edito - journal envie a beziers

Il y avait du beau monde au balcon à Paris, ce 1er mai, pour saluer la résistible ascension de l'extrême droite en France. Bravo aux FEMEN qui ont tout de suite compris les désirs inavoués des gens comme Ménard.

Nous, alors pas du tout. Si à Béziers, le maire avait hurlé « Plus de lingerie aux balcons ! », c'eût été plus clair. Enfin le bilan est là : nul téton n'a pointé à l'horizon pour saluer son arrivée. Seuls quelques teutons rasés ont fait une furtive apparition. On comprend qu'à l'usure le maire se soit lassé de sa population : les pauvres et les Français d'origines mélangées ne l'intéressent plus.

Il fait des comptes pour séparer les administrés qu'il veut bien représenter, des autres. Les autres, ceux qui sont de trop dans sa ville : les pauvres, les Musulmans, les femmes voilées. Il les désavoue, mais cela ne suffit pas à calmer sa rage.

Il faut encore qu'il s'indigne, et dérape : « 64,6% des enfants sont musulmans dans les écoles primaires et maternelles » ! Heureusement qu'il n'est que maire car on se demande bien quel sort il réserverait à ces « autres », qui ne méritent ni respect ni ménagement à ses yeux.

Impuissant, il fuit la réalité et ses responsabilités dans une « belle époque » coloniale et révolue. Il nous empoisonne avec son monde imaginaire fait de luxe, d'enchantements et de sucres d'orge. Et oui, un an déjà, et Ménard est sur le string raide : passés les coups de com' (et la ficelle est un peu grosse), force est de constater qu'il n'a pas œuvré pour améliorer les conditions précaires de ses habitants, les vrais, indivisibles.

Le temps est venu de poser les armes et le costume de communicant : qu'on nous montre un peu de quoi un maire, un vrai, est fait : que les rues fourmillent de femmes et d'hommes métissés, qu'un élan de vie s'empare de nous, que le festival des Peuples devienne l'ordinaire. Bref, faites comme chez vous, monsieur Ménard, déshabillez-vous et mettez sur la table vos trésors cachés : réjouissez-nous avec du solide, du concret, dans la ville réelle que vous représentez. En attendant l'éveil de la bête, le n°5 s'offre en mise en bouche délectable. Vous, lecteurs, vous nos frères, profitez-en sans modération. Bonne lecture. Inch'Allah !