Poètes, vos papiers

Par Ursula

Ce mois-ci, jouons avec les mots proposés par la réalisatrice Ana Demitrescu ! Nous vous invitons à produire dans une forme libre, un poème, une BD, une histoire… en intégrant les mots suivants:

En Vie à Béziers vous propose désormais chaque mois un défi d'écriture, un jeu d'écriture à contrainte.

La contrainte du mois d'octobre : produire un poème avec 12 mots imposés :

Adoucir
Aligné
Ange
Attisé
Baver
Chut
Drame
Fomenter
Hale
Kit
Libre
Pancréas
Sinuer
Voici ce que cela a donné.

Complainte des blattes à l'aurore en fusil

par Koniec et Arsène

Le soir couvre la ville de son hâle. Blattes !
Adoucir les cloisons de mon spray acariâtre
Qu'enfin libre je puisse, à pleins poumons, sans hâte
Sinuer dans les combles tel un troupeau sans pâtre.

Là, des blattes errent sans boussole et fomentent
Leur résurgence : c'est un drame inachevé.
Fières, munies d'un kit de rêves à lucioles,
Elles s'imaginent baver sur l'agora
De gigantesques formes : tumeurs, pancréas !

Attisées à l'idée d'éjecter leur capsule,
En dynamites hallucinées. Mais le matin
Les guette. Et les rêveries se dissipent. Chut !

V'là le jour qui nous fusille, mes blattes et moi
Anges déchus, noirs, le rideau est tiré, blanc.
Nous sommes bien alignés. Dans de beaux draps. Raides

Texte proposé à l’écoute en podcast

Choisis ton camp
Concentration
Pauvres canots
en mer, en mer
Démerde-toi

Voici les paroles d'une chanson de Charles d'Avray. Elle date de 1901 mais elle semble fort d'actualité, après tous ces morts en Méditerranée, qui inspirent à nos chers élus une réaction principale : le commentaire sécuritaire : "Il faut lutter contre les passeurs qui exploitent la misère humaine".

6 jours 7 mois je tombe, je moissonne sans agir,

Les changements obséquieux si typiques, climatiques

Les mouvements c'est la fronde, je fustige sans plaisir,

Rue de la République à la mode de Paris
Rue du Chapeau-Rouge, place Gabriel-Péri
Jusqu'à la mairie

Oh vraiment mon amie comment ai-je pu tenir,
Sans ton corps, sans le cuir dont tu es habillée.
La froideur dont tu jouis ne me fait que bouillir,
Dans mon cœur, dans cette ire qui me guide en tournée.

À toi le politicien qui derrière le masque de la démagogie caches tes traits véritables.

Toi qui sais allier les maux sociétaux à l'hardiesse des cœurs xénophobes.

Pourquoi dis-tu aimer ta ville quand la foule de tes habitants n'est pas la grande majorité que tu sers ?

La rue de la juiverie et la rue des Albigeois
Mènent à la cathédrale
Blessée au chœur

Lisses lumières sur les surfaces claires
Mur des fusillés, talons au trot
Médiathèque André-Malraux
Jeux interdits
Marché du vendredi

L'Autre s'appelle « les pauvres, les maghrébins, les gitans ».
L'Autre se lie des mots « saleté », « laideur » et « délinquance »
Avec le filet de bave d'une bouche en putrescence.
L'Autre : celui qu'on enlasse de représentations salaces
Qu'on ose dire quand on est franc !