SOUS LE FN . . . LA PLAGE : Cette rubrique rend compte d'expériences socialisées du travail qui ne verront jamais le jour dans le cadre d'une gestion libérale ou FN. Ce mois-ci nous allons découvrir une gestion mutualisée d'un métier qui semble totalement libéral : taxi. Loin du tout libéral Uber, la coopérative Alpha Taxis Gescop.
Par Didier

Les conducteurs de taxis ont une longue tradition de coopérative. Déjà, au dix-neuvième siècle, leurs ancêtres cochers étaient structurés en coopérative. Chez ALPHA TAXIS GESCOP, en banlieue parisienne, chaque sociétaire a sa licence de taxi en échange de parts sociales de la coopérative de production. Pour autant, les sociétaires maitrisent leur organisation et leurs revenus par des choix individuels du travail et du temps de travail. Côté collectif, ils sont couverts pour leur santé et leur retraite via une adhésion à une mutuelle MUTACOP et une affiliation au régime général de la sécurité sociale. Pour la formation, il existe un centre de formation agrée au métier de taxi interne à la coopérative.


Via la mutualisation des moyens, la coopérative pèse sur les choix collectifs d'équipements qui sont faits : achat de véhicules hybrides essence et électrique, voitures entièrement électriques ces dernières années, géolocalisation et téléphonie embarquée depuis 1988, transmission de données et carte bleue en 1995, site internet depuis 2000, réservation sur Iphone et Blackberry depuis 2007, maintien d'un centre d'appels téléphoniques pour les personnes âgées et ceux qui n'ont pas internet. . . Ces choix collectifs sont faits dans le cadre d'assemblées générales où sont prises les décisions de la coopérative.

ALPHA TAXIS GESCOP s'est créé il y a 40 ans, c'est maintenant un regroupement de 3 coopératives. Le siège social est basé à la Haye Les Roses dans le Val de Marne. 1133 chauffeurs de taxis sont sociétaires, cette coopérative est la seconde plus importante SCOP de France.


Alors tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes chez ALPHA TAXIS GESCOP ? Pas sûr ! Ici comme ailleurs, l' UBERISATION du travail menace les fondamentaux. En 1 an, suite à la mise en place des plateformes UBER et HITCH, les taxis dans leur ensemble ont perdu entre 30 et 50 % de leur chiffre d'affaires. ALPHA TAXIS GESCOP n'est bien sûr pas épargné même si la coopérative résiste mieux qu'un taxi indépendant.
Mais comme le disent les sociétaires : " le problème de l'UBERISATION du travail est un problème de modèle social et politique; il dépasse largement notre secteur".