Sous le F.N ... et pas que ... La plage !

collagechiens1VPour cette quinzième édition d'Envie à Béziers, nous consacrons notre dossier à l'Abcr, l'Association biterroise contre le racisme, attaquée laborieusement par la municipalité d'extrême droite. L'histoire de cette association n'est pas un épiphénomène local. C'est l'histoire d'hommes et de femmes qui luttent pour établir plus d'équité entre les êtres humains. En d'autres temps l'Abcr avait pu être en butte à une mairie de droite qui refusait d'inscrire à l'école des enfants roms et avait pu se prévaloir de subsides départementaux de gauche. Mais aujourd'hui l'Abcr est attaquée de plus belle et perd ses soutiens institutionnels : la classe politique porte un même credo libéral et raciste qui se propage tragiquement à travers la société. En témoigne le texte de loi du 7 mars 2016 relative au droit des étrangers en France divisés en catégories : ceux dont le titre de séjour porte la mention « passeport talent » et ceux qui sont « non autorisés à travailler », c'est-à-dire à subvenir à leurs besoins.

On a pu assister à des manifestations anti migrants ici et là, comme si être migrant était une identité. Comme si nous n'étions pas tous de passage et à la merci des renversements de l'Histoire. Nos Pyrénées ont été témoins dans les deux sens de ces tentatives pour fuir la tyrannie, la violence, la guerre, la misère. C'est ce que nous raconte aussi autrement Max Guérout, notre invité pour ce numéro. Ses recherches historiques sur l'île de Tromelin, qui relatent d'autres migrations forcées, celles de l'esclavage au XVIIIème siècle, prennent des allures de fable et font caisse de résonance. Une menace pèse sur notre pays et au-delà. Une menace déjà largement mise à exécution. Une menace qui a à voir avec la folie, comme l'affiche détournée de Décathlon sur l'ouverture de la chasse aux migrants en est un signe inquiétant.


 

La censure qui s'exerce sur les contre affiches proposées par l 'association « The Wagabonds » (à l'origine de la campagne de financement participatif) à celles du fondateur de Reporter sans frontières, en est un autre. Il y a urgence à faire comprendre que nous avons tous et tout à perdre - et pas seulement notre honneur- à céder à la folie. Le fichage généralisé des citoyens français, que vient d'instaurer le décret du 28 octobre 2016, devrait alerter. Il existe d'autres voies de reconstruction politique, économique et sociale que le contrôle, la concurrence et l'élimination. Nous en donnons des exemples citoyens, collectifs et solidaires depuis ses débuts dans notre journal, comme à notre rubrique « Sous le F.N...la plage ! ». Sous le F.N. et pas que...