editovL'automne, avec ses arbres à feuilles caduques qui donnent à l'horizon des couleurs, se veut le dernier rempart avant l'hiver. Force est de constater que l'automne social et politique possède son lot d'évènements et pas des moindres. Alors que dans la démocratie espagnole l'on met des ministres et élus en prison ou qu'on les oblige à l'exil, les paradis fiscaux, toujours au nom de la loi, refont parler d'eux. Soulignons que l'évasion fiscale représente 15 à 16% du PIB européen. Si la loi ne suffit pas, c'est parce qu'il faut y associer un changement de mentalité et beaucoup de morale. Et on ne peut que constater que l'éthique, en ce moment, fait défaut.

A l'échelle locale, la crèche du maire, exposée dans les locaux de la mairie, a été jugée finalement illégale par le Conseil d'Etat, mais parions qu'il prépare un plan B au vu des chalets en bois installés le long de l'entrée de « sa » mairie.

Quant à la députée de la circonscription, élue avec le soutien du Front National, elle demande dans un twitt « que le féminisme soit remboursé par la sécurité sociale » parce que « c'est une maladie grave » ! Et pendant cet automne, les féministes du biterrois ont dû se battre contre une affiche ignoble montrant, sur les panneaux de la ville, un homme étranglant une femme, faisant fi des lois interdisant les violences faites aux femmes.
Au tribunal de Béziers, comme nous vous l'avions annoncé dans l'agenda, a eu lieu le procès de 12 personnes qui avaient mené une action dans un supermarché contre le Roundup contenant du glyphosate, un herbicide très dangereux pour la santé. Finalement le procès a été remis au mois de juin faute d'éléments suffisants. Mais sans doute nombre d'entre vous ont pu voir le même soir sur ARTE le film de Marie-Monique Robin qui démontre la dangerosité de ce produit. La commission européenne doit décider de la prolongation de son utilisation avant le 14 décembre. Restons vigilants.

Quant au dossier de ce numéro 21, celui portant sur la politique de l'enfance, il se veut sans concession. Il est motivé par notre souci de désigner avec exigence comment les pouvoirs publics traitent cette question. Si, comme l'écrit Christian Bobin dans son livre Mozart et la pluie, « l'enfance est ce que le monde abandonne pour continuer d'être monde », cela ne veut pas dire que les enfants doivent être abandonnés. Ces différents regards croisés sembleraient montrer qu'on les trahit. Et une enfance trahie, c'est la porte ouverte à différentes formes de violence. « Il faut éliminer la misère tout simplement parce qu'elle réduit en esclavage ceux qu'elle frappe, les empêchant de devenir vraiment citoyens de leur cité » C.Castoriadis.
Quand même, un lieu d'accueil parents-enfants et une comparaison entre les politiques d'enfance dans certains pays européens apportent une ouverture sur des possibles.

Bien sûr vous retrouvez vos rubriques chères au journal, comme celle, entre autres, du baron noir.

Dans la rubrique Bouquins, une bande dessinée pour se souvenir de Rosa Luxemburg et deux livres vous sont proposés, dont celui de Cornelius Castoriadis, présenté avec une formule nouvelle. Au lieu d'en avoir fait une fiche, nous avons choisi de vous laisser réfléchir avec nous aux citations qui restent très actuelles et dont nous avons émaillé cet édito.
Enfin, vous allez faire connaissance avec des poules heureuses ! 

Nous vous souhaitons donc une bonne lecture. Bientôt, nous serons en mesure de vous proposer des activités culturelles (conférences, théâtre, films).
Nous nous réjouissons du fait que vous soyez de plus en plus nombreux à lire notre journal.