L'une des premières campagnes municipales post-électorale d'affichage massif et première intoxication mensongère, la mutuelle sociale serait donc une promesse tenue.


Voyons de plus près de quoi il s'agit : Robert Ménard a sollicité un ami personnel, Philippe le Gouz de Saint Seine, connu pour être un proche de la droite nationale catholique et directeur d'une société commerciale Traditia (tradition, c'est déjà une connotation forte, la tradition c'est peut-être cela la défaite, avait chanté le poète Magyd) spécialisée dans la gestion de patrimoine, l'optimisation fiscale, l'immobilier, et qui possède une filiale Traditia Medica. Pour renforcer son domaine d'activité privilégié, l'optimisation fiscale par l'investissement financier dans les biens immobiliers, Traditia a absorbé la société Archange (sous le signe de l'onction divine...) Conseil et Patrimoine de son ami et néanmoins ancien néo-nazi, Robert Ottoviani, ex-chanteur d'Ultime Assaut, groupe de rock identitaire français qui louait les faits d'armes de la Légion des Volontaires Français, en bon nostalgique de la collaboration la plus zélée avec le régime nazi. C'est donc la filiale Traditia Medica qui a été sollicitée pour créer ex nihilo une mutuelle qui n'a rien de social, car des deux régimes assurance ou mutualiste, c'est le premier qui a été choisi pour la création de cette énième entité de Traditia, contrat collectif souscrit chez Avantages filiale de Visa France dont le domaine d'intervention est la carte bancaire.


Aucune révolution si ce n'est une contre-révolution du capitalisme financier
Au final les prestations de Mon Béziers Ma santé sont les mêmes que chez un assureur classique avec des tarifs différents selon les formules choisies.

 

On est bien loin d'une mutuelle sociale (en soi c'est un pléonasme car une mutuelle a par définition une vocation sociale et plus encore les mutuelles adhérentes au régime mutualiste dont c'est la vocation première)

 

Par ailleurs une mutuelle sociale ne peut pas être municipale au sens d'une régie publique. Nous sommes bien dans la tromperie communicante, car il y avait sûrement mieux à faire que de faire entrer le loup dans la bergerie, le prédateur de biens immobiliers pour l'optimisation fiscale sur un marché très ouvert avec des prix compétitifs quand le mal-logement est une vérité criante à Béziers et le nombre de logements vacants un scandale indigne dans le pays de la loi DALO1.


Des solutions sociales existent pourtant
Robert Ménard aurait été inspiré de se tourner vers les mutualistes spécialistes du soin pour éventuellement négocier (lui qui prétend être en la matière un négociateur hors pair) une tarification sociale, mais mieux encore il aurait été bien inspiré de conserver le budget alloué au CCAS2 au lieu de le diminuer. Les personnes sans ressources trouvaient là un point d'appui avec une couverture mutuelle prise en charge pour quelques mois selon les situations. La CMU-C3 couvrant les soins des plus démunis quand ceux-ci y ont accès, l'accompagnement pour monter des dossiers ou encourager des personnes qui se marginalisent à monter des dossiers de demande de prise en charge seraient nettement plus productifs. Mais bien évidemment l'allié objectif du libéralisme financier qu'est Robert Ménard, n'y voyant aucun intérêt, préfère coopter ses amis de la sphère droite extrême pour spéculer sur la misère immobilière d'une ville économiquement étranglée.

 

1 Suite à la mobilisation autour des campements de sans-abris, installés sous l'impulsion de l'association "les enfants de Don Quichotte" dans plusieurs grandes villes de France durant l'hiver 2006, la loi du 5 mars 2007 instaurant le droit au logement opposable (dite "loi Dalo") reconnaît un droit au logement décent et indépendant aux personnes (résidant en France de façon stable et régulière) qui ne peuvent accéder par leurs propres moyens à un tel logement ou s'y maintenir.

2 Un Centre communal d'action sociale (CCAS) est un établissement public communal intervenant principalement dans l'aide sociale.

3 La CMU-C est une protection complémentaire santé gratuite accordée aux personnes remplissant certaines conditions de résidence et de ressources.