Perspectives

Le mode de lutte contre les déjections canines sur les trottoirs change : moins de prévention, plus de répression, mais pas plus d’écologie ! Dans le Journal de Béziers n°5, la municipalité annonce aux propriétaires de chiens que ceux qui ne ramassent pas les déjections de leur(s) bête(s) seront passibles d’une amende de 80€, contre 35€ auparavant : répressif. Elle annonce aussi qu’à partir du 19 janvier 2015, des paquets de 20 sacs pour déjections canines seront disponibles : un système qui semble nouveau, pratique , et préventif. Ah bon ?

tintin lou-ravi

L'émotion des derniers évènements étant quelque peu retombée, quelles questions cela nous pose-t-il ? Deux thèmes semblent se dégager et faire consensus, certains ayant pris le parti de les mettre à la sauce de l'Unité nationale, d'autres au contraire d'en interroger la légitimité et, s'il y a lieu, demandons-nous ce que cela nous dit de nous ?

Ménard sur l'estrade le 8 janvier

Secrétaire général de Reporter Sans Frontière jusqu'en 2008, Robert Ménard aime à se présenter comme un chantre de la liberté d'expression. Il défend Charlie Hebdo au moment des caricatures, fustige son directeur Philippe Val quand celui-ci licencie le dessinateur Siné accusé d'antisémitisme.

Notre maire d'extrême droite plurielle revendique le traditionalisme : connait-il seulement l'histoire de Béziers ? « Paratge e convivencia » est une éthique qui provient de la civilisation occitane. « paratge » désigne l'égalité entre tous, « convivencia » signifie l'art de vivre ensemble dans le respect des différences.

Le carnage qui a frappé Charlie Hebdo soulève un nuage de poussières.  On peut coller à l'événement, ou bien se tenir à distance pour l'appréhender dans son contexte. Montée générale de l'extrême droite, extrême gauche gagnante en Grèce le 25 janvier 2015 (1), menace d'exclusion de la Grèce hors de la zone euro, Traité Transatlantique en cours de négociation... La belle Europe prend l'eau de toutes parts.

Depuis quelques semaines, les médias se font l'écho d'une sorte de bataille de l'eau entre la municipalité de Béziers et l'agglo Béziers Méditerranée (la CABEME). Et Ménard de faire signer une pétition, d'exiger immédiatement une baisse de 5% du tarif de l'eau : baisse dérisoire, on verra plus loin. Et dans sa guerre contre le président de l'agglo, il n'hésite pas à utiliser la démagogie dans son journal (page 5) et une ridicule balance des voix (1673 pour Lacas et 15000 pour Ménard, plus exactement 14867) .

En moins d'un siècle la fonction de l'automobile a radicalement changé : de véhicule de tourisme, utilisé seulement le dimanche et en vacances, elle est devenue véhicule utilitaire pour tous les trajets quotidiens. D'autre part, de véhicule familial, elle devient véhicule individuel. Chaque membre de la famille veut avoir son auto personnelle. Mais la ville, espace très encombré, ne peut digérer la multiplication sans fin de ces gros engins encombrants, bruyants, polluants et dangereux que sont les autos. Il faut revoir les modes de la mobilité en ville.

Robert Ménard fait sa publicité

Il faudrait donc, comme on nous somme de le faire, soutenir l'action de Robert Ménard pour baisser le prix de l'eau. En soi la démarche paraît louable. Paraît seulement car qu'en est-il concrètement ? Il ne s'agit pour le maire que d'agiter la verve populiste pour mieux masquer son incompétence, sa méconnaissance mais surtout ses ambitions contrariées.

Le Lien, bus gratuit entre la gare, le Polygone, les allées Paul Riquet et la place de la Victoire a disparu en novembre, et fusionne avec la ligne 3, qui relie le centre-ville à la zone commerciale de la Ginieisse. Il transportait chaque jour 19 000 personnes. La compétence transports appartient à l'Agglomération.

Depuis 8 ans, l'Association Biterroise Contre le Racisme a entrepris d'aider à la scolarisation des enfants roms qui, avec leurs familles, survivent dans des conditions de précarité extrêmes dans et autour de Béziers. Cette année, 32 enfants sont scolarisés en primaire et en collège et une jeune fille en lycée professionnel.

L'une des premières campagnes municipales post-électorale d'affichage massif et première intoxication mensongère, la mutuelle sociale serait donc une promesse tenue.