Lisses lumières sur les surfaces claires
Mur des fusillés, talons au trot
Médiathèque André-Malraux
Jeux interdits
Marché du vendredi

 

Soleil levant rue d'Alsace
Romarin au vent qui passe
Quand on arrive on quitte les bottes
À ta santé, gamin de Béziers
À la beauté des rêves

Nuit et brume avenue Jean Moulin1
Entre ici avec tes frères d'ombre
À l'accent invincible
Ici la voix du silence
Ici l'espérance

 

 

[1] Il y a 50 ans, le 19 décembre 1964, André Malraux, alors Ministre de la Culture, prononçait un discours en hommage à Jean Moulin, l'enfant de Béziers, qui entrait au Panthéon.
« Ecoute aujourd'hui, jeunesse de France, ce qui fut pour nous le Chant du Malheur. C'est la marche funèbre des cendres que voici. A côté de celles de Carnot avec les soldats de l'an II, de celles de Victor Hugo avec les Misérables, de celles de Jaurès veillées par la Justice, qu'elles reposent avec leur long cortège d'ombres défigurées. Aujourd'hui, jeunesse, puisses-tu penser à cet homme comme tu aurais approché tes mains de sa pauvre face informe du dernier jour, de ses lèvres qui n'avaient pas parlé; ce jour-là, elle était le visage de la France. » (Dernières phrases du discours d'André Malraux)