquette, on réfléchit un peu.
- D'accord, je dis, mais de toutes façons y aura pas trente-six solutions.
- On réfléchit QUAND MÊME, insiste Chouquette.

« Allez les filles, hop hop hop, à la douche d'insultes !

Alors on réfléchit. Si on arrive par derrière, par exemple, peut-être qu'on pourra rentrer sur le côté, comme ça on évite de passer devant la manif antifasciste ? Pas possible, nous indique le flic qui garde la sortie de secours sur le côté. Et il nous fait un signe de la tête en direction de l'avenue Saint-Saëns comme pour dire : « Allez les filles, hop hop hop, à la douche d'insultes ! » Alors on longe les très nombreuses voitures de police garées dans la petite rue, sous le regard amusé des très nombreux policiers, et nous y voilà.

Ils portent des bonnets phrygiens, ils brandissent des pancartes, et ils huent vigoureusement les fans d'Éric Zemmour qui se pressent à l'entrée du palais des congrès : « Hou ! Hou ! Fachos ! Fachos ! Bande de fachos ! » crie la manif. Nous, on baisse la tête comme si on nous lançait des projectiles. On entre tous en baissant la tête. On fait pas les malins. « Missions de merde » grogne Chouquette qui se planque sous ses cheveux parce qu'en plus y a la télé. Votre humble envoyée spéciale aurait donné beaucoup pour être ailleurs à cette minute... mais les désagréments ne sont pas terminés. Devant les portes vitrées, on nous sépare des hommes pour procéder à des fouilles au corps : tandis que ces messieurs sont dirigés vers les fonctionnaires de leur sexe, nous les femmes devons nous présenter devant les policières. Par chance la nôtre est plutôt sympa. Elle a l'air désolée pour nous à chaque fois qu'on se fait traiter de fachottes, elle est professionnelle et courtoise quand elle inspecte nos sacs et nos vêtements, et elle s'excuse quand elle déballe ma trousse à tampons hygiéniques. Après elle nous confisque les bouteilles et elle nous souhaite une bonne soirée. Tu parles, râle Chouquette, en plus on a rien à boire - mais elle évite de développer, car plus vite on sera rentrées, moins on se fera engueuler par le peuple en colère.

Il est 19h45 et il y a déjà beaucoup de monde. Dans les escaliers qui mènent à la grande salle du deuxième étage, les rescapés de la douche à insultes commentent l'épreuve : « Moi je leur ai souri pour les faire chier » se vante un vieux monsieur. « Ils ont qu'à chercher du boulot au lieu d'emmerder le monde » suggère sa femme. « On se demande qui sont les fachos, dit un autre monsieur, c'est eux ou c'est nous ? »

La bonne nouvelle c'est que nous arrivons à temps pour prendre possession de deux magnifiques places assises en fauteuils véritables. Derrière nous s'installe un quinqua qui parle très fort à son copain assis juste à côté de lui – je tente un petit air agacé pour lui signifier de baisser le son, mais il m'adresse un sourire si large et si satisfait que je renonce finalement. Et pendant que Chouquette me lance des œillades désespérées, nous subissons de plus belle la conversation des deux compères. « Zemmour n'est pas un Gaulois, déplorent-ils, Zemmour vient d'une famille de juifs maghrébins qui a profité du rapatriement des Français d'Algérie ! D'ailleurs ça se voit tout de suite que c'est pas un Gaulois ! Mais bon ça empêche pas ! »

Pendant le quart d'heure qui suit, vos aventurières autoproclamées s'ennuient ferme tandis que les voisins de derrière réécrivent l'histoire de la décolonisation (ces salauds d'Algériens quand même), puis celle de la guerre froide (un vaste complot). Enfin, l'adjointe déléguée à la culture monte sur scène pour accueillir le célèbre polémiste sous les applaudissements. Peu habituée à l'exercice, elle lit son texte avec de nombreuses hésitations. Elle annone qu'Éric Zemmour a inauguré en 2014 le cycle des conférences municipales intitulées « Béziers libère la parole ». Que depuis la France a connu l'assassinat de centaines de personnes victimes de l'islamisme dit radical. Elle avoue qu'elle n'a pas lu le livre de son invité, seulement l'introduction, mais elle a retenu quand même quelques points importants comme la cécité volontaire ou pas de nos élus, et les médias qui continuent de parler de vivre ensemble alors que la population vit dans la peur, victime d'une réelle invasion. Les médias justement, déplore-t-elle, accusent le polémiste de diviser et d'attiser les haines. Ce n'est pourtant pas lui qui commet des attentats, qui voile les femmes, qui transforme la France en terre d'Islam. Au contraire, il ne cesse de dire combien il aime ce pays, combien il fut grand et combien il pourrait l'être encore. Elle remercie donc l'invité pour son analyse claire et factuelle et pour sa présence à Béziers (applaudissements nourris) puis elle indique que le livre sera en vente au rez-de-chaussée à la fin de la conférence, et que le prochain invité de Béziers libère la parole sera Philippe de Villiers. Enfin, elle indique que sur l'écran qui se trouve à gauche de la scène va être diffusé un petit message à l'attention de notre conférencier.

