Nous avons vécu cet automne, à Béziers, une levée de boucliers de la part de la municipalité contre l'Etat.

Par Jean-François Gaudoneix,

Parce que celui-ci accordait 40 places supplémentaires à un Centre d'Accueil de Demandeurs d'Asile (CADA) : campagne d'affiches odieuses vite enlevées, recours à un referendum, surenchère xénophobe coutumière de la part de Ménard.

Ces 40 places représentent 0,05% de la population de la ville de Béziers: oh le drame !Heureusement qu'il existe dans bien des endroits de France, des populations, des municipalités qui ont une autre vision des choses. En Ariège, à quelques kilomètres de ma maison, il y a un village de 300 habitants -Perles et Castelet, tout prêt d'Ax-les-Thermes - qui vient d''être choisi par l'Etat pour recevoir 29 jeunes migrants venant de Calais. Si on fait un petit calcul, c'est près de 10% d'apport de population! Il y a bien eu au départ trois ou quatre personnes qui ont essayé d'apeurer la population, mais bien vite, c'est la solidarité qui a fait place à la peur sollicitée. Très vite, la bibliothèque de la commune a été encombrée de colis (produits sanitaires, vêtements chauds, ballons ou autres jeux) reçus en seulement deux journées! La municipalité s'est tout de suite mise en action, comme les habitants du village et ceux de la région. Des vélos ont été donnés, les club de football de Luzenac et d'Ax-les-Thermes se proposent d'organiser des activités avec ces réfugiés.

A Perles-et-Castelet, le Maire n'hésite pas à dire " ces jeunes sont les bienvenus". Cela change des propos xénophobes et honteux du Maire de Béziers. A Perles-et-Castelet, on sait qu'il y a plus de noms de famille étrangers que de "Dupont", explique un adjoint au Maire...
Et la première adjointe imagine déjà la possibilité d'emmener ces jeunes en montagne...

Oui, dans bien des coins de France, la France reste encore une "terre d'asile". Et ça fait du bien de le savoir, quand on habite Béziers.