Cette rubrique rend compte d'expériences alternatives qui rompent avec le dogme libéral et qui restent à des années lumières du dogme nationaliste. Pour ce numéro d'EVAB, nous vous emmenons en Provence, plus précisément à Marseille découvrir un lieu unique qui regroupe un vidéoclub, un ciné-club et un bistrot. Ce lieu c'est le Videodrome2.

Par Didier,

Moins connu que le vélodrome, le Vidéodrome2 reste une institution à Marseille. Loin de toutes les thèses ségrégationnistes, cette expérience devait voir le jour à Marseille : port du monde entier, carrefour de l'Europe du Maghreb et du Moyen Orient.

L'histoire du Videodrome2 commence en 2013 lorsque le fondateur du ciné-club Marseillais Emmanuel Vigne annonce son départ. A cette époque, le Videodrome initial (en référence au film de David Cronenberg) a déjà un catalogue de 3000 DVD et des abonnés passionnés.

L'un de ceux-ci, Julien Chesnel, peintre et cinéphile se lance dans la reprise du monument avec une bande d'afficionados. L'idée de base, c'est récupérer le trésor et le faire fructifier.

Le projet de créer le lieu actuel qui mêle vidéoclub, ciné-club et bistrot est porté auprès de l'état et des collectivités locales. Au bout de quelques mois le Videodrome2 est inauguré le 25 mars 2015, au 49 cours Julien, à Marseille bien entendu.

Au final, le projet est devenu une SCOP qui emploie 8 salariés et une association qui emploie 2 salariés. Elle fait tourner un bar, une librairie, une salle de cinéma de 50 places, une vidéothèque. D'un avis unanime, c'est le bar, la librairie, la vidéothèque et ses 5000 titres et les 1000 abonnés qui font vivre l'expérience.
Les projections de films ont enregistré plus de 10 000 spectateurs en 2016, de quoi faire rêver quelques salles d'art et d'essai quand on sait que la capacité de la salle de projection est de 50 places.

Ce qui fait aussi la force du Videodrome2 :

- C'est la qualité des films à louer qui condensent une histoire du cinéma mondial,
- C'est un goût prononcé pour toutes les cultures cinématographiques,
- C'est son ouverture sur l'extérieur puisque des associations et des festivals peuvent s'approprier les lieux,
- C'est une ouverture au cinéma contemporain

Le film "Aouine" qui dresse le portrait de jeunes des cités populaires des quartiers nord de Marseille a ainsi été présenté sur place, en avant-première, par le réalisateur Adam Pianko.

Pour l'équipe du Videodrome2, l'image projetée doit être libératrice et pas aliénante.
Face au déferlement toxique d'un virtuel qui se substitue au réel, on comprend la référence au film de Cronenberg. Dans une ville ravagée elle aussi par le FN, on ne peut que souhaiter que le Videodrome2 fasse des petits.

Pourquoi pas à Béziers, ville sinistrée cinématographiquement, sans salle d'art et d'essai, sans projection publique de films dits "engagés " ?
Pour tous renseignements supplémentaires consulter le site : www.videodrome2.fr