L'Autre s'appelle « les pauvres, les maghrébins, les gitans ».
L'Autre se lie des mots « saleté », « laideur » et « délinquance »
Avec le filet de bave d'une bouche en putrescence.
L'Autre : celui qu'on enlasse de représentations salaces
Qu'on ose dire quand on est franc !

 

La langue doublée d'une lascive salive
Prépare le baiser à la Belle endormie
Dans l'ombre des ronces la couvrant d'un linceul.
Piquée par l'orgueil d'une cité autrefois belle,
La Biterroise ne se sent plus chez elle !

Le baiser inocule cette idée dans ses veines.
Répand en elle une substance qui colle.
La Belle rampe jusqu'à l'oracle pâteux,
Avide de ce poison qui « libère la parole ! »
Comme un crachat contagieux.

Cette glaire regarde l'Autre de son œil blême.

Avalé par son reflet où croupit la haine,
L'Autre s'ébat.
Dans cette fétide mucosité.
Comme des insectes aux élytres englués.
Il se noie.