Après le 08 août, où en est l'humanité avec la Belle bleue ?

Par Marso (avec la participation de M.P),

Le 8 août 2016 est la date à partir de laquelle la population mondiale vit à crédit sur les ressources annuelles de la planète, selon le think tank américain Global Footprint Network!!

C'est donc avec un jour d'avance par rapport à l'année dernière que la nouvelle tombe. Un peu à l'image d'une mauvaise gestion, l'humanité a donc consommé en 7 mois le budget écologique annuel de la Belle Bleue. Face à ce triste constat comment la crise environnementale est-elle vécue et orchestrée ?

Le mode de vie occidental basé sur une consommation irrationnelle dans un monde clos avec des ressources finies reste (hélas, bizarrement...) une véritable vitrine de la liberté et du triomphalisme du discours développementaliste.

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En constante expansion aux quatre coins du globe, que se produira-t-il lorsque ce niveau de consommation ne sera plus uniquement réservé aux pays les plus aisés ? Que se passera-t-il lorsque les populations de la Chine et de l'Inde qui représentent environ la moitié de la population mondiale accéderont pleinement à un tel niveau de consommation ? La date de dépassement reculera au 8 avril ? Les jours de l'humanité seront-ils comptés ?

Il est donc intéressant de mettre en lumière quelques éléments de réponse face à une crise environnementale qui ne connaît aucune frontière.

Afin de mieux cerner la situation nous allons, à l'image d'une pelote de laine, tirer le fil pour mieux comprendre ce déroulé qui illustre la réponse donnée face à la crise environnementale et le rôle joué par les médias.

Depuis 1972 et le rapport Brundtland (développement durable), une machine est lancée. Cette dernière a pour objectif, à l'échelle de deux ou trois décennies, d'influencer et de modeler l'inconscient collectif face à la crise environnementale à venir.

Tout d'abord, ce capitalisme vert va être le fer de lance du basculement de la contrainte écologique d'autrefois vers l'opportunité économique d'aujourd'hui.

Ensuite, ce nouveau paradigme vert va mettre en place un champ lexical qui va être repris et repris par les médias. C'est donc à grands coups de JT et autres pollutions médiatiques que ces mots et expressions vont fleurir et inonder le débat public.

Et c'est bien là le problème, puisque ce champ lexical souvent scientifique, et donc peu connu du grand public, va être utilisé pour légitimer un capitalisme pourrissant déguisé en cercle vertueux. Pour donner un petit exemple, l'expression réchauffement climatique n'a choqué personne durant des années... bon le terme a tout de même été rectifié aujourd'hui pour changement climatique. Oui car effectivement un climat change mais ne se réchauffe pas, un climat est méditerranéen, tropical etc...l'atmosphère elle, se réchauffe. De plus, parler du changement climatique sans même évoquer le petit âge glaciaire ou l'optimum médiéval ou sans même faire référence aux données sur les paléoclimats et crier au catastrophisme relève d'un raisonnement imbécile, sans être grossier (imbécile au sens étymologique : qui ne pense pas).

Et que dire de la disparition de l'eau : apparemment elle va partir !!! Non, pour ceux qui seraient inquiets la quantité d'eau sur la Terre (sous trois formes : gaz, liquide, solide) va rester la même, et son cycle (cycle de l'eau cours de S.V.T dés le primaire) va perdurer. En revanche, son usage sera problématique, mais à l'instar du changement climatique, là encore des éléments de compréhension ne sont pas exposés, notamment les politiques d'aménagement du territoire qui par exemple ont « chenalisé » à tout bout de champ détruisant les couloirs rivulaires (berges) dépollueurs naturels. Ou bien encore l'appât du gain et d'une meilleure attractivité qui passent par la construction d'unités touristiques fonctionnant en période estivale pourtant synonyme de sécheresse des nappes phréatiques.

Ces deux exemples sur le réchauffement climatique et la problématique de l'eau sont l'expression d'une scène médiatique (détenue par des géants économiques) qui orchestre une crise environnementale et fait croire un peu ce qui l'arrange au grand public. Et cela a bien évidemment des conséquences.

La liste de ces conséquences est si longue qu'il ne serait pas possible d'être exhaustif en un seul article, voire un seul ouvrage. Cependant, deux éléments ressortent particulièrement : la dimension marketing et commerciale liée à la crise environnementale et le programme d'éducation à l'environnement pour un développement durable.

Les médias tributaires de la publicité sont la pierre angulaire d'un système mis en place pour attirer le consommateur vers une démarche vertueuse à travers deux actions combinées :

  • un message informatif faussé et catastrophiste
  • une publicité mensongère prônant le respect de l'environnement et des hommes

La marque Carrefour se permet de faire du bio !!! Voilà donc le problème et la solution !! Cela n'est rien d'autre qu'un « greenwashing ».La réalité est toute autre : Carrefour est une machine polluante qui exploite des femmes et des hommes à travers le monde, fait la promotion de « l'alimentation » industrielle et qui a compris qu'il y avait des parts de marché à gagner , ce qui n'est ni plus ni moins que la traduction de l'inverse d'une action vertueuse envers l'environnement. J'aurais également pu parler du sigle de McDonald's qui est passé du rouge au vert pour être plus vertueux et de ses nombreuses pubs, mais l'article aurait pu être interdit aux moins de 70 ans, tant cela est effroyable et terrifiant.

Une autre conséquence désastreuse a été la création d'un programme international d'éducation à l'environnement pour un développement durable. Oui, cela pose problème d'abord parce que ce programme est piloté par l'O.N.U, qui reste une organisation financée par les pays les plus riches et sert à légitimer leurs actions aux quatre coins du globe. C'est donc vous dire la pertinence de ce programme. Ensuite, et c'est là encore plus pernicieux, face à une crise environnementale internationale la seule réponse qui est apportée aux jeunes générations passe par le développement. Il n'est pas abusif de parler ici d'une doxa du développement durable qui façonne les imaginaires et l'inconscient collectif pour répondre à la crise écologique, et met au ban toute alternative qui viserait juste à moins consommer, à aller vers la décroissance, ce qui somme toute semble être la solution la plus viable pour l'humanité.

Comme nous avons pu le constater, la Belle Bleue lance des signes à l'humanité pour que cette dernière s'adapte, principale qualité de l'Homme. Mais, pour le moment la course à la croissance et au développement continue par le biais d'une manipulation de masse au service des puissants. Loin d'excuser la masse qui, plongée dans une léthargie générale, gobe tout ce qu'on lui dit, l'heure est donc peut-être au réveil, sous peine que le bail de l'humanité ne soit pas renouvelé et que la Terre, après tant d'années d'accueil et de générosité, ne se transforme en une propriétaire mécontente et nous foute à la porte !!