Ce mois-ci nous vous convions à une descente nocturne du centre-ville jusqu'à l'Orb, sur un poème de Léo Ferré mis en musique par le groupe Noir Désir. Nous passerons également saluer les graves statues du Cimetière Vieux d'où partit l'insurrection contre le coup d'État de Napoléon III, réprimée dans le sang à Béziers (1).

(1) Le 4 décembre 1851, trois ans après son élection au poste de Président de la République, Louis Napoléon Bonaparte prend le pouvoir par un coup d'État et fait de la France un régime autoritaire dont il devient l'Empereur sous le nom de Napoléon III. À Béziers, ville profondément républicaine, la population se soulève immédiatement. À la tête du mouvement : Casimir Péret, un bourgeois franc-maçon ancien maire de la ville qui, pour avoir défendu la République, sera déporté à Cayenne où il mourra noyé en tentant de s'évader.


Le matin du 4 décembre, six mille Biterrois se retrouvent au Cimetière Vieux, point de départ d'une manifestation qui devait être pacifique. La police biterroise, qui a infiltré les Républicains, connaît le tracé de la manifestation. Cent trente hommes armés attendent les manifestants à la cathédrale et tirent sur le cortège. Bilan : huit morts, des dizaines de blessés et des combats qui se prolongent autour de barricades élevées à la hâte. Deux hommes seront condamnés à morts, et deux autres au bagne perpétuel, dont Casimir Péret.


La chute de l'Empire, le 4 septembre 1870, donne immédiatement son nom à une rue du centre-ville, ancien decumanus (axe est-ouest) de la ville romaine débouchant sur les allées Paul Riquet, et l'on honore la mémoire de Casimir Péret en donnant son nom à une rue qui donne sur celle de la République, et en lui élevant un monument Place de la Révolution.
Quant au Cimetière Vieux, créé au XIXème siècle, il constitue un véritable musée d'art à ciel ouvert. On peut y découvrir entre autres merveilles, de nombreuses œuvres des sculpteurs Jean-Antoine Injalbert, Jean Magrou ou Jacques Villeneuve.