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« Good Night and Good Luck ». C'est par cette phrase que le journaliste Edward R. Murrow clôturait ses émissions sur CBS dans les années 50 comme le montre Georges Clooney dans le film éponyme qu'il consacra à sa lutte contre le maccarthisme. Pourquoi cette phrase nous vient-elle à l'esprit en ce début d'année 2017 ? C'est qu'on ne cesse d'en finir avec cette page de notre histoire, qui aux lendemains de la Seconde guerre mondiale redistribua les cartes mondiales : guerre froide, guerres d'indépendance. Le nostalgérique et anticommuniste Robert Ménard à Béziers n'en est qu'un triste avatar. Nous revenons dans ce numéro sur ses tribulations. Si elles ont des allures de buzz et tentent de propager une idéologie dangereuse, elles sont de plus en plus lourdes de conséquences pour la ville et participent de son délitement. 

Pas de dossier ce mois-ci, mais nous nous sommes employés à faire un tour d'horizon de toutes les attaques menées par la municipalité contre le tissu éco-social et ceux qui y œuvrent. Néanmoins les articles consacrés à la lutte menée au théâtre de sortieOuest, la situation des travailleurs sociaux ou l'état des écoles montrent que partout un vent mauvais souffle et que les résistances individuelles risquent de s'y perdre. Plus que jamais il est important de prendre du recul. C'est ce que nous vous proposons avec le café éco-géo que nous organisons à la Colonie Espagnole le lundi 16 janvier à partir de 18h30. Deux universitaires, Dominique Crozat et Benoît Prévost qui enseignent à l'université Paul Valéry à Béziers, feront le lien entre les inégalités territoriales et le vote d'extrême droite. Cette question nous oblige à considérer la nécessité d'un changement de dynamique politique et sociétal. On peut, comme Robert Ménard ou d'autres tocards, rêver de bouter hors des murs de la ville les sdf et les nécessiteux, les réfugiés et les forains, et de museler les travailleurs et les militants. On peut faire accroire que quelques ravalements de façades et ouvertures de magasins constituent un bilan économique. Mais il ne fait plus trop rêver le baron noir (voir l'article consacré à la démission de Valérie Gonthier du conseil municipal) et au fond chacun sait que la solution n'est pas là. Nous espérons à EVAB, aujourd'hui où nous entamons notre troisième année d'existence, avoir permis d'ériger la municipalité de Béziers en contre-exemple politique. L'avenir ne pourra être que collectif et solidaire. Toute l'équipe d'« Envie à Béziers » vous souhaite une année de changement. Rien à voir avec la chance. Mais on va quand même se dire : Good Night and Good Luck !