Cela fait deux ans que l'idée germe. Des rencontres, un grand festival et une SCI plus tard, nous voici face au 1 avenue Gambetta, sur la place Garibaldi : l'immeuble associatif existe enfin.

Par Nadja Keller,

Lorsqu'un projet collectif prend vie, à Evab, ça nous remplit d'intérêt. Si tout seul, c'est difficile, ennuyeux et limité, à plusieurs, c'est certes possible et rigolo, mais ça peut être aussi prise de tête et de temps. Alors comment font-ils et où en sont-ils, eux, à l'immeuble?

Ceux qui avaient un peu d'argent de côté et à qui l'idée d'un lieu de vie sociale et culturelle en centre ville plaisait, se sont regroupés en SCI. Parmi eux, il y a entre autre Corentin qui porte le projet depuis le départ. Après quelques aventures administratives, dont la préemption du 1er local par la mairie pour en faire un commissariat de quartier, les voici enfin propriétaires d'un lieu. Il se situe à Garibaldi "un quartier super sympa" (dixit Valérie), vivant et populaire.


Ill21Ils ont fait des travaux, cassé des cloisons, gratté énergiquement et laborieusement du lino, et maintenant ils se réunissent régulièrement. Ils ont créé l'association "Immeuble associatif". Ils sont une dizaine, groupe à géométrie variable (ça veut dire que ce n'est pas à chaque fois les mêmes). Femmes et hommes, la quarantaine plus ou moins passée, ils sont des Biterrois qui ont envie de rencontres, de partage et de Béziers, bien sûr. Des membres d'associations diverses (musique, danse, jeux, jardinage, Nuit debout...) semblent vivement intéressés par le projet, mais pas toujours prêts à s'impliquer dans le création de cette nouvelle association alors qu'ils sont déjà bénévoles par ailleurs. Comment impliquer ces associations pour que la spécificité et l'idéal d'une "construction participative" fonctionne?

« Au début, ça patouille, on refait le monde à chaque réunion, on discute et c'est ça qui est sympa en fait », m'explique Valérie. «  Il faut mettre toutes sortes de choses en place que ce soit au niveau administratif, bancaire, c'est pas simple mais on va y arriver », complète Françoise. Beaucoup de questions se mêlent lors des réunions : sous quelles conditions accueillir public, adhérents et associations dans le local? Comment "petit à petit créer un endroit sympa" ? Quel nom pour ce lieu qui n'est pour l'instant finalement pas un immeuble, mais un rez-de-chaussée ? Qui garde les doubles de clés ? Qui veut des chips ou des olives ? ...Tout le monde s'écoute tranquillement, « on fait connaissance », comme dit Mayvette.

Yoga du rire, grande soirée déguisée, permanence petite enfance, ateliers "danse sans prétention", scène ouverte poésie, soirée cinéma ou conte, tricothé : il y a beaucoup de projet en gestation. Car si les questions techniques peuvent être lassantes, c'est en organisant des évènements concrets que les membres de l'immeuble se galvanisent. Pour agrémenter notre imaginaire, j'ai demandé à certains quel serait l'immeuble associatif de leur rêve.

"J'ai envie qu'on fasse une grosse fête tous ensemble où tous les gens s'amusent (...) et où il se passe des trucs dans la rue", imagine Valérie, évoquant le souvenir du festival de l'année passée.
Depuis le départ Eric, son compagnon, est animé, par l'idée d' "un cinéma qui serait moitié commercial et moitié cinéma d'auteur, proposant des séances très régulières en centre ville. " De manière plus large, ce qu'il aimerait c'est " un lieu très ouvert au public (...) et aux propositions (...). Qu'il y ait de l'alphabétisation, des spectacles (...) comme on a pu en voir lors d'un Printemps à Béziers " . Françoise, elle, aime l'idée "de partage dans tous les domaines" qui anime le projet. C'est aussi ce qui intéresse Corentin "un lieu de mélange (...) où tout le monde se sente bien (...) où l'on croise des choses sur le social, la petite enfance, l'écologie, les droits de l'homme, le féminisme...".

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Si vous aussi, vous avez des rêves pour l'immeuble associatif ou que vous avez juste envie de cette vie sociale hors consommation, la prochaine soirée découverte a lieu le samedi 19 novembre. Tout simplement.

leeperryvMerci à Lee Scratch Perry pour l'introduction des témoignages audiophoniques!