La bobine du maire de Béziers apparaît alors sur l'écran. Il n'est pas là car il est à Paris pour une émission de télévision (comme d'habitude, marmonne Chouquette) au cours de laquelle il doit débattre avec Alain Juppé sur la question de l'identité. Il se réjouit de ce que les Biterrois vont apprendre plein de choses ce soir grâce à la grande culture d'Éric Zemmour qui va leur parler de leur quotidien : l'Islam conquérant et la disparition de la France. Il conclut sous un tonnerre d'applaudissements, en affirmant que notre orateur est à Béziers chez lui.

Ce dernier remercie puis explique que son nouveau livre est le fruit des circonstances. Il travaillait sur un « gros livre qui est une espèce d'histoire de France » et puis il y a eu les événements que l'on sait en 2015 et en 2016, ces assassinats de masse, et les commentateurs qui disaient des choses sidérantes comme par exemple « pas d'amalgames ». Car le seul talent qui reste à la gauche aujourd'hui, nous explique le polémiste, c'est l'inventivité sémantique. Alors ils ont trouvé ça : « pas d'amalgames ». Mais lui Éric Zemmour, il se demandait bien ce que ça voulait dire, vu que personne ne s'en est pris aux musulmans. D'ailleurs on essayait de nous faire croire que tout ça n'avait rien à voir avec l'Islam, on disait DAESH pour éviter de dire « califat islamique », alors que pourtant les assassins ne criaient pas « Bouddha est grand ! ».

Du coup il a décidé d'étudier la situation. Il a lu la prose de DAESH et a trouvé que ce ne sont pas les abrutis que l'on dit mais des gens qui réfléchissent et qui ont un regard historique sur les rapports entre la France et l'Islam. Ils appellent les Français « les croisés » et situent leur action dans le combat millénaire des croisades. C'est à dire le conflit entre la civilisation chrétienne et la civilisation musulmane pour la domination du monde. Ce n'est pas un combat méprisable, il trouve, de vouloir imposer ses croyances. Mais c'est un combat qui est présent partout où l'Islam est présent. En France et ailleurs. C'est un problème géopolitique mondial.

« Aujourd'hui l'idéologie que l'Islam veut nous imposer est double : le Coran d'une part, et la « religion des droits de l'Homme » pour faire accepter le Coran d'autre part

 

D'abord à cause de la démographie, explique-t-il. C'est comme ça, quand une civilisation connaît un certain dynamisme démographique, elle a tendance à attaquer les voisins, depuis toujours. Et aujourd'hui le dynamisme démographique de l'Islam est énorme.

Ensuite, qui dit démographie galopante dit idéologie pour se répandre partout. C'est comme ça, analyse-t-il, que la France a voulu imposer les droits de l'Homme à toute la planète au XVIIIème siècle, l'Angleterre l'impérialisme anglais au XIXème siècle, l'Allemagne le pangermanisme au XXème siècle... C'était à cause de leur dynamisme démographique. Aujourd'hui l'idéologie que l'Islam veut nous imposer est double : le Coran d'une part, et la « religion des droits de l'Homme » pour faire accepter le Coran d'autre part – et il insiste bien sur l'expression « religion des droits de l'Homme » pour nous faire comprendre que la philosophie des Lumières fondée sur la raison et tout ça c'est rien que du flan.

Enfin pour que ça fonctionne il faut de l'argent. C'est la manne pétrolière qui permet de créer des écoles salafistes pour répandre le pur Islam qui veut revenir au texte initial. Cette puissance financière énorme doit permettre de répandre l'idéologie, en particulier dans les pays où il y a déjà une diaspora musulmane, suivez mon regard...

