Ce mois-ci nous parcourons la ville à la recherche des traces de Jean Moulin (1), comme ces pochoirs magnifiques, systématiquement effacés par les services municipaux, qui sont apparus lorsque la ville a basculé entre les mains de l’extrême droite. Portés par la voix d’André Malraux (2) et celle de Magyd Cherfi du groupe Zebda (3), nous les suivons comme autant de signes d’espérer. Car créer c’est résister, et résister c’est créer (4) !

 

(1) Jean Moulin est né à Béziers le 20 juin 1899 et mort sous la torture le 8 juillet 1943, probablement à Metz. Résistant aux côtés du général de Gaulle, il fédéra les divers mouvements de la Résistance intérieure et fut le premier président du Conseil National de Résistance dont le programme prévoyait le rétablissement de la démocratie et du suffrage universel, ainsi que la mise en place des protections sociales pour tous après la chute de la dictature de Vichy. Arrêté puis torturé pendant de nombreux jours, il mourut de ses blessures sans avoir livré un seul nom à la Gestapo (Police Politique du IIIème Reich.)

(2) En 1964, l'écrivain André Malraux, alors ministre de la Culture, fit entrer les cendres de Jean Moulin au Panthéon. Après un éloge funèbre demeuré célèbre, le chant des partisans, hymne de la Résistance Française pendant la seconde guerre mondiale, retentit devant le monument (Musique d'Anna Marly, texte de Maurice Druon.)

(3) Le nom du groupe vient du mot arabe « zebda » qui signifie « beurre ». Les musiciens Magyd Cherfi, Mustapha et Hakim Amokrane, Vincent Sauvage et Rémi Sanchez sont tous originaire du quartier des Izards à Toulouse. En 2001 le groupe Zebda reprend le chant des partisans auquel il ajoute un refrain.

(4) Citation de Stéphane Hessel, ancien résistant et déporté, dans son ouvrage « Indignez-vous », paru en 2010 dans lequel il dénonce la trahison des principes du programme du CNR dans la vie politique : "Aussi, appelons-nous toujours à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation de masse, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. A ceux et celles qui feront le XXIème siècle, nous disons avec notre affection : CRÉER, C'EST RÉSISTER. RÉSISTER C'EST CRÉER."