La rue de la juiverie et la rue des Albigeois
Mènent à la cathédrale
Blessée au chœur

Elle, sur son acropole
Athéna de pierres
Savante et guerrière
Se souvient de tout

Et dans mille ans se souviendra encore
Les hommes, les femmes et les enfants d'abord
Les cris, les flammes et les milliers de corps
Et la bâtisse géante tombant à genoux
Au nom de Dieu

Elle, sur son acropole
Au soleil couchant
Le visage grave maintenant
Se souvient de tout

Et dans mille ans se souviendra encore
Ex antiquitate renascor (1)

 

(1)Traduction : « Depuis l’Antiquité je ne cesse de renaître ». Devise inscrite sur lo camèl (le chameau, emblème de la ville) lors de la fête traditionnelle des Caritats au printemps.

Repères historiques : Au mois de juillet 1209, le Pape lance une croisade sur Béziers où catholiques, juifs, cathares et vaudois vivent en bonne entente. Arnaud Amaury, le légat du Pape, exige des habitants catholiques qu’ils livrent tous les hérétiques de la ville. Devant leur refus (« Nous nous laisserons noyer dans la mer salée plutôt que de changer quoi que ce soit à notre façon de gouverner » dit la chanson de la croisade), les croisés massacrent la population toute entière et incendient la cathédrale qui se fend par le milieu et s’effondre sous l’action des flammes. Le légat du pape, qui aurait ordonné « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens », se félicite dans sa correspondance avec Rome, d’un bilan de 20 000 morts à Béziers. La reconstruction de la cathédrale est entreprise dès le XIIIème siècle à partir des quelques restes épargnés par le feu (visibles dans le transept et l’avant du chœur). La nouvelle bâtisse est alors dotée d’un véritable système de fortification qui reste aujourd’hui comme un témoignage du traumatisme.