Ce qui favorise tout ça, déplore-t-il, c'est la passivité, le pacifisme et la décadence en France. Léopold Sedar Senghor disait : « Pour qu'un pays soit colonisé, il faut qu'il soit colonisable. » Selon Éric Zemmour, notre pays est colonisable aujourd'hui parce que dans notre esprit nous avons accepté non seulement de ne plus dominer les autres, mais encore d'être dominés par eux, puisque nous culpabilisons d'avoir beaucoup péché en dominant le monde.

Cette idée se répand dans toute la gauche depuis des générations, il explique, depuis le communisme international en fait. Car l'alliance entre le communisme et l'Islam date de 1920, pour renverser les colonisateurs. Aujourd'hui il n'y a plus de communistes mais il y a toujours cette alliance entre les anciens trotskystes qui passent leur temps à la télévision, et l'Islam, contre le christianisme.

Pendant que je me demande à quel moment le combat « contre les colonisateurs » évoqué quelques minutes auparavant est devenu un combat « contre le christianisme », Chouquette me pose une autre question à l'oreille : « Quand il parle des anciens trotskystes qui passent leur temps à la télé, tu crois qu'il fait référence à Ménard ? »

En fait il parlait plutôt des gens comme Edwy Plenel qui expliquent que l'Islam est toujours victime de la colonisation, et qui sont les héritiers de cette alliance historique contre le Christianisme.

Si la France est plus particulièrement visée par l'Islam, précise le polémiste, c'est parce qu'elle est la quintessence de la civilisation chrétienne. Parce que la France c'est les croisades, la raison avec Descartes, l'irreligion avec la Révolution Française, l'hédonisme consumériste et féministe post-soixante-huitard et tout ça. Il ne dit pas que tout est parfait là-dedans, hein, attention. Mais France vient du mot « franc » qui veut dire « libre » alors que « Islam » veut dire « soumission ». Pour Éric Zemmour la différence entre les Francs et les Arabes, c'est que les premiers se sont convertis au christianisme et ont appris le latin, alors que les seconds ont imposé l'islam et l'arabe. L'Islam est donc inassimilable parce qu'il impose toujours son dieu et considère que tous les hommes doivent être musulmans.

« Nous sommes comme les Indiens d'Amérique face aux invasions des premiers colonisateurs

 

Notre situation est donc tragique pour une raison simple : nous sommes pris entre deux mâchoires qui nous broient. D'un côté la question démographique : une population nombreuse se répand sur notre territoire. C'est l'invasion. Les mots « réfugiés » ou « sans papiers » c'est juste pour nous faire avaler la pilule, car nous sommes comme les Indiens d'Amérique face aux invasions des premiers colonisateurs, digresse l'orateur : les Indiens leur ont sauvé la vie et les colons les ont massacrés pour les remercier. De l'autre côté nous subissons une contre-colonisation, à cause des étrangers qui s'installent chez nous et qui ne vivent pas à la manière des Français. Oui parce que l'intégration, c'est s'approprier la culture, la nourriture, l'Histoire, les prénoms etc... du pays qui vous accueille. C'est ce qu'ont fait les Italiens, les Polonais, les Espagnols... Mais maintenant plus personne ne demande cet effort aux étrangers qui arrivent. C'est pour ça qu'il y a des quartiers entiers où on n'est plus en France. Une salve d'applaudissements s'élève. « Facho ! Facho ! » crie un Monsieur depuis le fond de la salle, mais il est vite mis dehors sous les huées et les applaudissements de la foule. « Ce que je dis n'est même pas polémique, commente l'invité du maire, c'est juste factuel. »

Il poursuit sa démonstration. Les frères musulmans, que tout le monde prend à tort pour des gens ouverts, ont décrété que la France était terre d'islam puisqu'elle a été en partie musulmane au VIIIème siècle, et pensent que la conquête se fera sans violence, par la démographie et par la démocratie. Car leur projet est de nous coloniser à l'aide de nos lois démocratiques et de nous dominer avec leurs lois coraniques. DAESH veut la même chose, mais par le moyen de la violence. Pourquoi ce moyen plutôt qu'un autre ? Parce que dans la tradition islamique le prophète est l'homme parfait qui doit être imité en tout. Et comme il a été un chef de guerre impitoyable, les musulmans sont obligés d'être violents. C'est pour ça.

