maillotdebainbleuToute la vulgarité du monde pour cacher ses échecs et la misère
A croire que les degrés Celsius accumulés au compteur de cette année chaude et sèche mettent toujours plus en ébullition les cerveaux des tenants de l'Ordre identitaire. Que n'a-t-on pas dit, écrit sur un vêtement de plage quand la démocratie souffre, malade partout des coups d'Etat sécuritaires, parlementaires ou électoraux. Du coup, notre premier édile qui ne manque pas de vouloir se faire remarquer et qu'on le remarque, tente de se démarquer davantage. Pour cela, il enfonce un peu plus sa théorie fumeuse du grand Remplacement, appuyée sur ses délires paranoïdes de classes d'élèves composés quasi exclusivement de musulmans, les ennemis intérieurs désignés partout comme tels. Et plus c'est gros, plus ça passe, comme dirait l'autre, car le terrain est préparé de longue date. Déjà, on se souvient du bruit et de l'odeur de Chirac à Orléans en 1991 qui en substance ne disait pas autre chose que notre Caudillo pequeno sur, sinon l'impossibilité, au moins la très grande difficulté du français de vivre ensemble avec l'Autre.


Et plus les problèmes du Biterrois sont criants, plus le délire messianique du baron noir, grand démagogue en croisade contre les infidèles, est patent, grossier, vulgaire, inique. Pas une seule ligne, pas un vacarme médiatique, pas un cri, pas un pleur, pas un éditorial, en revanche, sur les enjeux majeurs globaux qui nous touchent localement. Qui s'émeut du lit de l'Orb à sec, de la destruction d'emplois industriels sur Béziers, de la très grande pauvreté et précarité qui auront été soulignées dans le dernier rapport de l'INSEE, sur les inégalités régionales. On y voit notre région en dessous du salaire médian national et nos quartiers pauvres, nationalement, en dessous du seuil médian des quartiers populaires.


Non, pour Robert Ménard, il faut faire comprendre à tous, à la différence de Trump, que ni l'ordre néoclassique, ni la corruption endémique, ni la médiocrité des élites françaises bien blanches ne sont responsables en quoi que ce soit de cette situation. Par contre, notre édile soigne bien les grands groupes immobiliers, Angelotti en tête et les multinationales comme Vinci ou le consortium propriétaire du Polygone.


Avec ces personnes très françaises on fait des affaires juteuses, surtout pour les actionnaires. Pendant ce temps là, notre édile minoritaire soigne l'écran de fumée, du vacarme de ses cris d'orfraie sur la déchéance de notre Nation contaminée par un fléau dantesque, le musulman, comme en des temps plus obscurs, le Juif. Il oublie par la-même qu'ils font aussi la richesse de notre territoire et que les actionnaires nous pillent tous, juifs, musulmans, athées, catholiques, blancs, noirs, jaunes, jeunes et vieux.


Notre ennemi a plusieurs visages, ils ne sont pas nos identités multiples, ils sont ceux qui détruisent le vivre ensemble en stigmatisant des individus pour détourner les bonnes gens de regarder les voleurs, eux, qui ne sont toujours pas en prison et courent de paradis fiscaux en paradis fiscaux.


Dans ce numéro, vous lirez cela et aussi tout ce qui permet d'imaginer donner un autre visage à cette ville tellement défigurée par la vulgarité crasse d'un homme, d'un couple dont la médiocrité verbale n'a d'égale que leur incapacité à répondre aux enjeux vrais d'un monde bouleversé par l'individualisme forcené au service de l'argent roi qui abîme tout jusqu'aux âmes humaines.


A toutes les Biterroises et tous les Biterrois, nous proposons en cette rentrée une lecture éclectique, satirique, décalée, résistante pour nous évader un peu loin du fin fond de cette contrée trop salie et qui souffre tant de maux qu'il est inutile d'en rajouter. Il est inutile d'exhorter notre premier édile de l'entendre, à nous de construire un vivre ensemble biterrois sur d'autres perspectives.