Et au lieu de nous défendre, nos élus décadents passent leur temps à nous désarmer (applaudissements) Selon Éric Zemmour, nous sommes dans une situation comparable à la collaboration dans les années 1940. Comme en 1940, dit-il, les élites trahissent le peuple français au nom de la paix, de l'humanité et du mépris du peuple français. Elles veulent sacrifier le peuple français à l'avènement d'un peuple universel mondialisé multiculturaliste, au nom des droits de l'Homme et d'un « vivre ensemble » qui n'existe pas. Notre polémiste se demande juste à quel moment et comment le peuple va se révolter. Et puis il nous remercie pour notre attention sous un déluge d'applaudissements.

- C'est marrant, dit Chouquette qui a fait fac d'Histoire, cette comparaison avec la collaboration dans les années 1940, parce que justement le discours d'Éric Zemmour ressemble drôlement à l'idéologie de la France de Vichy : le discours sur la décadence, contre le pacifisme, contre la démocratie, pour la xénophobie (1). Par exemple Drieu La Rochelle qui était un fameux collabo, disait : « Je suis fasciste parce que j'ai mesuré le progrès de la décadence en Europe. » Et « La France aux Français » est une expression de Charles Maurras, un autre fameux collabo, qui pensait que la démocratie était l'origine de tous les maux. Bref, il faudrait qu'il révise un peu ses cours d'Histoire, notre conférencier !

C'est le moment des questions. Le premier à prendre la parole remercie Éric Zemmour d'être le seul en France à dire des vérités inattaquables. À propos de la colonisation, il voudrait ajouter qu'il y a eu dix millions d'Européens enlevés et des femmes toutes nues sur les bateaux à voiles et vendues sur les marchés et que c'est pour ça que la France est allée libérer Alger au XIXème siècle, parce qu'il y avait 30 000 Français prêts à être exécutés. Voilà. Ensuite il reproche à la France d'avoir abandonné les colonies sans prendre de précautions. Il ne parlera pas de de Gaulle par respect pour sa fille qu'il a eu l'honneur de connaître, mais ils ont lâché l'Algérie sans prendre de précautions et maintenant on le bassine avec le vivre ensemble (applaudissements.)

Le conférencier aurait besoin de plusieurs heures pour répondre. En effet, dit-il, la conquête de l'Algérie en 1830 est une réponse aux razzias des pirates algériens. Mais il ne faut pas non plus idéaliser la France et l'Europe qui ont imposé leur domination parce que les soldats européens étaient les plus féroces. C'est grâce à cela qu'ils étaient craints et respectés. Quant à la décolonisation, elle s'est faite comme on a pu. Tout est une question de démographie.

La question suivante porte sur le titre du livre que l'on pourra acheter et se faire dédicacer à l'issue de la conférence : « un quinquennat pour rien ».

Le titre, explique l'auteur, veut dire que le président français n'a rien fait pour défendre la France dans cette guerre des civilisations. Mais on pourrait dire « encore un quinquennat pour rien » car Hollande n'est pas le seul. Enfin, on ne peut pas dire qu'il n'a rien fait, mais il a fait des catastrophes (rires).

La dame qui prend la parole ensuite est conseillère départementale et elle est tout le temps bâillonnée par la presse locale sans parler des pressions politiques de ses adversaires. Elle voudrait savoir comment Éric Zemmour trouve la force de continuer à se battre contre les élites.

Éric Zemmour comprend bien car lui aussi il est bâillonné, insulté et mis à l'écart par les médias. C'est parce que la machine idéologique de la bienpensance a compris qu'elle était en position de faiblesse et elle reprend la bonne vieille méthode de la censure. Il faut se dire que ce sont les derniers cris de moribonds qui survivent avec des subventions, recommande le polémiste.

La question suivante porte sur l'impérialisme américain : ne joue-t-il pas un rôle fondamental dans l'affaiblissement de l'Europe ?

Les États-Unis divisent pour mieux régner, répond Éric Zemmour. Comme les Anglais qui ont monté les Prussiens, les Autrichiens et les Espagnols contre la France de Napoléon, puis ils ont monté les Français et les Russes contre les Allemands. Les États-Unis ont fâché l'Europe occidentale et les Russes avec l'affaire de la révolution ukrainienne. Et ils ont aussi financé l'islam radical, d'ailleurs le califat islamique a sûrement reçu des aides des États-Unis, affirme-t-il. Et maintenant ils essaient de faire pareil avec la Chine.

« La majorité des Français réclame des solutions iconoclastes, nationales, autoritaires

 

Le Monsieur qui prend la parole ensuite demande à Éric Zemmour comment il voit l'année 2017 et si la France pourrait se relever après ce quinquennat pour rien.

Éric Zemmour pense que l'élection de 2017 est déjà faite. Que Marine Le Pen sera battue au second tour par une coalition droite-gauche au nom des valeurs de la République (il peut déjà nous écrire les discours) et que le candidat de droite sera bloqué par les voix de gauche. La majorité des Français réclame des solutions iconoclastes, nationales, autoritaires, et n'ont pas les moyens politiques d'assumer ce changement radical. Une majorité de Français ne veut pas du Front National pour gouverner parce qu'ils mettent en doute sa capacité à le faire, et il n'y a pas de place pour une autre candidature populiste à côté du Front National. Nous sommes donc dans une impasse politique, analyse-t-il.

L'intervention suivante est celle d'un Monsieur assis juste devant nous, qui se demande avec émotion où est l'espoir dans ce tableau très noir. Lui il est âgé, alors c'est pas grave, mais il a des petits enfants, il a peur pour eux... et sa voix se perd dans un sanglot tant il est effrayé par leur avenir obscur.

Il pleure pour de bon et la salle éclate de rire. Moi je regarde cet homme, debout, effrayé, en larmes, et je n'ai pas envie de rire du tout. Comment peut-on trouver ça drôle ?

Éric Zemmour a des enfants aussi et pense que le mieux c'est de regarder la situation en face. Ce n'est pas très gai mais c'est comme ça. C'est ceux qui disent « tout va bien » qui méprisent le peuple.

La question suivante porte sur la campagne électorale aux États-Unis : ne vaudrait-il pas mieux Donald Trump plutôt que Hillary Clinton qui veut faire la guerre partout ?

Le conférencier répond qu'en effet Donald Trump incarne une nouvelle politique, moins interventionniste. D'ailleurs Obama a déjà amorcé ce mouvement. Si Trump supprime l'OTAN ce serait une bonne nouvelle car cela nous obligerait à assumer notre autonomie et notre souveraineté (applaudissements) Mais il ne faut pas nourrir trop d'espoirs...

Une autre intervention fait la promotion d'une manifestation patriote qui aura lieu samedi à 15h à Montpellier et à laquelle il faut aller nombreux.

La dernière question porte sur l'opération « ronce » de l'armée française, dont on entend parler de plus en plus souvent.

Éric Zemmour est bien content parce que c'est lui qui a parlé le premier de l'opération « ronce » (rires). Même que l'armée française a demandé des conseils à l'armée israélienne parce qu'ils ont l'habitude à Gaza. L'opération a bien sûr été démentie par l'état-major français, mais évidemment qu'ils réfléchissent à une situation qui ne serait plus contrôlable dans d'innombrables banlieues françaises. Et là soit l'armée intervient, soit des pans entiers du territoire passeront sous la loi des imams et des caïds de la drogue.

L'orateur nous remercie pour notre attention et nous donne rendez-vous en bas pour nous dédicacer son livre. Nous, avec Chouquette, on décide d'aller boire un coup en ville, histoire de débriefer.

- Bon, résumons, dit Chouquette : la démocratie et les droits de l'Homme, c'est de la merde. Ce qu'il nous faut, c'est un bon vieux régime autoritaire, un retour au Christianisme des croisades, et exterminer l'Islam, sinon c'est nous qui allons nous faire exterminer.
- Et il y avait cet homme qui était tellement terrifié par les méchants musulmans qu'il a pleuré de trouille devant tout le monde, je dis...
- Je serai curieuse de lire le « gros livre qui est une espèce d'histoire de France », ajoute Chouquette. On risque d'y trouver de quoi pleurer aussi... Je me demande à quel moment et comment le peuple va se révolter contre ce charlatan qui s'engraisse en nous racontant n'importe quoi.

(1) Robert O. Paxton, La France de Vichy, éditions du Seuil, 1973.